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CAPTIVE STATE - la critique

CAPTIVE STATE - la critique

Captive State, écrit par Erica Beeney & Rupert Wyatt. Réalisé par Rupert Wyatt. Avec John Goodman, Ashton Sanders, Vera Farmiga, Jonathan Majors, Machine Gun Kelly. USA / 109 mn. Sortie le 03 avril 2019.

Les extraterrestres ont envahi la Terre. Occupée, la ville de Chicago se divise entre les collaborateurs qui ont juré allégeance à l'envahisseur et les rebelles qui les combattent dans la clandestinité depuis dix ans.

 

CAPTIVE STATE - la critique

On attendait beaucoup du nouveau film de Rupert Wyatt.

Réalisateur du très bon La Planète des Singes : Les Origines, reboot de la célèbre saga que Matt Reeves viendra parfaire via ses deux excellents opus suivants (L'Affrontement et Suprématie), le britannique se révélait être une valeur plutôt sûre pour tout spectateur désireux de voir un spectacle SF adulte et s'éloignant des standards actuels du cinéma hollywoodien.

À une époque où les blockbusters "made in Marvel" sont devenues la norme, où les remakes/suites/adaptations et autres joyeusetés bourrées d'effets spéciaux mais écrites avec les pieds semblent avoir remplacé toute trace de créativité (voir les échecs en salles des oeuvres qui se veulent différentes, tel À la poursuite de demain ou Jupiter Ascending), les premières images de Captive State redonnaient de l'espoir. Comme une extension du thème du film lui-même, à savoir la résistance face à l'envahisseur, le nouveau long-métrage de Rupert Wyatt jouait lui aussi la carte de la rébellion. Rébellion face à l'uniformisation des blockbusters US, rébellion face à l'uniformisation du divertissement désormais à la main des costards-cravates et non plus des créatifs... 

Malgré ses critiques peu flatteuses, son bide au box-office US (7 millions de $ de recettes pour un budget de 25...) et sa sortie on ne peut plus confidentielle par chez nous, la question est de savoir si Wyatt a malgré tout réussi son coup. Et si, par extension, il peut se placer du côté des artistes incompris tels Brad Bird et les Wachowski dont les derniers opus furent malheureusement boudés en salles...

CAPTIVE STATE - la critique

La volonté de centrer le récit sur un petit groupe d'individus, là où n'importe quel blockbuster récent aurait misé sur l'action et le déferlement de SFX à-t'en-faire-péter-la-rétine, se révèle être le point fort de Captive State. Fortement influencé par le cinéma de Jean-Pierre Melville, et notamment de son chef-d'oeuvre L'armée des ombres, Rupert Wyatt nous amène dans l'intimité de résistants préparant une attaque visant à déstabiliser le pouvoir en place et ne déviera jamais de cette trajectoire volontairement "en retenue" : ce qui l'intéresse, ce n'est pas spécialement l'action en elle-même mais ceux qui la font et ce que cela implique, tant au niveau des choix, des sacrifices que des idéaux et plus largement des symboles véhiculés par cette volonté de se battre "contre".

En découle ainsi une narration âpre et qui ne viendra jamais brosser le spectateur dans le sens du poil. Encore une fois, à l'heure où le cinéma hollywoodien semble ne plus avoir confiance en son public et craint de trop le bousculer au moindre changement, la démarche de Rupert Wyatt est on ne peut plus louable, d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une mise en scène en totale rupture avec les standards actuels : montage acéré, écriture au cordeau, effets spéciaux réduits au minimum... 

Malheureusement, en dépit de ces indéniables qualités, Captive State manque de ce petit quelque chose qui pourrait lui faire atteindre les sommets. Et ce petit quelque chose, c'est le coeur. Il manque en effet au film de Wyatt l'émotion nécessaire au spectateur pour qu'il puisse totalement s'impliquer. Si sa narration plutôt complexe est une nouvelle fois à saluer, permettant aux spectateurs de ne pas avoir quinze wagons d'avance sur les personnages, elle est également ce qui paralyse le film : dur en effet de s'attacher et/ou de s'accrocher lorsque les tenants et les aboutissants du récit peinent à éclore et que les retournements de situation nécessaires à l'émotion tardent trop...

Vraiment dommage que cette froideur vienne gâcher le potentiel de cette petite série B au suspense prenant !

Crédits photos et résumé : Focus Features, AlloCiné.

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