La rentrée télé US 2016

Et voilà, c'est reparti pour un tour : la rentrée des séries a commencé ! Entre la joie de voir nos chouchous revenir pour une nouvelle saison et la colère toujours non digérée de ne pas en voir revenir certains se cachent... les nouveautés. Plus de cinquante d'ici la fin de l'année (!). Inutile de vous dire que je ne regarderai pas tout : la sitcom avec Kevin James par exemple, c'est plié. Autant me mettre devant l'intégrale de Papa bricole ! et me laisser mourir à petit feu... Même état d'esprit avec la série Taken... oui oui, la série Taken ! Autant m'attacher à une chaise, me passer en boucle une scène d'action du 2 ou du 3 et observer mes yeux fondre.

Donc, il s'agit de faire des choix. En voyant la photo du dessus, certains se seront sûrement dit : "Ah ouais quand même, j'aurait tout choisi sauf ça !" Et bien, au revoir.

Les autres : on attaque !

- Gnééé... J'ai pas compris la notice...

- Gnééé... J'ai pas compris la notice...

On commence avec le pire. Oui, c'est comme quand je mange : je commence toujours par ce que j'aime le moins (les brocolis) pour finir par ce que je préfère (tout le reste). Et ici, le brocoli c'est MacGyver version 2016.

Ou l'un des pires pilotes que j'ai pu voir depuis un bail.

Même si la vague de reboots/remakes/sequels/prequels qui sévit actuellement à Hollywood peut laisser songeur quant à un certain manque de créativité de la part des studios, je ne crie pas non plus au scandale à chaque fois qu'un projet de la sorte débarque sur les écrans, tant au ciné qu'à la télé. Comme le héros jadis interprété par Richard Dean Anderson, j'essaie d'être positif. On est certes souvent tombé sur de belles purges (La malédiction de John Moore, Minority Report la série...) mais certaines oeuvres n'ont au contraire pas à rougir de la comparaison avec l'original (True Lies de James Cameron, les séries Nikita) : donc, pourquoi pas. 

Après les 45 minutes de torture subies devant le pilote de cette nouvelle mouture des aventures du bricolo au couteau suisse, impossible de continuer à véhiculer des valeurs d'amour et de respect de son prochain : c'est tout simplement mauvais. De l'écriture ultra-paresseuse qui aligne les clichés à une vitesse effarante (la présentation des personnages en vois-off au début... facepalm) aux comédiens aussi charismatiques qu'un abattant de WC, en passant par une réalisation totalement aux fraises (c'est pourtant James Wan - Insidious, Conjuring - derrière la caméra...) et des clins d'oeil totalement gratuits à la série originale (le plan du héros avec le missile sur l'épaule... facepalm bis), on peut le dire clairemement : il n'y a rien à  sauver dans ce nouveau MacGyver où même le couteau suisse joue mal. Un ratage qui ferait presque passer Scorpion (qu'on pouvait déjà considérer comme un remake officieux du show porté par Richard Dean Anderson) pour une réussite, c'est dire.

- Bonjour. Police. On cherche les responsables du reboot de MacGyver...

- Bonjour. Police. On cherche les responsables du reboot de MacGyver...

En deuxième position de mon visionnage de la semaine dernière : Lethal Weapon (L'Arme Fatale), la série. Adapté de la franchise créée en 1987 par le talentueux Shane Black, Lethal Weapon avançait tranquillement... en plein dans ma ligne de mire.

Les photos promo, les différents teasers... rien ne faisait envie. Rien ne paraissait pouvoir atteindre la qualité du travail de Shane Black, génial scénariste qui à 23 ans seulement en 1987 "réinventait" le buddy-movie policier et livrait avec son script de L'Arme Fatale un excellent divertissement qui, aujourd'hui encore, n'a pas pris une ride avec ses personnages borderline, ses acteurs parfaits (Mel Gibson, Danny Glover), ses séquences d'action bien violentes et ses punchlines cultes. Bref, un classique dont on craignait franchement la transposition sur le petit écran. Résultat ? C'est moins pire que ce à quoi je m'attendais.

J'irai même jusqu'à dire que c'est une bonne petite surprise.

Commençons par le meilleur : le duo principal. Clayne Crawford et Damon Wayans font le taf sans jamais chercher à copier leurs glorieux aînés : bref, l'alchimie est là, c'est cool. Et à part ça ? Et bien, on est face à un produit ultra-calibré avec son intrigue générique au possible, son humour familial, ses scènes d'action énergiques et qui évitent la violence et sadisme typiques de Shane Black... mais ça fonctionne. Et oui.

C'est pas génial mais dans le genre "carré, fun et efficace", ce premier épisode fait clairement le boulot. En étant diffusée sur Fox, on se doutait bien que Lethal Weapon ne retrouverait pas la noirceur du film de Richard Donner mais j'espère que la série de Matt Miller essaiera pour les épisodes suivants de dépasser un peu le stade du "simple" divertissement et aller vers plus de noirceur... Un peu comme avait pu le faire Fastlane en son temps (elle aussi produite par McG), série à laquelle Lethal Weapon fait beaucoup penser et à laquelle on souhaite tout de même un meilleur destin. 

- Vade Retro MacGyver !!

- Vade Retro MacGyver !!

On finit avec la très bonne surprise de ce début d'année : L'Exorciste, la série. Et les questions à 1000 points : comment transposer sur le petit écran le chef-d'oeuvre de William Friedkin ? Comment retranscrire le malaise, le véritable effroi ressenti devant film tiré du roman de William Peter Blatty dans une série de network (Fox en l'occurrence), beaucoup moins libre dans ce qu'elle peut montrer à l'écran qu'une chaîne câblée (American Horror Story sur FX par exemple) ? Encore que pour cette dernière question, une séquence démontre quand même une nette évolution...

Et surtout, le créateur Jeremy Slater évitera-t-il de sombrer dans le nanar, tel L'Exorciste - le commencement de Renny Harlin (2004) ou, dans une moindre mesure, L'Exorciste II de John Boorman (1977) ?.. Donc oui, plein d'interrogations auquel le pilote répond avec assurance : au gré d'une mise en scène très efficace (Rupert Wyatt, réalisateur de La Planète des Singes : les origines) qui évite les travers des films d'horreur récents et leurs jump-scares à deux balles (Paranormal Activity je crie ton nom !), d'une belle caractérisation des personnages (et notamment de ces deux prêtres opposés dans leur rapport à la foi) et d'un scénario qui se sert du matériau de base (référence discrète aux événements du film original) pour développer de manière intelligente son univers et élargir la mythologie mise en place par Blatty (peut-on espérer y voir des allusions au mésestimé L'Exorciste, la suite datant de 1989 ?), The Exorcist remporte son pari haut la main. 

Aucun doute, je serai là pour la suite.

Crédits photos : CBS, Fox Television.

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