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ANNA - la critique

ANNA - la critique

Anna, écrit et réalisé par Luc Besson. Avec Sasha Luss, Cillian Murphy, Luke Evans, Helen Mirren. France / 118 mn. Sortie le 10 juillet 2019.

Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.

ANNA - la critique

Donc, Besson est allé au cinéma pour se changer les idées : il a vu Red Sparrow et Atomic Blonde.

Échec de Valérian et la Cité des Mille Planètes, accessoirement plus gros budget du cinéma français avec ses 197 millions d’euros de budget), grosses difficultés financières pour sa société EuropaCorp (qui devrait être rachetée par les américains…), accusations d’agressions sexuelles… les deux dernières années ont été on ne peut plus catastrophiques pour Luc Besson et son empire.

La solution trouvée par le réalisateur du carton international Lucy ?..

Bah, aller au cinoche et mater des Blu-ray sur son écran 127 pouces avec barres de son 2500 Watts ! Enfin, j’imagine qu’avec les pépettes récoltées grâce au film où Scarlett Johansson se transforme en clé USB (je plaisante, il est sympa Lucy), Besson a une installation qui déboîte, bien insonorisée pour pas gêner les voisins et pour pas entendre les quolibets d’une presse souvent prompte à lui tailler un costard à chaque sortie d’une de ses productions…

Donc, Besson est allé au cinéma pour se changer les idées : il a vu Red Sparrow et Atomic Blonde. A-t-il pris du pop-corn ? On ne sait pas. Mediapart ne sait pas.

Et puis il a aussi maté les deux premiers volets de John Wick

Et tous ces films, il les a aimés. Beaucoup même. Comment je le sais ? Parce que j’ai vu Anna

Qui est un mix de Red Sparrow, d’Atomic Blonde et de John Wick. En moins bien.

 

ANNA - la critique

Nom de l'opération : Deux heures pour écrire un scénar' !

Et Luc, il a dû sentir que c’était moins bien : alors, il a pompé un autre film pour vraiment mettre toutes les chances de son côté.

Mais comme il a vu que Gad Elmaleh avait quelques petits soucis avec le plagiat, il a eu une idée de génie pour pas se faire emmerder : se plagier lui-même. Genius, vraiment ! Bah oui, faudrait vraiment être con pour s’intenter un procès à soi-même ! Donc, il a revu Nikita… De lui hein, pour les plus étourdis du fond.

Et voilà : une feuille A4, un synopsis qui tient sur quatre lignes, l’ancien script de Nikita et un peu de blanco. Nom de l'opération : Deux heures pour écrire un scénar' !

Hop, on change les prénoms, les décors, on met des vilains russes et des gentils ricains (ou l'inverse, ça dépend des rebondissements) et on cale deux-trois scènes d'action qui reprennent les gimmicks d'Atomic Blonde et de John Wick et emballé, c'est pesé. Il est tout juste 16h et Luc vient de finir son scénario. En moins d'une heure. Yes !

Le résultat est d'une désespérante platitude.

ANNA - la critique

[...] Anna déroule ses deux heures d'intrigue avec la finesse d'une blague de Jean-Marie Bigard.

De la première à la dernière bobine, souffle le vent de la facilité. De la facilité et des grosses ficelles. 

Emmené par un casting qui n'y croit pas (Luke Evans et Helen Mirren attendent très clairement leur chèque) ou qui peine à faire partager son enthousiasme (Sasha Luss, elle, semble y croire...), Anna déroule ses deux heures d'intrigue avec la finesse d'une blague de Jean-Marie Bigard. Jamais surprenant (faut vraiment n'avoir vu aucun film d'espionnage pour être surpris par les retournements de situation du bouzin), bourré d'incohérences ou d'anachronismes (le PC portable d'Anna plus performant à la fin des années 80 que celui de ma mère aujourd'hui) et se prenant méchamment au sérieux, le nouveau film de Besson est d'une maladresse rageante. Le tout sans jamais proposer quoi que ce soit de spectaculaire.

Pourquoi rageante ?

Parce que Luc Besson a été bon. Subway, Léon, Nikita, Le Cinquième Élément ou même l'injustement décrié Valérian et la Cité des Mille Planètes ont prouvé qu'il avait un regard, une patte identifiable tant dans le fond (une sorte de poésie, de naïveté) que dans la forme (mise en scène inspirée et stylisée).

Malheureusement, ses nombreuses productions bas du front (Taken 2 et 3, les Taxi, Colombiana) semblent avoir eu raison de son talent : Anna, avec sa réalisation anonyme et sa narration faussement complexe (Besson semble avoir découvert les flash-backs, il en case un toutes les trois minutes...), en est la nouvelle preuve.

Et ce qui aurait dû être une planche de salut pour le metteur en scène du Grand Bleu, à savoir une série B efficace à petit budget (et destinée à remplir les caisses d'EuropaCorp), de se transformer au fur et à mesure en une série Z de très bas étage...

Crédits photos et résumé : EuropaCorp, AlloCiné.

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