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Publié par Sébastien Mardelay

WONDER WOMAN - la critique

Wonder Woman, écrit par Allan Heinberg, d'après une histoire de Zack Snyder, Allan Heinberg et Jason Fuchs tirée du comics créé par William Moulton Marston. Réalisé par Patty Jenkins. Avec Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, Danny Huston, Connie Nielsen, David Thewlis, Elena Anaya, Saïd Taghmaoui. USA / 141 mn. Sortie le 7 juin 2017.

C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

WONDER WOMAN - la critique

On l'avait découverte dans Batman v Superman : Dawn of Justice de Zack Snyder où, sous les riffs imparables et guerriers de Hans Zimmer et Junkie XL, elle aidait les deux bonhommes à foutre une branlée à Doomsday avec une classe jouissive... Elle, c'est Wonder Woman. Et depuis le 7 juin dernier, elle vient redonner de l'espoir à ceux qui pensaient que DC et Warner fonçaient droit dans le mur. Mais pourquoi donc ? 

Petit retour en arrière...

WONDER WOMAN - la critique

Après les accueils critiques désastreux de Batman v Superman : l'Aube de la Justice (totalement injustifié !) et de Suicide Squad (carrément justifié !), et dans une moindre mesure de Man of Steel, on peut facilement imaginer la tension qui régnait dans les couloirs de la Warner au moment de la sortie de Wonder Woman. Si on rajoute à cela que les résultats au box-office, sans être déshonorants pour autant, s'étaient révélés inférieurs aux attentes des exécutifs de chez DC en n'arrivant pas à atteindre le milliard de recettes que tutoie la plupart des films de l'écurie concurrente (les deux Avengers de Joss Whedon, Captain America : Civil War), l'ambiance ne devait pas être méga décontracte et il valait mieux éviter de se ramener au bureau avec un t-shirt à l'effigie d'Iron Man...

Et puis les critiques US sont tombées : Patty Jenkins, la première réalisatrice d'un film de super-héros, avait réussi l'impossible ! Elle avait fait ce que personne n'avait imaginé ! Et oui, je m'emballe, je mets des points d'exclamation partout mais c'est à cause des journalistes tout ça : ils nous ont vendu du rêve ! Et quand on vend du rêve avec un peu trop d'emballement, on a tendance à se méfier... Souvenez-vous des louanges tressées à Star Wars : le Réveil de la Force, au dernier Captain America ou encore au fadasse Doctor Strange

Mais, après 2h21 de projection et alors que les lumières se rallument, un sourire illumine mon visage : certes, certains en ont fait un peu trop mais le fait est que oui, Wonder Woman assure !

WONDER WOMAN - la critique

Délaissant l'aspect sombre et réaliste mis en place par Zack Snyder dans Man of Steel et Batman v Superman : l'Aube de la Justice et préférant à une narration parfois complexe, notamment en ce qui concerne ce dernier, Patty Jenkins opte avec Wonder Woman pour la simplicité et l'efficacité. L'envie de livrer un divertissement spectaculaire et fun, tout simplement. Et qu'importe s'il s'agit d'une origin story... Oui, les plus chagrins vont encore hurler à la mort ! Donc oui, c'est une origin story... et ça passe tout seul : la réalisatrice de Monster ne précipite rien, prend le temps de mettre en place son récit en le rendant crédible (pas d'ironie, pas de second degré comme c'est trop souvent le cas chez Marvel) et installe un climat plus lumineux et plus coloré, une chose qu'on ne pensait pas vraiment voir chez DC et ses adaptations très sombres et torturées (Batman v Superman, c'est pas la grosse déconne, hein !)...

Narration classique mais maîtrisée, rythme bien géré et acteurs au top (Chris Pine - Star Trek Sans Limites - pète la classe du glamour), Wonder Woman déroule avec un savoir-faire évident et confiant son Art du divertissement populaire : d'une excellente première partie située sur l'île de Themyscira qui sent bon l'hydromel et qui semble tout droit sortie d'un bouquin du regretté David Gemmell (Le Lion de Macédoine) avec ses décors paradisiaques, sa mythologie accrocheuse et ses séquences d'entraînement intenses à une séquence d'action proprement hallucinante dans les tranchées et dans un village occupé par les Allemands, en passant par une étape londonienne nécessaire dans la construction de ce personnage candide et innocent qui découvre les horreurs de la guerre et, plus largement, la part sombre de l'humanité, le film de Patty Jenkins réussit sur quasiment tous les tableaux.

Quasiment. Car il faut bien reconnaître que le final, gavé d'effets numériques pas toujours très réussis et tombant ainsi dans les travers qui plombaient celui de Batman v Superman : l'Aube de la Justice, gâche un peu le spectacle qui s'était révélé jusqu'ici de très bonne tenue. Pas au point de faire tomber l'Amazone bien sûr, mais c'est juste qu'après les excellentes séquences d'action de la plage ou du village, superbement mises en scène et qui donnaient à voir, par leur incroyable stylisation typiquement snyderienne de l'épique badass et puissamment iconique, c'est dommage de finir sur une fausse note.

WONDER WOMAN - la critique

Mais pas au point de faire tomber l'Am...

Ah mais je l'ai déjà dit ça ! En même temps, comment ne pas mentionner celle qui illumine l'écran de la première à la dernière bobine, comment ne pas succomber au charme, à la beauté fulgurante de Gal Gadot ? Comment ? Impossible, tout simplement. Se donnant à fond, tant dans l'action que dans le registre plus délicat de l'émotion (très belle séquence de danse sous la neige), l'ex-membre de la famille Fast and Furious est absolument magnifique et offre une vraie profondeur à un personnage qui aurait vite fait de tomber dans le ridicule s'il n'était pas incarné par quelqu'un qui y croit. Et pas de doute, Gal Gadot y croit : Diana Prince est indépendante, forte et humaniste. Grâce à la caméra de Patty Jenkins, pleine de tendresse et bien décidée à ne jamais la transformer en pur objet sexuel sans âme, on la suivrait n'importe où dans son combat pour la paix et la justice. 

Divertissement carré et efficace qui, tout en ne tournant jamais le dos aux thématiques chères à la maison DC (le Mal, la mort et l'innocence), amène une simplicité et une modestie bienvenues : Wonder Woman permet enfin à DC et à la Warner de repartir sur de bonnes bases. Traversé par un optimisme rappelant fortement l'excellent Captain America : First Avenger de Joe Johnston, le film de Patty Jenkins se révèle être un très bon divertissement pop corn, peut-être pas amené à rester dans les annales du cinoche super-héroïque, mais qui sait gérer son histoire et ses personnages tout en ne sacrifiant pas l'émotion sur l'autel de l'action à tout-va.

Chapeau bas Diana et rendez-vous en novembre pour le très très attendu Justice League de Zack Snyder !

 

WONDER WOMAN - la critique

Crédits photos et résumé : Warner Bros. Pictures, DC, AlloCiné.

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