Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

JOHN WICK : PARABELLUM - la critique

JOHN WICK : PARABELLUM - la critique

John Wick : Chapter 3 - Parabellum, écrit par Derek Kolstad, Shay Hatten, Chris Collins et Marc Abrams d'après une histoire et des personnages créés par Derek Kolstad. Réalisé par Chad Stahelski. Avec Keanu Reeves, Halle Berry, Laurence Fishburne, Ian McShane, Mark Dacascos, Lance Reddick, Anjelica Huston, Asia Kate Dillon. USA/131 mn. Sortie le 22 mai 2019.

John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. "Excommunié", tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.

JOHN WICK : PARABELLUM - la critique

À la sortie de John Wick premier du nom, on s'était marrés, soyons honnêtes : un ancien tueur à gages, légende parmi les légendes, reprend du service parce qu'un type a piqué sa caisse et buté son clebs. Voilà. Même pour un film entre potes filmé avec caméscope, on aurait hésité à proposer un truc aussi mince...

Pas David Leitch, ni Chad Stahelski, les deux réalisateurs à la barre : déterminés à mettre en boîte de réjouissantes fusillades et des empoignades aussi jouissives que brutales, les deux anciens cascadeurs avaient remporté leur pari haut la main et fait taire une bonne partie de leurs détracteurs en livrant une bonne petite série B, pas dénuée de défauts (beaucoup trop répétitive dans l'action...), mais diablement excitante.

Trois ans plus tard, et alors que l'on craignait que la franchise ne s'embourbe dans les tréfonds du nanar ("Ils vont flinguer son chat cette fois ?", "Oh, ils ont abîmé sa boîte aux lettres, il va tous les flinguer !"), John Wick 2 passait la seconde et se révélait comme l'un des actioners les plus frappés de ces dernières années, alternant avec un plaisir hautement communicatif les idées de mise en scène dinguissimes (le début), les fusillades over-the-top et ce, toujours emmené par le très charismatique Keanu Reeves. Bref, on s'était pris une mandale et on en redemandait. 

Et comme on est à Hollywood et que l'idée de franchise est devenue l'un des enjeux majeurs de toute l'industrie cinématographique actuelle, voilà tout logiquement John Wick 3 qui déboule dans les salles obscures.

Oui mais voilà : opus de trop ou coup de latte dévastateur ?

La deuxième réponse mes amis ! Au bout de 2h21 d'action débridée, de cascades démentes et de gunfights homériques, on ressort avec un sourire béat et l'envie irrésistible de s'enchaîner la deuxième séance. De nouveau seul aux manettes après John Wick 2, Chad Stahelski frappe fort. Encore une fois, le film n'est pas dénué de défauts (on y revient plus bas)... mais quel pied !

JOHN WICK : PARABELLUM - la critique

En effet, si vous êtes entrés dans la salle dans l'espoir :

1) d'échapper à la chaleur

2) d'en avoir pour votre argent ?

Bim, c'est gagné ! De sa première à sa dernière bobine de John Wick : Parabellum est un pur bonheur pour celles et ceux qui ont été biberonné(e)s à l'action pure et dure.

Et ça commence illico : suite directe de l'opus précédent, Parabellum ouvre les hostilités avec une première partie absolument démentielle : entre une baston géniale dans une bibliothèque (vous ne regarderez plus jamais un livre de la même façon...), une poursuite cheval/moto qui débourre, des types qui se font éclater la tête à coups de sabot ou bien encore un combat de malade entre John Wick et plusieurs assaillants où tout le monde se balance différentes armes blanches qui leur tombent sous la main, Parabellum offre à nos regards médusés de purs morceaux de péloche bien bourrins et on se demande, entre deux démastiquages on ne peut plus jouissif, si Stahelski (et sa bande de cascadeurs complètement fous) va être capable de tenir le rythme. Et éviter ainsi le principal écueil que l'on pouvait faire aux précédents opus, à savoir cette sensation de redite qui pointait parfois lors des séquences d'action...

Rien de tout ça ici.

Généreux comme c'est pas permis, John Wick : Parabellum est aussi et surtout constamment scotchant dans sa façon de se réinventer et de prendre des risques dans ses différents morceaux de bravoure. Et quand je dis "prendre des risques", il ne s'agit pas seulement d'un cascadeur qui va nous faire pousser une exclamation aussi classe qu'un "Oh put***, le taré !", il s'agit surtout de la mise en scène sans cesse en mouvement et en changement de Chad Stahelski : variation des décors (sublimés par la superbe photo de Dan Laustsen), variation des combats, des armes, parfois au sein d'une même séquence d'action... tout est fait pour nous embarquer, nous terrasser et nous surprendre constamment. On est ainsi pas prêt d'oublier l'incroyable séquence d'action située à Casablanca où notre bon ami John et Halle Berry s'échappent d'un immense domaine en flinguant à tout va, aidés par des chiens qui chopent ici et là quelques bad guys récalcitrants... Du bonheur en barre superbement chorégraphié, tout simplement.

Et quant au final, hommage on ne peut plus ludique aux jeux vidéo où l'on monte d'étage en étage pour arriver au grand méchant, il nous donne à voir une succession d'empoignades et de fusillades d'une inventivité folle pour lesquelles on ne peut que s'extasier d'admiration. 

JOHN WICK : PARABELLUM - la critique

Malheureusement, entre ces séquences d'action qui déchirent... il faut bien raconter quelque chose. Et c'est là que le bât blesse. 

Comme avait pu le faire précédemment la franchise Pirates des Caraïbes, John Wick : Parabellum tente de cacher ses faiblesses scénaristiques... en en rajoutant des couches. C'est pas logique ? En effet... Entre le passé de John Wick (mystérieux, bien entendu, histoire d'avoir de quoi tenir sur le 4), les talismans, les pièces, la grande organisation de super tueurs disséminés au quatre coins du monde, les personnages secondaires nombreux et le plus souvent mal utilisés, quelques retournements de situation complètement cons (le final...), ce troisième opus n'arrive pas à capitaliser sur les pistes lancées précédemment, notamment dans un John Wick 2 qui nous faisait à l'époque bien saliver quant à son univers étendu et ses ramifications jouissives. 

Pas de quoi entacher le capital sympathie énorme de Parabellum, soyons clairs là-dessus. Certain(e)s y verront peut-être une faiblesse de ma part mais... oui, j'avoue : quand je me prends en pleine poire des séquences d'action de cette trempe et qui me collent la banane pendant plus de deux heures, je suis faible. 

Donc, vive John Wick 3. Et vivement John Wick 4. C'est dit !

Crédits photos et résumé : Lionsgate, AlloCiné.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article