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Publié par Sébastien Mardelay

FAST AND FURIOUS 8 - la critique

The Fate of the Furious, écrit par Chris Morgan, d'après des personnages créés par Gary Scott Thompson. Réalisé par F. Gary Gray. Avec Vin Diesel, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Charlize Theron, Jason Statham, Tyrese Gibson, Chris "Ludacris" Bridges, Scott Eastwood, Natalie Emmanuel, Kurt Russell. USA / 136mn. Sortie le 12 avril 2017.

Maintenant que Dom et Letty sont en lune de miel, que Brian et Mia se sont rangés et que le reste de l’équipe a été disculpé, la bande de globetrotteurs retrouve un semblant de vie normale. Mais quand une mystérieuse femme entraîne Dom dans le monde de la criminalité, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui vont faire face à des épreuves qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’alors. 

Des rivages de Cuba au rues de New York en passant par les plaines gelées de la mer arctique de Barrents, notre équipe va sillonner le globe pour tenter d'empêcher une anarchiste de déchaîner un chaos mondial et de ramener à la maison l’homme qui a fait d’eux une famille.

FAST AND FURIOUS 8 - la critique

C'est officiel : les épisodes 5 et 6 de la franchise Fast and Furious étaient d'heureux accidents de parcours. Très heureux même en ce qui concerne votre serviteur en ce sens qu'il a adoré ces deux opus, mais des accidents tout de même.

En mettant de côté tout l'aspect beauf et tuning qui avaient donné lieu à l'étron pelliculé qu'est 2 Fast 2 Furious de John Singleton, Justin Lin et le scénariste Chris Morgan avaient réussi à remettre la saga lancée en 2001 sous la houlette de Rob Cohen sur de bons rails : perfectibles, Tokyo Drift et Fast and Furious 4 se révélaient néanmoins suffisamment fun et maîtrisés pour susciter l'adhésion auprès du public.

C'est l'opus suivant, Fast Five, qui viendra très clairement mettre la franchise sur orbite : caper movie survitaminé et blindé de séquences d'action démentes, Fast and Furious 5 s'adjoignait la présence très appréciable de l'excellent Dwayne Johnson (et ses t-shirts taille S) pour emmener les spectateurs dans une aventure hautement recommandable, sorte de mix improbable mais réussi entre Ocean's Eleven et Mission : Impossible. Le sixième volet, lui aussi sur la même lancée, mais en mode bigger and louder, envoyait du très lourd et donnait à voir un spectacle qui assumait sans honte son côté régressif et bourrin. Malheureusement, Fast and Furious 7, pourtant réalisé par le très talentueux James Wan (Insidious, Saw, Conjuring), viendra  plomber cette superbe ascension en se complaisant un peu trop dans la surenchère. Et même si j'ai revu mon jugement à la hausse depuis la sortie ciné concernant ce septième opus, on ne pouvait que craindre le pire pour la suite : toujours plus, toujours plus... 

Gagné. Plus d'action complètement WTF, plus de tôle froissée, plus de bruit et plus de blagues foireuses.

Plus de tout. Mais, paradoxalement, moins de plaisir. 

FAST AND FURIOUS 8 - la critique

Je dis "moins de plaisir", je devrais pourtant ajouter "pas tout le temps" pour être 100% honnête. Parce que Fast and Furious 8, comme quelques-uns de ses prédécesseurs (Tokyo Drift notamment), a cette faculté à constamment souffler le chaud et le froid : d'un côté, pas mal de séquences d'action et de punchlines bien burnées font naître sur le spectateur biberonné aux actioners des 80's un sourire béat de satisfaction tandis que de l'autre, des situations moisies, des répliques imbuvables ("La famille !!") et des retournements de situation digne de Melrose Place lui collent un désagréable frisson de honte.

Ainsi, pendant 2h16, on navigue et on picore à droite à gauche ce qui mérite d'être raconté aux potes qui n'ont pas voulu faire le déplacement en salles : une évasion franchement excellente où Jason Statham et Dwayne Johnson s'en donnent à coeur joie dans le pétage de genoux et le démastiquage à la chaîne, une fusillade dans un avion où Statham (encore lui) se la joue Chow-Yun Fat avec bébé à protéger et bad guys à rétamer, une pluie de voitures lancées depuis un parking aérien dans le centre-ville de New-York qui assure carrément niveau spectacle ou encore une Charlize Theron qui se fait plaisir à jouer la méchante tout droit sortie d'un James Bond... Des moments réussis et dont l'aspect over-the-top assumé font pencher la balance du bon côté, celui du pur plaisir coupable.

FAST AND FURIOUS 8 - la critique

À côté de ça, on trouve un Vin Diesel qui alterne deux expressions faciales et des répliques à base de famille et d'honneur ("La famille !!"), le retour du tuning et des filles en string cadrées en contre-plongée dans une intro nanardesque, des seconds rôles excessivement pénibles et dont chaque vanne tombe à plat (Ludacris et Tyrese Gibson), un scénariste qui peine à meubler et à insuffler un peu de vie entre deux explosions, des CGI trop présents qui viennent à gâcher l'impact de certaines cascades pourtant ultra-spectaculaires et une mise en scène impersonnelle et fonctionnelle. En même temps, ce n'est pas avec le réalisateur du Négociateur (mouhahaha !) ou de Que Justice soit faite (mouhahaha ! bis) qu'il fallait s'attendre à des miracles. 

Surtout après l'énergie de dingue dont avait fait preuve James Wan sur le précédent opus ou encore le très bon boulot de Justin Lin sur Fast and Furious 5 et 6... 

Et pourtant, malgré ces grosses carences, ça fonctionne quand même pas mal ! Quand je vous disais que cette franchise provoque des réactions paradoxales, entre sourire de gosse devant des morceaux de bravoure énormes et mine déconfite devant l'indigence de certaines séquences...

Et de voir ce Fast and Furious 8 se hisser dans le top 5 des films de la franchise : pour sa générosité (parfois trop grande), pour son côté régressif et bourrin qui fait plaisir et puis surtout pour ce qui constitue vraiment le point fort du film, le duo Dwayne Johnson / Jason Statham. Ils en font des tonnes, s'en amusent... et nous aussi ! 

Rendez-vous est pris en 2019 pour Fast and Furious 9. À la fin de ma critique du septième opus, je faisais part de mon envie de voir un épisode plus réaliste, plus viscéral... Après cet épisode 8 et sa poursuite sur la banquise avec un sous-marin, vous vous doutez bien que je n'ai pas vraiment eu ce que je voulais (!) : et au vu des résultats hallucinants au box-office, peu de chance qu'Universal et Chris Morgan revoient leur copie et ne continuent pas dans le toujours plus.

Au risque cette fois-ci de vraiment me laisser sur le bord de la route...

 

FAST AND FURIOUS 8 - la critique

Crédits photos et résumé : Universal Pictures, AlloCiné.

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