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LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD - la critique

 

Fantastic Beats : The Crimes of Grindelwald, écrit par J.K. Rowling. Réalisé par David Yates. Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Zoë Kravitz, Ezra Miller, Jude Law, Johnny Depp. USA/Grande-Bretagne. 134 mn. Sortie le 14 novembre 2018.

1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s'évade comme il l'avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l'origine d'attaque d'humains normaux par des sorciers et seul celui qu'il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l'arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L'aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais.

 

 

Malgré l'enthousiasme suscité par les bandes-annonces dévoilées depuis quelques mois, il était difficile de ne pas avoir des craintes concernant ce nouvel opus des aventures de Norbert Dragonneau et de ses amis... La faute à qui ? À quoi ? 

À un premier épisode relativement catastrophique, ma foi ! Entre son rythme neurasthénique, son intrigue confuse et ses personnages peu attachants, Les Animaux Fantastiques se révélait comme un film pénible et profondément ennuyeux, pas aidé en cela par la mise en scène tout juste fonctionnelle de son réalisateur David Yates. Oui, David Yates. Déjà à la manoeuvre sur les quatre derniers opus de la saga Harry Potter, le britannique replongeait dans le monde magique créé par J.K. Rowling... et n'en faisait rien.

Alors, à l'idée de le voir de nouveau derrière la caméra pour ce second volet, ça avait gentiment le don de me pousser à me mettre au macramé. 

Pourtant, et avant de développer tout ça un peu plus, disons-le clairement : Les Crimes de Grindelwald enterre sans difficulté son prédécesseur. Pas dénué de défauts mais autrement plus fréquentable, sans aucun doute !

 

Fantastic Beasts 2 semble [...] annoncer un spectacle sombre et spectaculaire !

Dès son introduction, Les Crimes de Grindelwald envoie valdinguer nos souvenirs douloureux d'il y a deux ans : sombres, prenantes et visuellement chiadées, les premières minutes du métrage sont une délicieuse mise en bouche. Le villain des Animaux Fantastiques avait promis de s'évader : chose promise, chose due !

Flatté par la superbe lumière de Philippe Rousselot (La Reine Margot, The Nice Guys), saisi par la mise en scène inspirée de David Yates (jamais je n'aurai cru écrire ces mots...) et son sens du découpage, le spectateur se cale avec délectation dans son fauteuil, tout heureux de retrouver l'univers de J.K. Rowling et impatient de découvrir vers quoi elle compte l'embarquer dans les deux heures qui suivent. Découvert dans les derniers instants du premier opus, Johnny Depp s'impose avec panache et style dans le rôle de Grindelwald : on se souvient alors de l'adage qui veut que plus le méchant est réussi, meilleur est le film...et en dix petites minutes, Fantastic Beasts 2 semble confirmer la chose et annoncer un spectacle sombre et spectaculaire !

Miam !

 

J.K. Rowling [...] est pour le moment meilleure romancière que scénariste...

Pourtant, les choses se gâtent à mesure que le film dévoile une narration pataude et manquant cruellement de rythme... Non pas que l'histoire soit inintéressante, bien au contraire, mais force est de constater que J.K. Rowling se révèle une nouvelle fois incapable de mettre tout ça en forme, de donner à VOIR ce qu'elle a sur le coeur. Et c'est franchement dommage tant les thèmes qu'elle aborde, et qu'elle n'arrive malheureusement pas à articuler au sein d'un scénario qui tienne vraiment la route, sont assez passionnants.

Entre la quête d'identité touchante du jeune Croyance Bellebosse (ou Credence Barebone dans la langue de Shakespeare, ça a plus de classe !), la perte de repères de l'un des meilleurs personnages de cette saga, à savoir l'excellente Queenie Goldstein, l'insondable douleur qui colle à la peau de la belle Leta Lestrange et enfin la réflexion pertinente et ô combien d'actualité sur la montée du fascisme, l'utilisation de la peur comme discours, J.K. Rowling nous donne à contempler un blockbuster empli d'une noirceur et d'un pessimisme radical. Mais ce fond ne trouve quasiment jamais de forme adéquate : David Yates se contente d'une illustration sommaire (et je reconnais bien là le réalisateur des quatre derniers Harry Potter, celui qui donne tout dans l'introduction et qui se dégonfle sur la durée...), bien loin de ce qu'un Cuaron avait pu apporter sur Le Prisonnier d'Azkaban, magnum opus de la saga du sorcier à lunettes et auquel Les Crimes de Grindelwald, par sa maturité et les thèmes abordés, aurait pu se confronter si un vrai metteur en scène s'était retrouvé aux manettes du projet.

Un metteur en scène capable de transcender les errements d'un script ambitieux mais mal rythmé, confortant ainsi le spectateur (et lecteur) de J.K. Rowling que cette dernière est pour le moment meilleure romancière que scénariste... Et je me répète : quel dommage ! La partie finale, s'articulant autour d'un discours formidablement effrayant déclamé par un Grindelwald haranguant la foule, constitue assurément l'un des points forts de ce que Rowling a pu écrire et amène le film vers une conclusion terrassante pour tous les amoureux de la franchise, les laissant quitter la salle la tête pleine de questions. Et on espère fortement que les réponses seront à la hauteur !

 

Alors, faut-il aller voir Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald ? La réponse est clairement oui.

Malgré la déception engendrée par un scénario mal articulé et une mise en scène plutôt faiblarde, le film de David Yates redonne des couleurs (certes noires et grises...) à une franchise qui avait démarré sur de mauvaises bases et lance enfin la saga prévue sur cinq films par J.K. Rowling...

Décidément, ce Wizzarding World n'a pas fini de nous étonner !

Crédits photos et résumé : Warner Bros. Pictures, AlloCiné.

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