NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

Non-Stop, écrit par John W. Richardson, Chris Roach et Ryan Engle. Réalisé par Jaume Collet-Serra. Avec Liam Neeson, Julianne Moore, Michelle Dockery. USA - 106mn.

Quel est donc le point commun entre un Liam Neeson qui donne des coups de tatane dans un avion aux mains d'un dangereux terroriste et un Kevin Costner qui poursuit une Audi avec une 308 dans un Paris digne d'une publicité pour Dior?

Nom : Besson. Prénom : Luc. Profession : réalise de très bons films (Nikita, Leon, Jeanne d'Arc). On sera par contre un peu moins enthousiaste en ce qui concerne ceux qu'il écrit et/ou produit…

NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

Si le nom de Luc Besson n'apparaît pas au générique de Non-Stop de Jaume Collet-Serra, son ombre plane néanmoins sur sa conception même. Parce qu'en effet, sans Taken, pas de Non-Stop. Certains pourront dire qu'on aurait très bien pu se passer d'un Taken mais ce serait nier le caractère franchement sympathique de cette série B nerveuse et efficace, l'une des meilleures sorties des studios EuropaCorp avec Danny The Dog de Louis Leterrier. Réalisé par Pierre Morel, le premier volet des aventures de Bryan Mills était un spectacle fun et énergique qui avait surtout surpris son monde en faisant de Liam Neeson un héros d'action fort crédible. Son succès a depuis amené l'acteur à squatter des productions un peu plus musclées que celles dans lesquelles on avait l'habitude de le voir (Love Actually, La Liste de Schindler) et dont on retiendra notamment les très bons Territoire des Loups et L'Agence Tous Risques de Joe Carnahan, le moyen Sans Identité de Jaume Collet-Serra et l'atroce Taken 2 d'Olivier Megaton.

NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

Produit par Joel Silver, l'homme derrière les succès de Piège de Cristal, Matrix ou encore L'Arme Fatale, Non-Stop nous invite donc à monter à bord d'un avion qui va se voir menacé par un terroriste adepte des SMS et où le Marshall de l'air Billy Marks va tout faire pour éviter le pire… Pas déshonorant ni trop chiant, Non Stop se révèle en fait balisé et sans surprise : les péripéties s'enchaînent sans temps mort, Liam Neeson pète des bras et des nuques avec une certaine classe et Jaume Collet-Serra, qui avait pourtant fait preuve d'une belle maîtrise sur La Maison de Cire ou encore Esther, emballe le tout sans trop se fouler (même s'il faut lui reconnaître une certaine inventivité pour filmer un espace clos tel qu'un avion). Il n'y a donc pas forcément de quoi regretter le prix de la place devant ce qui s'apparente avant tout à un "Taken dans les nuages" (c'est beau comme du Rimbaud) mais le regret de se dire qu'une production Silver fait moins bien qu'une production Besson, dont elle "s'inspire" très clairement, est bel et bien là... Surtout pour les spectateurs biberonnés aux actioners 80s et qui ont du mal à voir la plupart des films de genre estampillés EuropaCorp et écrits par Luc Besson comme autre chose que des produits formatés et indigestes...

C'est là que le "cas" Luc Besson se révèle assez paradoxal : si beaucoup de ses productions sont des produits assez indigestes, fabriqués à la chaîne (Le Transporteur, Colombiana, Banlieue 13, Taxi...) et selon des schémas éculés que les Guignols ou Mozinor ont très bien cernés, il faut tout de même reconnaître au réalisateur du Grand Bleu d'être un des rares producteurs français à tenter des blockbusters nationaux, à proposer du cinéma de genre qui marche et qui s'exporte bien (au point d'attirer des noms tels que Robert DeNiro ou Martin Scorsese pour Malavita ou John Travolta pour From Paris With Love) et à investir dans et pour le cinéma français (La Cité du Cinéma, L'Ecole de la Cité)... Si le metteur en scène allait moins dans la facilité, on aurait plus souvent droit à de bonnes séries B comme Danny The Dog ou Le Baiser Mortel du Dragon...

 

 

NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

3 Days To Kill, écrit par Adi Hasak et Luc Besson. Réalisé par McG. Avec Kevin Costner, Amber Heard, Hailee Steinfeld, Connie Nielsen. FRANCE/USA - 117mn.

Alors, ce 3 Days To Kill?.. Haut du panier des productions EuropaCorp ou fond de tiroir?

Si Non-Stop ne retrouvait pas la "formule magique" (toutes proportions gardées bien sûr) de Taken, la nouvelle production Besson... non plus. Paralysé par plusieurs des trucs prémâchés que nous sert Luc Besson dans la plupart de ses productions maison (les émotions au Stabilo, le scénario prétexte, l'humour embarassant...),  3 Days To Kill n'atteint jamais tout à fait ce que son pitch pouvait laisser espérer : à savoir une série B fun, un divertissement du samedi soir dont on ressort le sourire aux lèvres.

Et c'est quand même dommage quand on voit les noms sur l'affiche...

NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

Adaptation de sa série créée pour TF1, No Limit, 3 Days To Kill nous présente donc Ethan Renner, un agent secret super doué mais super malade... Ayant été trop longtemps absent pour sa fille, et parce que la fin est proche, il accepte la mission proposée par une mystérieuse jeune femme : mettre la main sur un dangereux terroriste en échange d'un traitement expérimental contre sa maladie...

Retour au premier plan pour l'immense Kevin Costner, un réalisateur plutôt doué derrière la caméra (McG : les deux Charlie's Angels, Terminator Renaissance, la série Fastlane) et un pitch qui sentait bon le Taken bis... Pourquoi pas? Je me répète, l'actioner qui voyait Liam Nesson mettre Paris à feu et à sang pour retrouver sa fille était un très bon divertissement à l'ancienne et la curiosité de voir le même schéma se reproduire avec un Kevin Costner beaucoup trop rare sur nos écrans a eu raison de mes dernières réticences... Pas de bol.

NON-STOP vs 3 DAYS TO KILL - les critiques

Mal rythmé, parasité par des moments qui n'ont à faire là (la partie "je fais du social pour les Nuls" où le héros de Waterworld héberge une famille de clandestins) et des blagues bien lourdes (encore une fois, les fonctionnaires de la Police Nationale passent pour des abrutis finis), 3 Days To Kill est une déception. En même temps, à quoi je m'attendais me répondront certains? A une bonne surprise, tout simplement. Comme je le disais plus haut, Luc Besson est un type capable de réunir des castings composés de pointures telles que Michelle Pfeiffer ou encore Tommy Lee Jones (Malavita) et c'est une nouvelle fois rageant de le voir, ici avec une légende telle que le héros de Danse avec les Loups (oui, je suis un immense fan), ne faire aucun effort pour proposer quelque chose ne serait-ce qu'un tant soit peu chiadé... 

Si le spectacle n'a rien de foncièrement honteux (on reste encore bien loin de ce qu'un Olivier Magaton est capable de faire quand on lui laisse une caméra entre les mains...), il n'en reste pas moins qu'il entre sans mal dans la catégorie des "vite vus, vite oubliés" et qu'il ne se démarquera pas comme une des (malheureusement) trop rares bonnes surprises issues des studios EuropaCorp... En espérant que la prochaine livraison, à savoir Lucy, un film de SF écrit et mis en scène par Besson himself avec Scarlett Johansson et Morgan Freeman (!!), saura relever la barre et montrer que le réalisateur de Nikita n'a pas définitivement abandonné...

Crédits photos : Universal Pictures, EuropaCorp.

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