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AQUAMAN - la critique

AQUAMAN - la critique

Aquaman, écrit par David Leslie Johnson-McGoldrick et Will Beall d'après une histoire de Geoff Johns, James Wan et Will Beall tirée des personnages créés par Paul Norris et Mort Weisinger. Avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Dolph Lundgren, Nicole Kidman. USA / 143mn. Sortie le 19 décembre 2018.

Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

Beau gosse, hein ?..

Beau gosse, hein ?..

Un restaurant chic niché au fond d’une petite ruelle. Une douce musique s’échappe des fenêtres entrouvertes : du Chopin ? du Bach ?.. Rapprochons-nous pour en avoir le coeur net.

À mesure que nos bottines Vuitton battent le pavé, on ne peut s’empêcher de jeter un oeil admiratif aux Lamborghini, Rolls et autres voitures garées dans la ruelle et dont le moindre accessoire équivaut au PIB de la Roumanie : c’est la grande classe. En passant devant la vitrine d’un bijoutier, et tout en admirant une montre à 100 000 boules, on se refait une petite beauté : ajustement de la cravate Kooples, remise en place du costard Burberry et sourire Colgate. On assure grave.

On entre dans le restaurant. C’est bien du Chopin. En plus d’être beau, on a l’oreille.

Une hôtesse d’accueil s’approche et nous invite à prendre place dans la salle principale.

C’est splendide. Ambiance tamisée, odeurs subtiles et délicates qui nous emportent dans un ailleurs idyllique. Amis poètes, bonsoir.

On s’assoit et on réprime un râle de plaisir tellement le fauteuil est confortable.

Après un apéritif constitué d’un whisky vieux de 72 ans et de toast sur du pain de seigle délicatement cuit au feu de bois, le serveur s’approche d’une démarche souple et légère. Sourcil levé et fine moustache : il semble échappé d’un album de Blake et Mortimer.

On commande : les pâtes aux truffes. Simplicité, bien entendu.

Le serveur nous demande si on prendra un Domaine de la Romanée-Conti Grand Cru pour accompagner le repas. 

Et là, c’est le drame. 

- Non merci, un Coca fera très bien l’affaire...

Le serveur manque de s’évanouir., la musique s’arrête et tout le monde nous regarde. L’hôtesse d’accueil tente même de s’ouvrir les veines avec la tranche d'un menu…

Toute cette classe, tout ce bon goût pulvérisé en un instant. Comme une Jaguar coincée sur un parking de Normandie, aux mains d’une bande de jeunes adeptes du tuning, avec du Jul dans les enceintes…

- Bordel, c'est quoi le rapport ?..

- Bordel, c'est quoi le rapport ?..

Le rapport ?

Aquaman, c'est ça : un mets délicat qu'on arrose d'un soda qui, inévitablement, nous fera ponctuer le repas d'un rôt libérateur. Toute scène un tant soit belle est suivie d'un effet numérique hideux, tout développement narratif excitant se voit suivi d'une bonne grosse blague que même le tonton bourré de tous les mariages n'a plus la force de faire avec 3,2g dans le sang...

Certains appellent ça de la générosité sans limites et/ou du fun en barres. On peut aussi trouver ça un peu gênant.  

Mais, et c'est là que James Wan fait fort, c'est que ce n'est même pas détestable : malgré ces errances douteuses (quelques fonds verts dignes d'un écran de veille Windows XP), certains costumes piqués dans le hangar des Power Rangers et un Jason Momoa aux deux expressions faciales (cool et en colère), Aquaman divertit. Si on le compare à la daube Justice League, c'est même un chef-d'oeuvre. C'est dire !

Les nombreuses et très variées séquences d'action dépotent, le rythme est suffisamment soutenu pour qu'on ne soit jamais vraiment tenté de regarder sa montre et il y a un plaisir évident qui transparaît à chaque péripétie, baston et/ou vanne. Comme je le disais plus haut, ça ne marche pas à tous les coups (le début et son attaque de sous-marin où chaque réplique de Momoa est ponctuée par un riff de gratte... comme un sketch des Nuls !) mais James Wan croit dur comme fer en ce qu'il raconte, en ce qu'il montre. Alternant le film d'aventures, l'épopée SF et le conte, Wan fonce droit devant sans se soucier de savoir si les limites de bon goût ont été atteintes et/ou dépassées. Il se fait plaiz quoi !

Dommage que cet enthousiasme se heurte parfois à notre envie d'un spectacle plus structuré...

Moins d'un mois après sa sortie, le film est déjà milliardaire et se révèle être le plus gros succès du DC Extended Universe... devant Man of Steel, Batman v Superman ou encore Wonder Woman confortant ainsi la Warner dans son envie d'en finir avec la vision sombre et torturée du genre autrefois portée par Zack Snyder. Et ça, on peut très clairement le regretter...

Crédits photos et résumé : Warner Bros. Pictures, DC, AlloCiné.

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