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EQUALIZER 2 - la critique

 

The Equalizer 2, écrit par Richard Wenk d'après la série télévisée créée par Michael Sloan & Richard Lindheim. Réalisé par Antoine Fuqua. Avec Denzel Washington, Pedro Pascal, Ashton Sanders, Melissa Leo, Bill Pullman. USA / 121mn. Sortie le 8 août 2018.

Robert McCall continue de servir la justice au nom des exploités et des opprimés. Mais jusqu’où est-il prêt à aller lorsque cela touche quelqu’un qu’il aime ?

Après un premier opus qui s'était révélé franchement sympathique, boosté par sa violence bien crue et son personnage principal en quête de rédemption, voici donc qu'Equalizer 2 débarque dans nos salles climatisées...

Le quota de pétage de bras est-il respecté ? Est-ce toujours aussi sympa d'entendre une clavicule claquer en Dolby Atmos ?..

Réponse dans les lignes qui suivent.

 

[...] elles feraient bien de décoincer leur bouche en cul de poule et d'aller jeter un oeil attentif au travail remarquable de Washington sous la houlette du regretté Tony Scott [...]

 

On l'aime bien Denzel. On l'aime beaucoup même.

Qu'importe le genre qu'il investit, qu'il s'agisse du drame (Philadelphia de Jonathan Demme), du film historique (Glory d'Edward Zwick), du polar (American Gangster de Ridley Scott) ou du thriller (USS Alabama de Tony Scott), l'acteur bouffe l'écran à chacune de ses apparitions, sauvant même parfois de l'oubli quelques pellicules qui n'en méritaient pas tant.

Et Denzel, on l'aime encore plus lorsqu'il vient montrer à certains étourdis qui n'auraient pas vu Man on Fire ou le premier Equalizer ses aptitudes dans le bourre-pif, le froissement de cervicales ou le maniement du couteau (autrement que dans la recette du rôti de sa mémé)... Et si certaines fines bouches, de celles qui auraient passé sous silence l'incursion du comédien dans le domaine de thriller musclé sous prétexte que cela ne convenait pas à un comédien récipiendaire de deux Oscars, s'abaissant ainsi au niveau pathétique d'un Liam Neeson chez Luc Besson (Taken 2 et 3), permettez-moi de leur dire très clairement qu'elles se trompent !

Et qu'elles feraient bien de décoincer leur bouche en cul de poule et d'aller jeter un oeil attentif au travail remarquable de Washington sous la houlette du regretté Tony Scott (Déjà Vu, L'attaque du Métro 123, Unstoppable), ainsi que sous celle, certes moins percutante mais loin d'être déshonorante d'Antoine Fuqua (Training Day, Les Sept Mercenaires).

 

[...] le premier Equalizer s'était imposé sans mal comme un idéal de film du samedi soir, calé dans un bon fauteuil avec une boisson gazeuse dans la main.

 

Et d'Antoine Fuqua, il en est justement question avec Equalizer 2, quatrième collaboration entre les deux hommes mais également première suite dans leurs carrières respectives...

Adaptation de la série éponyme créée par Michael Sloan et Richard Lindheim, diffusée sur CBS de 1985 à 1989 et dans laquelle le fringant Edward Woodward jouait les redresseurs de torts dans les rues d'une New York gangrénée par le crime et la racaille, le premier Equalizer s'était imposé sans mal comme un idéal de film du samedi soir, calé dans un bon fauteuil avec une boisson gazeuse dans la main.

Sorti il y a de cela trois ans, le film de Fuqua, de par son succès bien entendu mais également de par l'aura mystérieuse de son personnage principal (c'est qui ce Robert McCall ?!), appelait bien entendu une suite. À une époque où Hollywood est obsédé par les franchises, au point parfois de ne pas savoir faire de film sans l'optique du "attendez de voir le 2, ce sera encore mieux !", le soin apporté à la construction narrative de ce premier volet ainsi qu'à ses personnages avait largement de quoi séduire.

Le risque étant bien entendu, pour cette suite, de ne faire que répéter une formule qui marche là où un développement, un enrichissement de l'univers mis en place est naturellement ce que tout spectateur un tant soit peu exigeant demande. Bref, on ne veut pas d'un Jack Reacher 2, ok ?

Même si, perso, je fantasme sur un crossover entre Equalizer et Jack Reacher... Mais bon, c'est une autre histoire.

 

[...] une série B brutale et rythmée qui se déguste tranquille, charriant avec un plaisir communicatif ses ingrédients old school 

 

Soyez rassurés ! Et venez assister en toute décontraction au dézinguage en bonne et due forme d'une bande de barbouzes qui ont tué la meilleure amie de McCall !

"Quoi, ils ont tué son amie ? Mais..."

Oui, je sais. Quand je parlais un peu plus haut de certains étourdis qui auraient dans l'idée de voir si Denzel maîtrise encore ses rudiments de ju-jitsu, là on est sur un autre niveau. Quand tu vois ce qui arrive au personnage incarné par Melissa Leo (je ne spoile rien, c'est dans le résumé ET dans la bande-annonce), tu sais que les gars vont finir en charpie. Parce qu'un petit con qui appelle McCall "Grand-père" et qui tente maladroitement de le bousculer, il se retrouve en soins intensifs avec une paille entre les deux dents qui lui restent... Tu te doutes bien, lecteur fébrile et fan de thrillers musclés, que pour des meurtriers, ça va très très mal se passer !

Et c'est là que l'aspect jubilatoire est à prendre en compte. Et à ne surtout pas renier. On desserre donc sa bouche en cul de poule et on savoure Equalizer 2 pour ce qu'il est : une série B brutale et rythmée qui se déguste tranquille, charriant avec un plaisir communicatif ses ingrédients old school.

 
Alors oui ok, si le scénario pêche parfois par son manque de surprises, le positif l'emporte très largement. On aurait certes aimé que l'intrigue centrée sur la mort de Susan permette de plonger plus en avant dans le passé de McCall au sein de la CIA mais on se laisse finalement séduire par cette écriture du personnage et de ses traumas : en touches légères, au fil des rencontres et des discussions... Une manière on ne peut plus étonnante à l'heure où tout est explicité dans les moindres détails, où on refuse la plus petite zone d'ombre à tout personnage sous prétexte que le public ne suivra pas (et pour être bien sûr, on fait un prequel...).

Au niveau de l'action, Fuqua fait le job : propre et carré. Sans génie particulier, c'est-à-dire qu'on est loin de ce qu'un Tony Scott était capable de faire, le réalisateur de Training Day continue cependant d'être pour son acolyte Washington un très bon artisan, entièrement dévoué à laisser exploser sa badassitude sur l'écran. Et de ce côté, pas de chichi : Denzel assure ! Qu'il s'agisse de clés de bras radicales ou de coups de couteau dévastateurs, l'interprète de McCall entend bien démontrer de manière spectaculaire sa conception du "oeil pour oeil, dent pour dent".

On retiendra notamment d'Equalizer 2 sa séquence finale à l'ambiance western, superbement découpée et où, dans une petite ville balnéaire abandonnée pour cause de tempête, le redresseur de torts assouvit sa vengeance avec une dextérité et une barbarie jouissive, rappelant aux spectateurs en manque de séries B rentre-dedans que des gens oeuvrent avec efficacité pour qu'on ne les oublie pas... John Wick, Reacher, je crie vos noms.

Et de se dire, à la sortie de la salle, qu'on repartirait volontiers pour une troisième aventure de Robert McCall.

 

Crédits photos et résumé : Columbia Pictures, AlloCiné.

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