MINORITY REPORT - critique pilote

Pourquoi j'ai voulu regarder?

En grand fan du film de Steven Spielberg (2002), j'aurai dû militer pour qu'on ne touche pas à ce chef-d'oeuvre de la science-fiction adaptée de Philip K. Dick.

Pas touche à ce monument de noirceur qui questionne la justice et le libre-arbitre avec une intelligence et une virtuosité rares.

Pas touche à cette pellicule visionnaire, cruellement d'actualité dans notre société régie par les images, certainement l'une des plus belles livrées par le réalisateur de Rencontres du 3ème Type.

Et puis, sérieusement... Une série tirée de Minority Report? Une série qui interroge notre rapport à la liberté, qui mélange avec brio suspense, action et parano à tous les coins de rue?.. Ça existe déjà, bien sûr! Saluons Person of Interest, brillant show que l'on doit à Jonathan Nolan (Interstellar, The Dark Knight Rises) qui a su, en partant d'un postulat très proche de l'univers dépeint par Philip K. Dick et son adaptation spielbergienne, développer un thriller SF de très haute volée, malin et prenant.

Minority-Report-la-série arrivera-t-elle à l'égaler?

Donc oui, j'aurai dû militer. Mais j'aime la SF. FOX est un des rares networks à régulièrement en proposer sur son antenne, pour le pire (Almost Human, terriblement décevant) comme le meilleur (Fringe, Firefly, Dollhouse) donc je me pose et j'appuie sur PLAY.

MINORITY REPORT - critique pilote

Ça parle de quoi?

En 2040, Agatha et ses deux frères jumeaux Dash et Arthur ont la capacité unique de prédire le futur, notamment de prévoir les meurtres avant qu'ils ne soient perpétrés. Sous la supervision de scientifiques, Precrime les a isolé pour exploiter leurs dons et ainsi stopper de nombreux crimes avant qu'ils ne surviennent. En 2065, maintenant dans leurs trentaines, la fratrie a été libérée et Precrime démantelé. Arthur a malheureusement été séparé de son frère et sa soeur. Toujours hanté par des flashs lui montrant le sort funeste de nombreuses victimes, Dash tente en vain d'en sauver au moins une. Mais sans son frère, son don est incomplet. Un enchaînement de circonstances l'amène à collaborer avec une enquêtrice, Lara Vega. Ensemble, ils vont s'efforcer d'arrêter les criminels, tout en préservant le secret de Dash. D'autant que ce dernier ne peut voir son propre avenir, ni les dangers qui peuvent bien le guetter...

MINORITY REPORT - critique pilote

Et... c'est bien?

J'aurai dû militer...
 
En 42 minutes, le pilote de Minority Report que l'on doit à Max Borenstein (Godzilla de Gareth Edwards) accumule à peu près tout ce qu'il faut faire... pour ne pas revenir la semaine suivante. Entre une héroïne insipide qui se coltine un partenaire aux compétences particulières comme on en a déjà vu dans 50 shows précédemment (Castle, The Mentalist, Elementary, Psych, Bones...), un environnement futuriste sans saveur (on se croirait dans un CSI sous Windows 10), un scénario complètement aux fraises qui multiplie les raccourcis aussi vite que les invraisemblances (non mais ce passage où : "On a un suspect... BIP de l'ordinateur... on l'a repéré... BIP de l'ordinateur... on y va!" En 1 minute tout est plié...) et une réalisation aux abonnés absents, le téléspectateur avide de SF bien foutue a de quoi être dégoûté...
 
Rien dans cette introduction à un univers que l'on voudrait nous faire partager ne donne l'impression d'être autre chose qu'un énième cop show... Il est juste situé dans le futur, point barre. Ils auraient pu faire la même chose au XVIIIè siècle, ça aurait été pareil. Sauf qu'à la place des ordinateurs tactiles dernier cri, les héros auraient utilisé des feuilles et un boulier.
 
Tout ce qui faisait la spécificité et la force du film de Steven Spielberg, à savoir un regard sur la justice, la destinée et les médias porté par une mise en scène exceptionnelle d'intensité et de virtuosité est ici noyé dans un procedural mou et sans âme. Bref, un truc affreusement générique, parfois ridicule (la reconstitution du meurtre est à mourir de rire tant les gadgets hyper technologiques utilisés ne servent à rien et mènent à un résultat que la fliquette aurait pu trouver juste en regardant autour d'elle) et jamais palpitant.
Sur ce, je m'en vais de nouveau regarder le film du grand Steven et attendre impatiemment The Man in The High Castle, autre adaptation télé d'une oeuvre de K. Dick prochainement disponible sur Amazon et dont le pilote était une vraie et belle réussite!

 

MINORITY REPORT - critique pilote

Crédits photos et résumé : FOX, AlloCiné.

Retour à l'accueil