LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 - la critique

Guardians of the Galaxy Vol. 2, écrit et réalisé par James Gunn, d'après le comics de Dan Abnett et Andy Lanning. Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Bradley Cooper, Vin Diesel, Karen Gillan, Kurt Russell, Michael Rooker. USA - 136 mn. Sortie le 26 avril 2017.

Musicalement accompagné de la "Awesome Mixtape n°2", Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l'équipe alors qu'elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu'ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l'univers Marvel...

Cette critique est garantie sans spoilers. Si vous avez vu les différentes bandes-annonces, bien sûr...

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 - la critique

J'attendais que Les Gardiens Vol. 2 rejoigne la liste des suites encore meilleures que l'original

 

En 2014, Marvel surprenait tout le monde avec un projet que personne n'attendait vraiment : Les Gardiens de la Galaxie. Ce qui représentait un sacré coup de poker pour Kevin Feige et Disney, à savoir mettre en avant un groupe de super-héros quasi inconnus du grand public au sein d'un film voulu plus fun et plus décalé que ce que le Marvel Cinematic Universe nous avait jusqu'à maintenant habitués à voir, s'était finalement révélé payant : succès critique et public (800 millions de dollars de recettes... quand même !) pour une vraie et belle proposition de cinéma décomplexé !

Moins de trois ans plus tard, James Gunn nous revient avec le Volume 2 et ce serait mentir que de dire que je n'étais pas impatient. Totalement séduit par le divertissement enlevé et sacrément efficace qu'était Les Gardiens de la Galaxie Vol. 1, touché par l'amour qu'il portait à ses personnages et par l'hommage rendu à tout un pan du cinéma populaire des 80's (Steven Spielberg et George Lucas), j'attendais que Les Gardiens Vol. 2 rejoigne la liste des suites encore meilleures que l'original, un phénomène certes rare mais pas impossible. Donc oui, lorsque je suis entré dans la salle en esquissant un pas de danse sur du Sam Cooke (j'avais déjà chopé la B.O. avant de voir le film... #mavieestunroman), j'ai croisé les doigts pour que Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 aille tutoyer Le Parrain - Partie 2 de Francis Ford Coppola, Terminator 2 de James Cameron, The Dark Knight de Christopher Nolan ou bien encore Scream 2 de Wes Craven (oui, je préfère celui-là !).

À la sortie, j'ai décroisé les doigts. Ça n'avait servi à rien.

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 - la critique

Une suite qui [...] entend bien aller plus loin, quitte à surprendre par une tonalité sentimentale plus marquée et vraiment touchante

 

Non pas que Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 soit raté, juste que la magie qui avait opéré sur le premier opus semble avoir disparu. Là non plus pas entièrement, mais de manière suffisamment significative pour qu'un sentiment de déception pointe le bout de son nez. 

"Pas entièrement" ? 

En effet, le premier tiers de ce Vol. 2 envoie du bois. Pour faire simple. Et ce dès ce générique qui s'impose très clairement comme une superbe note d'intention à laquelle James Gunn, cette fois-ci seul au scénario, va se tenir une bonne partie du métrage : en s'attardant sur Baby Groot qui danse joyeusement sur le Mr Blue Sky d'Electric Light Orchestra tandis qu'une énorme baston a lieu en arrière-plan, le réalisateur ne fait pas juste dans le pied de nez, il impose au contraire ce sur quoi le projet des Gardiens de la Galaxie Vol. 2 va s'attarder, ses personnages. Vous êtes venus voir de la grosse baston spatiale sur accompagnement sonore en mode 70's ou 80's ? Pas de souci, vous en aurez aussi mais pas au détriment des personnages, ces bras cassés qui nous ont tant séduit dans le premier opus et auxquels Gunn entend bien donner de la chair, de la consistance. Une intention qu'on applaudit avec les deux mains et les deux pieds, surtout après les derniers films de l'écurie Marvel (Captain America - Civil War et Doctor Strange), assez pauvres de ce point de vue là. La suite du métrage prendra donc soin d'allouer à chacun de ses personnages un développement, une thématique qui lui est propre et d'offrir, par la même occasion, de très très jolis moments d'émotions aux spectateurs, notamment en ce qui concerne Rocket et Yondu, ce dernier s'affirmant sans mal comme l'un des meilleurs atouts de cette séquelle.

On y retrouve ainsi tout l'amour, toute la sincérité qui débordait du Vol. 1 et permet d'asseoir ce Vol. 2 comme une suite qui ne se repose pas sur ses acquis et qui, au contraire, entend bien aller plus loin, quitte à surprendre par une tonalité sentimentale plus marquée et vraiment touchante. Du beau boulot donc, porté par des interprètes toujours aussi à l'aise et complices, rejoints par un excellent Kurt Russell débordant de classe et de charisme et un Michael Rooker plus présent et tout bonnement parfait.

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 - la critique

Le scénario de James Gunn patine cependant beaucoup dans la semoule lorsqu'il s'agit de rendre tout ça homogène et palpitant

 

"Mais alors ?.. Pourquoi ce sentiment de déception ?" te demandes-tu, lecteur fébrile. 

Et bien, tout simplement parce qu'au delà de tout un paquet de scènes réussies, tant dans l'humour (Drax), l'action (une séquence d'évasion qui envoie du steak de par sa scénographie aux petits oignons) ou l'émotion (le final, la relation entre Peter et son père), Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 ne fonctionne pas "comme un tout". Bardé de thématiques intéressantes (les liens familiaux, la figure paternelle), d'un sens de la dérision qui fait toujours mouche (parfois trop même, au point d'amoindrir l'impact émotionnel de certains passages) et d'un recentrage intimiste surprenant, le scénario de James Gunn patine cependant beaucoup dans la semoule lorsqu'il s'agit de rendre tout ça homogène et palpitant passée la première partie. Le deuxième tiers se révèle ainsi pénible dans son manque de clarté quant aux enjeux de l'intrigue, enchaîne les saynètes déconnectées et le rythme, bien que rehaussé par une jolie B.O. (George Harrison power !), en pâtit sévèrement.

On attend donc patiemment (zzzzz...) que le groupe, séparé parce que... parce qu'il le fallait, voilà (!), se retrouve pour un dernier acte qui passe enfin la seconde : là encore, c'est pas parfait (la faute à un gloubiboulga numérique bien vilain) mais ça a le mérite de nous réveiller et de nous préparer à un final qui se montre lui vraiment grandiose, tant d'un point de vue visuel qu'émotionnel. James Gunn y réaffirme l'orientation intime de son projet, nous gratifie d'une sublime chanson de Cat Stevens (Father and Son) qu'on croirait écrite pour le film (achevant de faire de cette B.O., comme c'était le cas sur le premier opus, un véritable narratif) et se paie le luxe d'offrir un plan final à vous dresser les poils sur les bras.

Barre redressée de justesse donc mais le compte y est tout de même : l'ambition d'offrir un voyage intérieur à chacun de ses personnages, d'offrir au spectateur un ride aussi fun qu'émouvant nous donne envie de reprendre rendez-vous, malgré une baisse de régime notable en comparaison avec un Vol. 1 qui fonctionnait du feu de dieu de la première à la dernière bobine.

Ça tombe bien, Gunn sera encore de la partie pour Les Gardiens Vol. 3. Et d'ici là, on aura revu ces bras cassés dans le Avengers : Infinity War des frères Russo...

LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 2 - la critique

Crédits photos et résumé : Marvel, AlloCiné.

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