THE LEFTOVERS - critique pilote

Pourquoi j'ai voulu regarder?

Parce que c'est sur HBO. Et sans faire mon fanboy aveugle qui aime par avance juste parce que c'est diffusé sur la chaîne à qui l'on doit Deadwood, Band Of Brothers, Sex & The CityOz ou encore The Newsroom, il faut quand même bien reconnaître que ce qui sort du géant câblé américain est toujours un événement. J'en veux pour preuve le duel que se livrent maintenant depuis plusieurs années The Wire et The Sopranos pour décrocher le trophée de la meilleure série du monde. J'en veux aussi pour preuve les records établis à chaque saison par Game Of Thrones, tant au niveau du nombre de plus en plus impressionnant de ses téléspectateurs qu'au nombre de plus en plus élevé de téléchargements de par le monde.

Ou bien encore les innombrables questions et autres théories soulevées par l'incroyable True Detective en ce début d'année.

THE LEFTOVERS - critique pilote

Parce que The Leftovers est chapeauté par Damon Lindelof, co-créateur de l'un des joyaux pop de la décennie passée, la grandiose Lost, et dont le final reste encore en travers de la gorge de pas mal de téléspectateurs, frustrés que les réponses n'aient pas été à la hauteur des questions. Ce qui n'est pas mon cas : j'ai adoré Lost du début à la fin (sauf peut-être un début de saison 3 poussif… et encore…) et le fait de revoir cet excellent scénariste (Star Trek Into Darkness, Prometheus) sur la petite lucarne me réjouit au plus au point.

Surtout avec une histoire aussi mystérieuse (tirée du roman de Tom Perrotta) et à même de déclencher, là-aussi, quantité d'analyses et autres décorticages en tout genre…

THE LEFTOVERS - critique pilote

C'est bien de savoir de quoi ça parle, non?

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l'angoisse, voire le désespoir.

Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgarde de Mapleton, une petit ville près de New York, mais rien n'est plus comme avant. Personne n'a oublié ce qui s'est passé, ni ceux qui ont disparu. A l'approche des cérémonies de commémoration, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d'alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule comparable à une secte...

THE LEFTOVERS - critique pilote

Et... c'est bien?

Franchement, c'est très bon. On ne sait pas trop où on va, l'ambiance est lourde et oppressante et les personnages semblent sans arrêt au bord du gouffre, prêts à exploser à tout instant... mais qu'est-ce que c'est prenant! Malgré son rythme lancinant, impossible pour ma part de quitter l'écran des yeux : porté par l'excellente réalisation de Peter Berg (Du Sang et des Larmes, Friday Night Lights, Le Royaume), le pilote de The Leftovers est une superbe entrée en matière pour un show qui semble ne pas vouloir se laisser attraper avec facilité. L'histoire est très forte et les auteurs, en s'intéressant aux "survivants" et à leur difficultés à retrouver le goût de la vie après un événement aussi traumatisant, brassent avec talent des thèmes tels que le deuil, le pardon, la foi, la culpabilité, l'absence d'un être cher... Le tout pourrait être très lourd et pompeux mais ce n'est pourtant jamais le cas : le show fascine dès ses premières minutes et l'ombre de David Lynch (et bien entendu de son chef d'oeuvre télévisuel Twin Peaks) n'est jamais très loin. Avec leurs personnages mystérieux (le gourou, la secte...), leurs scènes cryptiques (tout ce qui concerne les animaux...) et la noirceur qui nous enveloppe dès les premiers instants pour ne plus jamais nous lâcher, Damon Lindelof et Tom Perrotta proposent un show étonnant et obscur, qui ne cherche jamais à séduire et qui, emmené par d'excellents comédiens (Justin Theroux en tête) et une bande-son hypnotique, semble bien parti pour être l'un des événements télévisuels de l'année.

Le voyage s'annonce mouvementé, la narration exigeante?..

Parfait, c'est un peu ce qu'on demande à une chaîne comme HBO, non?

THE LEFTOVERS - critique pilote

Crédits : AlloCiné, HBO.

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