DOCTOR STRANGE - la critique

Doctor Strange, écrit par Jon Spaihts et Scott Derrickson & C. Robert Cargill d'après les personnages créés par Steve Ditko. Réalisé par Scott Derrickson. Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams, Mads Mikkelsen, Tilda Swinton, Benedict Wong. USA - 115 mn. Sortie le 26 octobre 2016.

Doctor Strange suit l'histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son égo de côté et apprendre les secrets d'un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utlisant un vaste éventail d'aptitudes métaphysiques et d'artefacts pour protéger le Marvel Cinematic Universe.
DOCTOR STRANGE - la critique

Deuxième film de la troisième phase du Marvel Cinematic Universe après le très surestimé Captain America - Civil War, Doctor Strange s'annonçait comme une prise de risque salutaire de la part du studio à l'origine de succès comme Iron Man, Thor ou Avengers. En effet, de par son univers empreint de magie, d'ésotérisme et de psychédélisme, le film de Scott Derrickson sentait bon la bouffée d'air frais au sein d'un univers qui avait un peu tendance à tourner en rond et à se reposer sur ses lauriers, prisonnier d'une formule répétée au gré d'intrigues interchangeables... 

Résultat des courses ?

Des effets spéciaux assez sidérants, un Benedict Cumberbatch au top, une très bonne B.O. aux accents 60's signée du grand Michael Giacchino (Star Trek Into Darkness, A la poursuite de demainJupiter Ascending) et... c'est tout.

DOCTOR STRANGE - la critique

Comme c'est devenu maintenant une habitude, Kevin Feige (producteur interventionniste et grand manitou des films Marvel) a fait dans le minimum syndical : une intrigue générique au possible qui pompe sans vergogne les grandes lignes de celles d'Iron Man et dont on devine à peu près tout le déroulement dès les vingt premières minutes de film, un grand méchant (pourtant campé par l'excellent Mads Mikkelsen) insipide et aussi impressionnant que la couverture d'un vieux Chair de Poule, une mise en scène sans âme et cet éternel humour de chiotte qui n'a rien à faire là et qui a tendance à désamorcer les rares séquences où le récit fonctionne... C'est con, hein ! Bref, un joli divertissement bien tiédasse qui mise tout sur la forme. Au détriment du fond. 

Et quand je dis "forme", je parle des studios d'effets spéciaux (ILM et Framework en tête) : les processeurs des ordinateurs tournent à fond les ballons et permettent de livrer des visions folles, inventives et colorées, rendant un superbe hommage aux planches délirantes de Steve Ditko et emmenant le spectateur dans un ailleurs grisant et hypnotique. De la traversée des diverses dimensions par Stephen Strange après sa rencontre avec l'Ancien à un final kaléidoscopique franchement chouette en passant par des déconstructions et autres "manipulations" urbaines dignes héritières des visions de Christopher Nolan sur Inception, Doctor Strange se révèle un vrai régal pour les yeux et l'esprit du spectateur, totalement et joyeusement désarçonné par ces sorties de route audacieuses et enfin novatrices. Des visions barrées et excitantes qui font plaisir... et qu'on aurait aussi aimé voir envahir le récit.

Raté, on devra encore une fois faire avec les standards "marvelliens".

DOCTOR STRANGE - la critique

J'entends déjà les fanboys monter au créneau en disant qu'il fallait bien une "origin story" pour nous présenter un personnage aussi hors-norme que Stephen Strange, qu'il fallait bien ça pour introduire une nouveauté aussi forte que la magie, jusque-là absente de l'Univers Marvel... Et je suis entièrement d'accord avec ça. Mais comme il m'est déjà arrivé de l'écrire auparavant, ne confondons pas histoire et scénario. Et ce qui pêche dans Doctor Strange, c'est le scénario.

Avec un sorcier capable de plier l'espace et le temps, j'aurai aimé un scénario qui se lâche, qui joue avec sa structure et avec les attentes du spectateur : bref, j'aurai aimé un fond en adéquation avec l'aspect visuel, un film qui agence un récit simple (un homme arrogant apprend à faire le bien) de manière moins scolaire et routinière. On devra malheureusement se contenter d'un divertissement certes pas désagréable (on n'a pas envie de déchirer l'écran comme devant Suicide Squad !) mais tellement inoffensif et loin de la folie espérée.

Y'a pas à dire, pour le moment, c'est pas folichon cette phase 3. On préférera donc largement se pencher sur les séries diffusées sur Netflix (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage) qui, tant au niveau de la mise en scène que de la narration, font preuve d'une belle ambition et prouvent que tout n'est pas (encore ?) à jeter chez Marvel...

DOCTOR STRANGE - la critique

Crédits photos et résumé : Marvel Studios, AlloCiné.

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