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AVENGERS : ENDGAME - la critique

AVENGERS : ENDGAME - la critique

Avengers : Endgame, écrit par Christopher Markus & Stephen McFeely d'après les comics de Stan Lee et Jack Kirby. Réalisé par Anthony Russo & Joe Russo. USA / 182 mn. Sortie le 24 avril 2019.

Thanos ayant anéanti la moitié de l’univers, les Avengers restants resserrent les rangs dans ce vingt-deuxième film des Studios Marvel, grande conclusion d’un des chapitres de l’Univers Cinématographique Marvel.

Après 11 ans et 22 films (en comptant cet opus) au compteur, le Marvel Cinematic Universe s'est imposé dans le paysage cinématographique mondial comme un mastodonte impossible à terrasser, fédérateur au-delà de l'imaginable et "instigateur" d'une narration (l'univers partagé) qui a petit à petit contaminé la production hollywoodienne...

Avec Avengers : Endgame, promis comme l'aboutissement de tout ce qui a été entamé depuis le premier Iron Man en 2008, Marvel se devait de marquer le coup, d'un point de vue à la fois critique, narratif et commercial.

Verdict ?

- Direction : la banque !

- Direction : la banque !

Si les résultats hallucinants au box-office prouvent que le public ne se lasse pas des super-héros et de leurs aventures XXL, permettant ainsi de payer aux actionnaires de chez Disney des vacances Grand Luxe aux Caraïbes jusqu'en 2037, le film de Joe et Anthony Russo a aussi sur les épaules le poids certain de tout ce que les précédents films du MCU ont mis en place. Certes, leur Avengers : Infinity War s'était déjà chargé d'offrir une mise en bouche plutôt réjouissante mais le fait est qu'Endgame a pour mission d'offrir une conclusion on ne peut plus satisfaisante à l'arc Thanos ET aux super-héros que l'on accompagne depuis une décennie. Gros challenge que d'harmoniser tout ça, non ?

Avec ses 182 minutes au compteur, le film laissait présager d'une narration ample et généreuse, dévouée à lier (et délier) les fils d'une intrigue globale on ne peut plus maousse... Hélas, on est assez loin du compte.

- Je crois qu'il est déçu...

- Je crois qu'il est déçu...

Les deux plus belles séquences d'Avengers : Endgame se trouvent en début et en fin de métrage et elles ne donnent à voir aucune baston, aucun effet spécial de folie ni explosion ayant nécessité 12 iMac tournant à plein régime : seulement ses personnages. Et de l'émotion. 

Parce que ce dernier volet des Avengers vient une nouvelle fois prouver que le Marvel Cinematic Universe, et tous ceux qui apportent une pierre à son édifice (réalisateurs, scénaristes, comédiens...), n'est jamais meilleur que lorsqu'il met en scène les personnages qui l'habitent et que l'on suit maintenant depuis plus de dix ans, vingt films et autres séries télévisées (Agents of SHIELD, Agent Carter)... L'intro d'Endgame est à ce titre une déflagration émotionnelle très forte et traumatisante (et qui rappellera aux nostalgiques de The Leftovers quelques douloureux moments) mais dont on ne trouvera quasiment plus d'équivalent dans les trois heures qui vont suivre. Si la première demi-heure surprend agréablement par ses pistes narratives et son ton amer et dépressif, et ce dans la continuité de ce qu'Infinity War annonçait, le reste du métrage va malheureusement se mettre à cocher petit à petit toutes les cases qu'il ne fallait pas et que le précédent opus était parvenu à éviter : rythme en dents de scie, humour lourdaud, rebondissements téléphonés et mise en scène en berne... 

- Laissez mon bide tranquille !

- Laissez mon bide tranquille !

Par la grâce d'une astuce narrative dont je tairai la teneur pour ne pas spoiler celles et ceux qui ne se sont pas encore rués dans les salles obscures, Avengers : Endgame lance son deuxième acte avec... un détachement qui laisse assez pantois. Et un peu énervé, je le reconnais.

Si on ne s'attendait certes pas à ce que le film reste sur une note dépressive pendant trois heures (et c'est dommage, ça aurait montré une certaine audace...), on aurait quand même aimé que cet élément narratif annonçant l'aventure ultime pour sauver l'Humanité ne soit pas traité avec ce manque aussi flagrant de suspense, d'émotion et de surprise. On assiste ainsi, éberlué, à une succession de saynètes n'ayant semble-t-il pour but que de flatter les spectateurs dans le sens du poil à grands coups de coude dans les côtes du style : "T'as vu, t'as vu les clins d'oeil ?.. C'est top, hein ?"

Aucune consistance, aucun réel impact : les Russo et leurs scénaristes abordent donc ce film supposé "terminal" avec un relâchement et une facilité qui ont de quoi laisser circonspect... Où est passé le tragique d'Infinity War ? Où est la mise en scène inspirée de Captain America - Le Soldat de l'Hiver ?..

On ne sait pas. Ou si, on sait : pas dans cet Endgame beaucoup trop long, peu inspiré (aucune séquence dont on se souviendra dans ne serait-ce que deux mois...) et qui redonne à voir quelques-uns des pires travers des films Marvel (le running gag sur Thor... pitié...).

Si certains moments arrivent certes à nous faire vibrer (je ne dirai rien, promis !) et à toucher notre corde sensible, cet aboutissement de trois phases du MCU n'est absolument pas LE film ultime vanté ici et là, le soi-disant blockbuster amené à "enterrer-les-autres-tellement-il-est-trop-bien"

- Je suis fatigué, moi...

- Je suis fatigué, moi...

Malgré cela, les derniers instants du film nous redonnent de l'espoir et font taire notre envie de revendre tous nos Blu-ray des films précédents : par la grâce d'une scène tout simplement belle, clôturant avec un sens du romantisme auquel on ne croyait pas (plus ?) l'arc du meilleur personnage de cet univers, Endgame nous touche au coeur. Si nos glandes lacrymales avaient déjà été mises à rude épreuve quelques instants plus tôt, c'est cette conclusion qui enfonce le clou et laisse espérer que Marvel en a encore sous le capot. 

Une page s'est tournée, pas de la manière la plus heureuse, mais c'est ce qui va se passer APRÈS qui nous intrigue maintenant. Et c'est Spider-Man : Far From Home qui va se charger de clôturer officiellement cette Phase 3 du MCU... Après la grosse déception qu'avait représenté le premier opus (Homecoming), je ne donnais pas cher de cette suite toujours signée Jon Watts : la deuxième bande-annonce vient néanmoins de tempérer mes craintes et je serai donc en salles pour voir le voltigeur gérer l'après-Endgame...

Ils sont forts : à chaque fois, je craque.

Crédits photos et résumé : Marvel Studios, AlloCiné.

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