CSI : CYBER - critique pilote

Pourquoi j'ai voulu regarder?

Pendant pas mal d’années, j’ai été un très gros fan de CSI, connue par chez nous sous le nom des Experts et diffusée jusqu’à l’overdose sur TF1 : pour sa plongée fascinante dans l’univers de la police scientifique, pour ses personnages attachants et complexes (l’excellent William Petersen dans le rôle de Grissom ou encore Jorja Fox dans celui de Sara Sidle), pour ses intrigues qui savaient alterner rebondissements en tous genres et exploration de la noirceur de l’âme humaine ou bien sûr pour son identité visuelle percutante et qui aura marqué toute une décennie de procedurals télévisés (Criminal Minds, Bones, Lie to Me)… Bref, pendant à peu près 9 saisons, Les Experts c’était de la bombe et je n’aurai raté un épisode pour rien au monde. Et puis, malgré une écriture toujours aussi solide (le tueur aux maquettes durant la saison 7), la lassitude a commencé à me gagner et ce n’est que très sporadiquement que je me suis replongé dans les aventures créée par Anthony E. Zuiker, victimes d’une certaine routine et de déclinaisons pas à la hauteur (si CSI : NY tenait quand même bien la route, on ne pouvait pas en dire autant de CSI : Miami, mené par l’insupportable David Caruso).

Mais alors, pourquoi tenter Cyber?

Parce que, comme je le dis souvent, je suis très friand de séries policières et qu’il me paraissait tentant de revenir dans l’univers des Experts par le biais d’une série qui débute plutôt que d’avoir à m’enchaîner 5 saisons pour être à jour au niveau du show originel. Et puis le casting, constitué entre autres de l’impeccable Patricia Arquette (Medium) et du trop rare James Van der Beek (Dawson), avait fini de me convaincre…

Ça et le fait de savoir quelle chanson des Who serait utilisée au générique.

 

CSI : CYBER - critique pilote

C'est bien de savoir de quoi ça parle, non?

En charge de l'agence de lutte contre la cyber criminalité à Quantico, Avery Ryan et son équipe enquêtent sur les crimes touchant le monde virtuel et réel...

CSI : CYBER - critique pilote

Et... c'est bien?

Bon sang, ça dure 42 minutes mais la torture est telle qu'on a l'impression que ça en fait le double : surchargé d'effets, écrit à la truelle, bourré de raccourcis qui tiennent plus de la bêtise que de la concision et menés par des personnages en carton, CSI : Cyber est un ratage quasi total.

Quasi? Oui, parce que je ne suis qu'amour et que je vois toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide : Patricia Arquette et Van der Beek, malgré l'inconsistance de ce qu'on leur donne, arrivent donc à s'en sortir sans être déhonorés. Ce qui est un exploit quand on se rend compte que trois personnes se sont réunies derrière un clavier pour pondre un truc aussi mal foutu... Et oui, quand même!

Anthony E. Zuiker, Carol Mendelhson et Ann Donahue, soit les trois têtes pensantes de la franchise (respectivement en tant que créateur, showrunner et showrunner de CSI : Miami) se sont donc réunis et ont eu la brillante idée de nous avertir qu'Internet, ça peut être dangereux. Ce qu'on savait déjà, vu qu'on a un anti-virus et que c'est pas juste pour faire joli. Pour cette première enquête (sans compter le backdoor pilot diffusé pendant la saison 14 des Experts et qui nous introduisat à l'équipe), Avery Ryan et ses comparses se lancent donc aux trousses d'un kidnappeur d'enfant qui sévit via les webcams et les babyphones... et nous assène des phrases bien sentencieuses sur les méfaits du réseau, du Web, de la toile... FUYEZ, c'est le MAL!!

Là où la série originale proposait une écriture solide et un regard intéressant sur la noirceur de l'âme humaine, CSI : Cyber ne fait qu'aligner les clichés comme on aligne les perles avec un épisode dépourvu de toute tension, de toute interrogation un tant soit peu poussée ou de tout travail esthétique. Parce que non, des ralentis toutes les 3 secondes et des effets de montages qui feraient passer un film d'Olivier Mégaton pour un sommet de bon goût n'ont jamais été la marque d'une recherche esthétique et ne réussissent pas à masquer la vacuité d'un concept pas plus idiot qu'un autre (les menaces sur le Net sont une réalité) mais malheureusement traité comme un reportage NRJ 12.

Mais, appelez-ça de la stupidité ou un véritable engagement de téléspectateur-qui-ne-laisse-pas-tomber-aussi-facilement, je vais tenter le 2ème épisode. Pourquoi? Le cast s'en sort pas trop mal (enfin surtout Arquette et Van der Beek, parce que les autres, c'est  un peu la fête aux stéréotypes), Zuiker, Mendehlson et Donahue ont suffisamment de bouteille pour relever la barre (je croise les doigts) et plein de séries ont réussi à se bonifier malgré des débuts très poussifs (Le Caméléon par exemple)... 

Wait and see.

- Il nous laisse une deuxième chance... faut pas foirer cette fois!

- Il nous laisse une deuxième chance... faut pas foirer cette fois!

Crédits photos et résumé : AlloCiné, CBS Television.

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