FEAR THE WALKING DEAD - critique pilote

Dimanche dernier, la chaîne AMC lançait Fear The Walking Dead, un pas tout à fait spin-off de... The Walking Dead. Oui, au niveau du titre, on sent les heures de brainstorming intense...

Bref, Fear The Walking Dead se déroule avant l'épidémie qui fait rage dans la série-mère (qui attaquera sa 6ème saison en octobre prochain) et c'est cet aspect qui m'a incité à me poser devant son épisode-pilote. Il ne s'agissait pas de combler un quelconque vide ou une attente démesurée... parce qu'il y a un bon moment que je ne suis plus The Walking Dead. Oui, je sais, je suis vraiment un fou quand je m'y mets : tout comme pour Game of Thrones, je ne suis pas l'autre meilleure-série-du-monde-mais-si-c'est-vrai-je-te-jure dont tout le monde parle, celle qui pollue mon fil Twitter et qui, malgré des saisons de 16 épisodes, se voit un offrir un article par jour sur AlloCiné.

Et ouais, ça balance!

FEAR THE WALKING DEAD - critique pilote

Je ne suis plus The Walking Dead depuis la fin de sa saison 2... parce que c'était d'un chiant, mais d'un chiant! Ok, la deuxième partie de la saison avait rattrapé des débuts placés sous le signe des déambulations à deux de tension et des enjeux inexistants mais j'en ai eu ras-le-bol. Bien sûr, on m'a dit plein de fois de reprendre, que la 3 était extra, que etc... Je ne désespère pas de m'y remettre, surtout que malgré tout j'en ai quand même envie : mais la perspective d'avoir 3 saisons à rattraper me bloque un peu... C'est pourquoi l'arrivée d'un prequel, tout opportuniste qu'il soit (on va pas me faire croire que c'est pour l'amour de l'Art, hein!), me permet de me replonger dans un univers qui m'avait bien accroché au moment de la diffusion des 6 épisodes de la saison 1 du show original, à l'époque chapeauté par l'excellent Frank Darabont.

Les promesses faites par le show créé par Robert Kirkman (l'auteur du comics original) et Dave Erickson (scénariste sur Sons of Anarchy) avaient tendance à titiller ma curiosité, par cette illustration de "l'avant" pas beaucoup représentée sur nos écrans et qui a tendance à beaucoup plus m'exciter qu'une énième aventure de survivants : pour schématiser, je préfère voir des rues pleines de gens qui paniquent face au phénomène qui se déroule devant eux que des rues vides parce que tout le monde a disparu/bouffé son voisin/décidé de marcher à deux à l'heure pour pas se froisser un muscle... Le décrié World War Z de Marc Forster nous plongeait directement dans le bain avec une attaque de zombies en plein centre-ville mais les quelques instants de chaos qui parsemaient le film, et qui mettaient en avant les questionnements des personnages principaux quant à leur futur, étaient clairement parmi les meilleurs moments du métrage. Ainsi, l'idée de voir un monde lentement se déliter face à une menace que l'on ne comprend pas, la promesse narrative d'assister à la fin de la civilisation pesait clairement en faveur de Fear The Walking Dead. Pourtant, tout va encore une fois trop vite : alors que j'avais espéré une saison 1 (de seulement 6 épisodes) centrée sur la déconstruction progressive de notre civilisation, alors que j'avais fantasmé une tension progressive, une sourde menace qui viendrait faire vaciller nos certitudes... voilà-t-y-pas qu'on assiste à une première attaque zombiesque dès le début du pilote! Oui, dans le genre "rapide et on vous a un peu menti sur la marchandise", ça se pose là!  Je comprends qu'il faille une scène choc pour attirer et garder le chaland devant son écran mais bon, les téléspectateurs qui se sont posés devant la série se doutent bien qu'ils ne vont pas avoir affaire à un remake de Docteur Quinn : leur faire confiance quant à leur "patience" aurait été courageux me semble-t-il... Il y a du suspense bien sûr mais l'impression de se faire un peu avoir et d'assister à une précipitation des enjeux beaucoup trop rapide est malheureusement ce qui ressort à la vision de ce pilote.

FEAR THE WALKING DEAD - critique pilote

Pour autant, je serai là pour l'épisode 2. Parce que la série, en se centrant sur une cellule familiale compliquée, a du potentiel : les personnages ne sont pour le moment pas très finement dessinés (c'est un peu la fête aux clichés avec le fils toxico et le beau-père sympa qui s'y connaît en survie parce qu'il a lu des bouquins qui parlent de survie...) mais j'ai envie d'y croire. Et l'excellente Kim Dickens (Deadwood, Treme) n'y est sûrement pas pour rien...

Loin de réussir le coup d'éclat qu'avait été le pilote de The Walking Dead, écrit et réalisé par Frank Darabont, celui de Fear The Walking Dead manque clairement de rythme et de personnalité pour se révéler autre chose qu'un divertissement certes correctement emballé mais duquel on attendait vraiment plus.

FEAR THE WALKING DEAD - critique pilote

Crédits photos : AMC.

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