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SKYSCRAPER - la critique

SKYSCRAPER - la critique

Skyscraper, écrit et réalisé par Rawson Marshall Thurber. Avec Dwayne Johnson, Neve Campbell, Chin Han, Byron Mann, Noah Taylor, Pablo Schreiber. USA / 102 mn. Sortie le 11 juillet 2018.

Ancien chef du commando de libération des otages du FBI et vétéran de l'armée américaine, Will Sawyer est désormais responsable de la sécurité des gratte-ciels. Alors qu'il est affecté à Hong Kong, il est accusé d'avoir déclenché un incendie dans la tour la plus haute et réputée la plus sûre du monde… Considéré comme fugitif, Will doit retrouver les criminels, prouver son innocence et surtout sauver sa femme et ses deux enfants prisonniers du bâtiment en flammes…

 

[...] c’est une époque dont on vénère les blockbusters, le sens du divertissement et les gros bras.

 

Les années 80. C’est quoi les années 80 ?

« C’est la décennie avec laquelle Hollywood nous gonfle, M’sieur ! »

Oui, pas faux. Enfin, ça c’est seulement si on voit tout en noir et que l’on considère que ce coup d’oeil que l’industrie hollywoodienne jette dans le rétroviseur n’est qu’opportunisme et préoccupation financière, et où toute réflexion artistique a laissé place aux actionnaires et à leurs dividendes. 

Mais je suis dans un bon jour : je ne vois donc pas tout en noir. 

Alors, même si cette vague de remakes, hommages et autres clins d’oeil plus ou moins appuyés (et plus ou moins honnêtes…) a parfois le don de me foutre en boule (la très mauvaise saison 2 de Stranger Things, les métrages où les posters de la chambre du héros tiennent lieu de caractérisation et sont la preuve de la coolitude de ceux qui se tiennent derrière la caméra…), je reconnais que certains films et/ou séries parviennent aussi à revisiter et à réfléchir cette glorieuse décennie avec un regard et une pertinence franchement passionnants.

Les récents It Follows, Ready Player One ou bien encore l’excellente Glow le démontrent brillamment.

Et puis parce que les années 80, pour tous ceux qui comme votre serviteur ont grandi dans les années 90 avec une pelletée de VHS aux titres aussi cultes que Die Hard, Echec et mort, L’Arme Fatale, Conan le Barbare ou Rocky IV, c’est une époque dont on vénère les blockbusters, le sens du divertissement et les gros bras. Il est donc quasiment impossible de nier le plaisir qui nous étreint lorsque, noyé dans la masse des films de super-héros, un film essaie d’en faire revivre l’esprit.

- Chérie, je crois qu'on aurait dû lire le scénario...

 

[...] le film de Rawson Marshall Thurber [...] en tient une sacrée couche dans le registre du blockbuster navrant

 

Et s’il y en a bien un qui doit regretter de ne pas être né plus tôt, c’est The Rock. Parce qu’il se serait sûrement vu se tirer la bourre avec les gros bras qui ont orné nos murs d’adolescents : Arnold, Sylvester, Jean-Claude, Bruce ou bien encore Steven. Et, selon l’appréciation de chacun, il aurait peut-être mis une ou eux branlées au héros de Nico et ses moulinets dans le vide… 

Donc, Dwayne (il n’aime plus trop qu’on l’appelle The Rock), il fait des blockbusters plein d’explosions, de méchants à zigouiller, de bagnoles qui vont vite et de bâtiments qui s’effondrent. Il fait G.I. Joe : Conspiration, San Andreas, Fast and Furious, Rampage, Jumanji 2… 

Et SkyscraperOu l’une des plus belles daubes de l’année.

Si, malgré des trucs aussi pourris que G.I. Joe 2 ou San Andreas (quasiment du sous-Emmerich, c’est dire…), Dwayne Johnson conservait son énorme capital sympathie, pas sûr que Skyscraper ne reste pas comme une belle grosse tâche sur sa page Wikipedia. 

Parce que bon, faudrait voir à pas trop déconner quand même hein !

Entre son intrigue complètement neuneu, ses rebondissements en carton, ses méchants en mousse, ses effets spéciaux pourris et sa mise en scène aux abonnés absents, le film de Rawson Marshall Thurber (Dodgeball) en tient une sacrée couche dans le registre du blockbuster navrant qui, non content de ridiculiser des oeuvres telles que La tour infernale et Die Hard en détruisant quelques-uns de leurs séquences les plus marquantes, n’a finalement rien à proposer que du vide.

Parce que ça se passe en haut d’un immeuble. 

Humour.

J'arrive même pas à fermer un carton avec du scotch. Mais Dwayne, lui, il s'accroche à un immeuble avec...

 

[...] on imagine que la réunion visant à valider le script a dû se jouer dans les chiottes du sous-sol…

 

Et c’est aussi là que je me rends compte que mon introduction est plus longue que ce que j’ai à dire sur cette mer**… Là où je pourrai disserter trois heures sur un des derniers Steven Seagal tournés en Hongrie et qui squattent NRJ12 en troisième partie de soirée, parce qu’ils n’ont jamais la prétention d’être autre chose que des DTV destinés à être visionnés une binouze à la main, Skyscraper ne m’inspire que du mépris.

Sûrement le même mépris qui a prévalu lors de la mise en chantier de ce truc, budgété à hauteur de 125 millions de dollars (bordel, 125 !! Et à ce prix-là, on se tape une explosion d’hélico toute dégueu…) et dont on imagine que la réunion visant à valider le script a dû se jouer dans les chiottes du sous-sol… Parce que si la réunion avait eu lieu sur le parking du bowling où le scénariste a eu l'idée, y'aurait peut-être eu un costard-cravate qui lui aurait dit qu'on devine à la SECONDE où il apparaît à l'écran qu'un des mecs est un traître, que Neve Campbell ne sert à rien, que le plan des méchants est d'une connerie sans nom et que les rebondissements n'étonneront même pas un gars qui sortirait d'un coma de trente ans...

Et puis The Rock en chemise près du corps, jamais déchirée par un muscle qui se bande alors que le mastodonte s'apprête à péter la nuque d'un terroriste tout méchant, c'est pas bien, ça pue l'arnaque : s'il veut ressusciter l'esprit des eighties, il faut y aller franco bordel ! Pétages de bras en Dolby Surround, rafales de sulfateuses et punchlines à gogo ! Un type le regarde de travers ? Paf, une mandale et une prise de catch. Et tant pis si c'est le réceptionniste qui vient lui dire que sa chambre est prête... Lorsqu'il se lâche dans un Fast and Furious (foncez sur le 5 !) rempli de beaufitude et de testostérone, coincé dans un t-shirt taille S et se trimballant avec un quintal de flingues et d'armes blanches sur le dos, Dwayne Johnson assure le spectacle. C'est comme ça qu'on veut le voir. Pas dans un truc qui a le cul entre deux chaises et qui hésite entre spectacle familial et actioner old school.

Finalement, au bout de 102 minutes de torture, on se dit que le film a choisi tout seul : être une daube.

Crédits photos et résumé : Legendary Pictures, Universal Pictures.

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