JACK REACHER : NEVER GO BACK - la critique

Jack Reacher - Never Go Back, écrit par Richard Wenk, Edward Zwick & Marshall Herskovitz d'après le roman de Lee Child. Réalisé par Edward Zwick. Avec Tom Cruise, Colbie Smulders, Robert Knepper, Patrick Heusinger. USA - 118 mn. Sortie le 19 octobre 2016.

Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l'innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d'État.

JACK REACHER : NEVER GO BACK - la critique

En 2012, Tom Cruise enfilait son vieux blouson en cuir, serrait la mâchoire et débarquait sur les écrans dans le rôle de Jack Reacher, ancien Major de la police militaire qui, après sa démission de l'Armée américaine se met à arpenter le territoire à la recherche de petits boulots et enquêtant ici et là sur différentes affaires criminelles. Et qu'importe si l'interprète d'Ethan Hunt ne ressemblait pas à la description qui était faite de Reacher dans les bouquins écrits par Lee Child : on s'en tapait parce que Cruise en imposait. Grave.

Sous la caméra de son ami Christopher McQuarrie (scénariste de Walkyrie, Edge of Tomorrow et réalisateur du récent Mission : Impossible - Rogue Nation), Tom Cruise menait son investigation avec le savoir-faire d'un Sherlock et la détermination d'un Dirty Harry, n'hésitant jamais à péter deux ou trois clavicules histoire que les choses soient bien claires. Sous perfusion constante du meilleur des 70s (les films de Bronson, Bullitt), McQuarrie livrait un thriller old school en total décalage avec la norme hollywoodienne : là où les exécutifs n'avaient d'yeux que pour les super-héros et les effets spéciaux numériques et où les séquences d'action cédaient à la mode de la shaky cam imbuvable (sans le génie d'un Paul Greengrass), le réalisateur nous en proposait l'antithèse, l'antidote miracle.

En un mot : jouissif.

JACK REACHER : NEVER GO BACK - la critique

Quatre ans plus tard, Jack Reacher est de retour. Mais pas Christopher McQuarrie.

Capable du meilleur (Le Dernier Samouraï, Blood Diamond, Les Insurgés) mais plus souvent du moyen (Couvre-feu, A l'épreuve du feu, Légendes d'Automne), c'est Edward Zwick qui se trouve cette fois-ci chargé de mettre en boîte les nouvelles aventures du justicier des routes. Oui, l'expression est lâchée : "mettre en boîte". Aucun regard, aucun parti-pris de mise en scène, Zwick s'efface totalement derrière son sujet et livre une pellicule d'action impersonnelle au possible. Rageant.

Là où le premier opus nous offrait de bons gros morceaux de cinoche du samedi soir, telles l'intro et la cultisme poursuite en voiture, Never Go Back n'arrive jamais à être autre chose qu'un simple actioner lambda, un "épisode de trop" qu'on regarderait l'oeil à moitié endormi. Et quand on parle "d'épisode de trop" dès le deuxième film, c'est qu'il y a un petit problème. Christopher McQuarrie, en convoquant l'efficacité narrative et la mise en scène solide des meilleurs artisans des années 60 et 70 (Don Siegel, Peter Yates, Richard Fleischer), avait proposé une vraie alternative au cinéma d'action contemporain, sclérosé par son manque d'inventivité et son homogénéisation permanente. Une volonté louable et salutaire que Zwick ignore malheureusement. En cela suivi par un Tom Cruise que l'on a connu plus inspiré et regardant.

Non pas que l'interprète de Reacher s'ennuie ou n'y croit pas, il est au contraire parfait dans le rôle et démontre une nouvelle fois que sa "réorientation" version action star (Edge of Tomorrow, Jack Reacher, Mission : Impossible, Oblivion) est une réussite mais c'est plutôt en tant que producteur que le bât blesse : là où on avait toujours perçu chez la star la volonté de livrer le meilleur divertissement possible, en s'entourant de collaborateurs dévoués à sa cause, on s'étonne de le voir débarquer avec un produit aussi insipide et tellement éloigné de la qualité de ses précédentes productions (les Mission : Impossible, Walkyrie).

JACK REACHER : NEVER GO BACK - la critique

Inégal, réalisé sans panache et plombé par une sous-intrigue (Reacher est-il le père d'une jeune ado ?), Jack Reacher : Never Go Back est donc une déception. Sans non plus crier au scandale (le combat final, barbare et bien sadique comme il faut nous sort un peu de la zone de confort), on ne peut que regretter le manque de saveur global de l'ensemble là où, gavé et saturé par les films de super-héros, on attendait l'ex Major et son côté badass pour rapporter un peu d'âme. Et de cinéma, tout simplement.

Personnage vraiment excellent sous la plume de Lee Child, héros à l'ancienne au coeur de récits pulps jouissifs, Jack Reacher ne peut pas en rester là : il faut redorer son blason et revenir vers l'excellence du premier opus. Suffit juste de trouver un réalisateur qui y croit.

Et si, après son très attendu Mission : Impossible 6, Christopher McQuarrie revenait à la barre ?..

JACK REACHER : NEVER GO BACK - la critique

Crédits photos et résumé : Paramount Pictures, AlloCiné.

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