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ÇA : CHAPITRE 2 - la critique

ÇA : CHAPITRE 2 - la critique

It : Chapter Two, écrit par Gary Dauberman d'après le roman de Stephen King. Réalisé par Andy Muschietti. Avec James McAvoy, Bill Hader, Jessica Chastain, Bill Skarsgard. USA - 169 mn. Sortie le 11 septembre 2019.

27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu'on signale de nouvelles disparitions d'enfants, Mike, le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d'abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

- Tu veux voir un mauvais film, fillette ?

- Tu veux voir un mauvais film, fillette ?

Avec plus de 700 millions de dollars de recettes à l'international, Ça est devenu le film d'horreur le plus rentable de l'Histoire. Adapté de l'oeuvre culte de Stephen King, le film d'Andy Muschietti s'était révélé, à défaut du chef-d'oeuvre vanté ici et là par certains, être une sympathique surprise, un moment de flippe idéal pour un samedi soir entre potes.

Ou un samedi soir seul, ce qui était mon cas.

Bref, des chiffres qui ont fait tourner la tête des exécutifs de chez Warner, tout contents à l'idée de s'acheter une nouvelle Lamborghini pour Noël, et qui les ont poussé à donner carte blanche à Muschietti pour un deuxième opus annoncé quelques jours à peine après la sortie du premier.

Ça se comprend : l'argent coule à flots, les couloirs de chez Warner respirent la joie de vivre (tout le monde se ballade avec un ballon rouge, enfin j'imagine) et la plupart des fans de Stephen King, généralement toujours prêts à se trancher les veines dès qu'une adaptation du Maître déboule sur les écrans, semblent satisfaits du résultat. C'est ce qu'Hannibal Smith aurait appelé "un plan qui se déroule sans accroc".

Deux ans plus tard, le méchant clown est donc de retour dans les salles obscures. Pour quel résultat ?

Chef-d'oeuvre absolu de l'horreur ? Oh que non.

Bon divertissement alors ?.. Même pas.

Si Pennywise nous invite à descendre, parce qu'en bas "nous flottons tous", Ça : chapitre 2, quant à lui, coule.

- À nos impôts !!

- À nos impôts !!

Les premières minutes de cet ultime opus laissent pourtant présager du meilleur via une séquence d'introduction aussi choquante que terrifiante, et à la force graphique indéniable. Pendant une dizaine de minutes, on se dit que Muschietti n'a rien perdu de son talent à instaurer un malaise palpable et que Ça : Chapitre 2 pourrait entrer dans la cour des adaptations réussies de Stephen King, un club très select où beaucoup se sont pétés les dents sur la grille d'entrée. Au bout de trente minutes, on déchante aussi rapidement qu'un ballon qui pète et on subit le temps qui passe.

Lentement, très lentement. 169 minutes, bordel !

Enchaînant sans génie aucun et avec une redondance assez exaspérante les péripéties jamais impliquantes, tentant avec la plus grande peine du monde de faire de ses personnages principaux autre chose que des coquilles vides et délivrant ici et là quelques moments qui ne feraient même pas flipper ma mémé, Andrés Muschetti se prend les pieds dans le tapis bien comme il faut.

Malgré mes gros doutes quant à l'intérêt de changer la structure du roman de King (mélange des deux temporalités), le premier opus réussissait quand même à contourner les obstacles de ce choix narratif risqué (on ne se concentrait que sur les enfants) grâce à ses comédiens et à la mélancolie qui se dégageait de l'ensemble.

Malheureusement, ce Chapitre 2 ne suit pas le même chemin et rate totalement le coche : parce qu'il ne peut se contenter de rester seulement sur la partie adulte qui fonctionne dans le bouquin comme un miroir aux douleurs et blessures enfantines, le réalisateur et son scénariste tentent de muscler leur récit bancal via, justement, des flash-backs... qui ne font que confirmer que la partie avec les gamins est clairement celle qui fonctionne le plus. Pourquoi ? Peut-être parce que les jeunes comédiens ont plus de biscuit et jouent avec une vérité qui fait cruellement défaut aux adultes : excepté le très bon Bill Hader, les autres acteurs ne savent pas à quoi se raccrocher et livrent une prestation franchement médiocre (James McAvoy et Jessica Chastain ne sortent vraiment pas grandis de ce film...).

- Je suis là pour te faire peur. Si si, je t'assure.

- Je suis là pour te faire peur. Si si, je t'assure.

Donc, face à ce récit aussi palpitant qu'un épisode de Chair de Poule, il serait on ne peut plus tentant de se laisser aller à une certaine torpeur, emmitouflé dans notre couverture, le regard torve dirigé vers l'écran plat et en réfléchissant au prix auquel on pourra revendre le Blu-ray à Easy Cash... mais non. On ne peut pas : souvenez-vous, les séquences de flippe. Ben oui, impossible de pioncer peinard parce qu'il y a plein de moments où tout s'emballe : la musique, la lumière, les bruitages...

Là où le premier opus savait jouer du malaise provoqué par le simple jeu de Bill Skarsgard (Pennywise), cette partie finale joue les grands princes de pacotille : envolées stridentes, jump-scares bidons et effets spéciaux numériques pas toujours réussis, on tente, coûte que coûte et par tous les moyens de nous faire sursauter. Mais pas de peur, malheureusement : boursouflée et boîteuse, la partie horrifique de Ça, et c'est quand même en partie pour cet aspect qu'on s'est déplacé en salles ou qu'on a acheté la galette, est un ratage quasi-complet où le montage à la ramasse annihile toute idée de mise en scène. À sauver toutefois, parce qu'il s'y dégage enfin un petit quelque chose : l'attaque sous les gradins et la rencontre de Beverly avec une grand-mère un peu chelou. C'est bien peu.

« Découvrez comment Ça se termine » qu’ils disent sur l’affiche...

Vous l'aurez compris : pas bien.

Crédits photos et résumé : Warner Bros. Pictures, AlloCiné.

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