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COBRA KAI - saison 1

 

COBRA KAI - saison 1

créée par Josh HEALD, Jon HURWITZ & Hayden SCHLOSSBERG d'après les personnages créés par Robert Mark KAMEN

Ok, j'avoue que je n'y allais pas sans à priori... À une époque où les reboots et autres remakes sont rois, où les années 80 semblent être devenues le vivier inépuisable d'une industrie hollywoodienne paresseuse (les versions télé de L'Arme Fatale, L'Exorciste ; le retour de MacGyver ou l'arrivée prochaine de Magnum), il faut bien reconnaître que l'annonce du projet Cobra Kai, la suite du film Karaté Kid de John G. Avildsen (Rocky), sonnait comme le coup de grâce, le dernier clou planté sur le cercueil de l'originalité.

 

 

Bref, j'avais enfilé mon kimono et ma ceinture blanche, prêt à foutre une raclée à la web-série développée par YouTube sur sa plateforme de streaming YouTube Red... Arrivé au terme du premier épisode, j'ai mis ma colère de côté et, tout en sirotant une tisane "Paix intérieure", j'ai murmuré en regardant l'horizon : "C'était vraiment sympa en fait".

J'ai ensuite regardé ma montre : j'avais largement le temps de me faire les neuf épisodes suivants et qui composent la saison 1 de Cobra Kai !

 

Ralph Macchio et Pat Morita dans "Karate Kid" (1984)

 

Cobra Kai ?.. Ce nom en titille sûrement certain(e)s. Peut-être avez vous usé, comme moi, vos VHS de Karaté Kid et ses (moins recommandables) suites ? Peut-être avez vous tenté de faire des high-kicks en vous imaginant mettre une raclée aux types qui vous emmerdaient toujours à la récré ? Peut-être avez-vous demandé à l'employé communal chargé des espaces verts s'il s'appelait Miyagi et s'il était un spécialiste des arts martiaux capable de vous entraîner à devenir une machine de guerre ?.. Si c'est le cas, alors Cobra Kai est pour vous. Et vous pourriez être surpris de découvrir, derrière la façade un poil kitsch du projet, un divertissement réellement attachant et prenant.

 

34 ans après les événements du premier film, la vie n'a pas fait de cadeau à Johnny Lawrence (William Zabka), l'adversaire de Daniel LaRusso (Ralph Macchio) dans le premier film : suite à sa défaite, il a enchaîné les erreurs de parcours, les plans foireux et ne vit plus que dans les souvenirs d'une époque maintenant révolue... Contrairement à LaRusso qui a lancé une très fructueuse affaire de concession automobile et dont les panneaux et autres affiches publicitaires, surfant sur son passé de karatéka glorieux, ne cessent de rappeler à Lawrence que "karma is a bitch"... Pourtant, le destin s'en mêle : en venant en aide à un jeune lycéen qui se fait tabasser devant une épicerie, le loser retrouve sa motivation et sa foi dans le karaté. Il décide alors d'ouvrir un dojo afin d'y enseigner les principes de cet art martial qui avait fait de lui une vedette dans les années 80...

Recette classique, scénario assez prévisible, mise en scène qui n'a rien de révolutionnaire... Mais comment Cobra Kai fait-elle pour nous séduire, alors ? Par la justesse de ses personnages tout d'abord et notamment par le fait d'avoir fait de Johnny Lawrence le personnage principal de cette série : c'est son sentiment d'échec, ses incertitudes, ses doutes et finalement sa remontée qui nous touchent et qui nous amènent à nous enfiler les 10 épisodes de la saison 1 sans voir le temps passer. On n'est certes pas dans un hors-série de Psychologie Magazine, les clichés sont loin de jouer la discrétion mais ça fonctionne très très bien. Tout simplement parce qu'il y a une sincérité qui transparaît de chaque minute de la série : pas de cynisme, Cobra Kai tient son récit sans jamais vouloir faire son malin ou chercher à se dédouaner des grosses ficelles qu'il utilise.

Donc oui, pour votre plus grand bonheur, vous aurez droit à du gros rock FM 80's sur un montage de phases d'entraînement ; vous aurez droit à l'histoire d'amour entre le jeune martyrisé et la fille qui sort avec le gros con de service ; vous aurez droit à des punchlines sexistes et machistes souvent hilarantes, ; vous aurez droit à la baston dans le réfectoire qui fait bien plaisir ; vous vous demanderez si Johnny Lawrence, en aidant le jeune Miguel, arrivera aussi et surtout à s'aider lui-même ; vous aurez de jolis hommages à Pat Morita, l'inoubliable interprète de Miyagi... Bref, rien de nouveau et on aurait légitimement le droit de se dire que toutes ces ficelles ne devraient plus être utilisées. Mais la recette fonctionne : par nostalgie ? Oui c'est certain. Mais il se dégage un ton vraiment rafraîchissant et honnête, qui plus est porté par des comédiens convaincants (William Zabka en tête), qui fait que l'on baisse très rapidement sa garde et qu'on se fait l'intégrale en une soirée sans sourciller. 

Les derniers instants de l'épisode 10 appellent une suite. Forcément. Il ne peut en être autrement.

Ça tombe bien, la série a été renouvelée pour une saison 2 prévue pour 2019. Comme quoi, ils avaient raison : "Cobra Kai never dies !"

Crédits photos : Columbia Pictures, YouTube Red.

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