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Publié par Sébastien Mardelay

INSTANTANÉ SÉRIES - 2

Nouveau billet de L'Instantané Séries, c'est ici et maintenant ! On y parle d'un super-héros spécialiste en arts martiaux et gentil comme tout, d'un drama adolescent sombre et prenant et enfin de la sixième saison d'un show remarquable d'intelligence et toujours aussi à l'aise dans l'art de se renouveler.

C'est parti.

INSTANTANÉ SÉRIES - 2

IRON FIST - saison 1

créée par Scott BUCK, d'après le comics de Roy THOMAS et Gil KANE

Après Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage, voici donc venir Danny Rand, plus connu sous le nom d'Iron Fist. Ce qui claque quand même pas mal ! Mais soyons honnête, il n'y a bien que ça qui claque dans la dernière née des séries Marvel... Dire qu'on attendait beaucoup de cette nouvelle collaboration entre la Maison des Idées et Netflix supposée nous amener avec panache jusqu'a The Defenders, sorte d'Avengers télé réunissant en son sein les quatre héros précités, serait un euphémisme tant Daredevil et, dans une moindre mesure, Jessica Jones, nous avaient enthousiasmés par leur approche sombre, réaliste et violente du genre super-héroïque. Là où les Marvel du grand écran ont tendance à dangereusement tourner en rond de par des schémas narratifs répétitifs et une absence de prise de risques constante, les Marvel du petit écran se révélaient comme une véritable bouffée d'air frais. Si Luke Cage avait déçu, on espérait qu'Iron Fist relève la barre et achève de faire de la collaboration du géant des comics et du géant du streaming une éclatante réussite. Raté : rythme neurasthénique, intrigues poussives, personnages au charisme en carton et combats filmés avec des moufles...

Sans aller jusqu'à parler de naufrage artistique total, comme certains ont pu le faire en se lâchant méchamment sur le show, il faut quand même reconnaître qu'Iron Fist patauge beaucoup et suscite plus de bâillements que de décrochements de mâchoire. On sera certes là pour les Defenders mais ça a intérêt à envoyer du très très lourd !

Sinon, à part ça, vivement la saison 3 de Daredevil.

INSTANTANÉ SÉRIES - 2

HOMELAND - saison 6

développée par Howard GORDON & Alex GANSA, d'après Prisoners of War de Gideon RAFF

Quelle saison, mais quelle saison !

Avec une intrigue millimétrée à la perfection et qui n'a cessé de rebondir de manière absolument jouissive, en abattant ses cartes avec un sens du rythme affolant et portée par des interprètes toujours aussi exceptionnels (Claire Danes, Mandy Patinkin et Rupert Friend en tête), Homeland a prouvé de manière éclatante qu'elle restait l'une des séries dramatiques les plus fortes et intenses actuellement à l'antenne, totalement (et spectaculairement) en phase avec l'actualité récente notamment sur tout ce qui concerne la désinformation, les fake news et autres révélations récentes sur les piratages russes durant la campagne présidentielle américaine.

Les premiers épisodes, qui prenaient leur temps avant de clairement définir les menaces et les enjeux de la saison, auront peut-être eu raison de certains d'entre vous mais je vous en conjure : revenez ! Et vite ! Parce que cette saison 6 est un petit bijou, tout simplement, et que ce qui pouvait passer pour une lenteur ou un manque de ligne directrice était au contraire la marque d'une assurance, d'une mise en place maîtrisée de bout en bout. La saison 4 avait démontré que la série pouvait survivre à Brody en délivrant l'une de ses intrigues les plus palpitantes : cette nouvelle saison, presque aussi bonne, est la démonstration brillante qu'a Homeland à toujours se savoir se renouveler, à rebattre son jeu pour livrer une étude fine et complexe des enjeux de notre monde et des maux qui le rongent, tant politiques que sociétaux. Et sans spoiler, les dernières minutes de la saison sont absolument remarquables : comme depuis ses débuts, l'ennemi est à l'intérieur et les pistes lancées pour la saison 7 sont excitantes au possible.

Du caviar !

INSTANTANÉ SÉRIES - 2

13 REASONS WHY

développée par Brian YORKEY, d'après le roman de Jay ASHER

Il y a, comme ça, des séries qui vous attrapent et qui ne vous lâchent plus. Des séries qui semblent s'immiscer au plus profond de vous et qui vous retournent, vous interrogent et vous laissent sur les rotules à la fin de chaque épisode. 13 Reasons Why en fait partie. Adaptée du roman young adult de Jay Asher, la série développée par Brian Yorkey s'intéresse à Clay, un adolescent qui découvre un jour en rentrant chez lui une mystérieuse boîte : à l'intérieur, sept cassettes audio enregistrées par Hannah, une jeune lycéenne qui s'est suicidée il y a deux semaines de cela, et dans lesquelles elle explique les treize raisons qui l'ont poussée à commettre son geste...

"Bouleversante", "utile", "addictive"... Depuis sa mise en ligne le 31 mars dernier, la série produite par Selena Gomez et Tom McCarthy (l'oscarisé Spotlight), les termes élogieux ne manquent pas pour décrire l'incroyable expérience que représente 13 Reasons Why. Et tout est amplement justifié. Révolté, énervé, touché, ému, retourné... les mots peuvent manquer pour exprimer toutes les émotions que l'on ressent à la vision d'un épisode : alternant brillamment le passé et le présent via une mise en scène extrêmement solide et inspirée (notamment signée par Tom McCarthy et Gregg Araki), portée par des comédiens incroyables de justesse (Katherine Langford est bouleversante de naturel) et une excellente bande-son (The Cure, Lord Huron, Vance Joy), 13 Reasons Why nous amène à regarder l'adolescence et ses turpitudes avec une force peu commune. Déstabilisante, gênante, parfois malsaine, la série se révèle pourtant un miroir indispensable pour comprendre à quel point être adolescent, c'est se confronter à une violence inouïe. Celle de ses sentiments, que l'on ne comprend pas ou que l'on ne peut partager; celle des autres, que ce soit par les injures, les ragots, les réseaux sociaux; sa solitude... Sous ses atours de teen drama pop à la Dawson, 13 Reasons Why décortique le harcèlement, le mal-être avec intelligence et gravité : c'est dur, c'est moralement épuisant mais c'est indispensable.

Crédits photos : Marvel, Showtime, Netflix.

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