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RAMBO : LAST BLOOD - la critique

RAMBO : LAST BLOOD - la critique

Rambo : Last Blood, écrit par Matthew Cirulnik & Sylvester Stallone d'après une histoire de Dan Gordon et Sylvester Stallone et le personnage créé par David Morrell. Réalisé par Adrian Grunberg. Avec Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, Yvette Monreal. USA/99 mn. Sortie le 25 septembre 2019.

Cinquième épisode de la saga Rambo.

Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.

C'est une étrange sensation qui nous enveloppe à la sortie de la salle, alors que résonnent encore les dernières notes du score de Brian Tyler... et les dernières rafales de plomb envoyées par notre ami John à la face de méchants mexicains qui ne connaissaient clairement pas son passif au moment de venir lui chercher des noises. 

Déjà, on est rassuré. Non, et contrairement à ce que certains ont pu écrire et/ou dire, ce cinquième et dernier opus des aventures de Rambo n'est pas une purge telle qu'avait pu l'être le Die Hard 5 signé John Moore, cet étron filmique qui me donne encore des frissons de honte rien que d'y repenser. Ouf. Le film n'est pas fou, on y revient dans un instant, mais ça va, on est loin de la sortie de route décrite ici et là par pas mal de critiques anglo-saxonnes.

Mais le fait est que certains passages de cette série B crépusculaire (c'est en partie raté) et bourrine (c'est en partie réussi) frôlaient dangereusement, et souvent, avec le Z qui tâche. Dialogues ineptes et surexplicatifs, mise en scène impersonnelle et fonctionnelle, photographie assez dégueulasse et script en mousse : le quota de mauvais points est largement dépassé au bout de quelques minutes de métrage et pourtant...

Pourtant, on ne déteste pas.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que cet opus de Rambo, qu'on qualifiera sans mal de plus faible de la saga, mérite notre indulgence alors que les dernières aventures de John McClane donnaient envie de se crever les yeux avec un Bic ?

RAMBO : LAST BLOOD - la critique

La réponse tient en un nom. Sylvester Stallone.

De tous les plans, l'acteur aux 70 printemps tient le film sur ses larges épaules et nous émeut à plusieurs reprises en nous faisant ressentir toute la mélancolie, toute la fatigue de son personnage incompris et rejeté. Il suffit de le voir entrer dans un plan, corps massif et visage buriné, pour que la mythologie, à la fois ramboienne et stallonienne, fasse son travail et nous serre le coeur. Parce que de tous les acteurs d'actioners des 80's, souvent malheureusement réduits à leurs gros bras et aux nombres de macchabbées laissés sur le bord de la route (Schwarzenegger, Willis, Seagal, Van Damme...), Sylvester Stallone s'est révélé le plus passionnant et le plus émouvant.

Tout au long d'une riche carrière faite de hauts (Oscars, succès publics...) et de bas (gros flops, incompréhension critique...), l'inoubliable interprète de John Rambo n'aura eu de cesse de montrer à quel point il est un comédien d'exception, profondément sentimental, ainsi qu'un réalisateur plus que solide (le déchirant Rocky Balboa).

Bien sûr, tout cela tient de l'affect. 

RAMBO : LAST BLOOD - la critique

Quelqu'un pour qui Stallone a toujours été et reste un gros dur juste bon à éradiquer les bad guys par paquet de douze ne trouvera pas en Last Blood de quoi le faire changer d'avis.

Par contre, pour celui qui a été biberonné aux péloches d'action décomplexées et a usé jusqu'au bout ses VHS, pour celui qui s'est pris en pleine figure la force du jeu de Stallone (Copland, Rocky Balboa, Creed...), c'est la nostalgie qui prend le dessus et permet de faire passer la pilule. C'est pas super bien filmé, au point qu'on se demande parfois si on ne mate un DTV sur NRJ12, les enjeux sont trop survolés, la caractérisation des seconds rôles est inconsistante (les méchants sont super méchants, point barre) mais la puissance qui émane du personnage de Rambo, la lassitude et la rage qui transpirent au détour d'un geste ou d'une réplique collent régulièrement des frissons.

Si le traitement qu'il applique à son personnage de vétéran n'est pas aussi touchant que celui appliqué au moment du dernier Rocky et lors de son retour dans les deux volets du spin-off Creed, le fait est que Stallone réussit tout de même à lui offrir une évolution logique, désabusée et en parfaite adéquation avec une Amérique plus que jamais malade et sinistrée, dans laquelle il ne trouve toujours pas sa place. La fin de l'opus précédent nous avait amené à croire qu'en revenant dans le ranch familial, John Rambo rentrait enfin "chez lui", en paix avec lui-même et son pays. Last Blood vient nous rappeler qu'il n'en est rien et que la seule chose capable de faire tenir un homme de guerre tel que lui, c'est la violence. Il est en marge (il n'est bien que dans "ses tunnels) et la surface, le monde, n'ont absolument aucune forme d'espoir à lui apporter. Même s'il a pu y croire un instant avec sa "famille" recomposée.

Ne reste donc plus, alors qu'on vient de lui arracher ce rayon de soleil, à faire parler la poudre. Et là, ça fait mal.

Pas autant que lors du final barbare du précédent opus, mais mal quand même ! Ce qui fait sacrément du bien, oh que oui. Je vais essayer de ne pas passer pour un psychopathe mais il faut reconnaître que la partie finale, séquence d'action bourrine et gore, a de quoi ravir les amateurs de tripailles et tous ceux qui trouvent le cinéma d'action moderne beaucoup trop timoré. Ça charcle, ça décapite, ça mitraille, ça éventre... et ça le fait. Y'a un léger abus de CGI mais cette décomplexion dans le gore outrancier est on ne peut plus salvatrice et il est bien difficile de ne pas réprimer un sourire lorsqu'un bad guy s'avance tranquillement vers un piège tendu par Rambo et qu'on sait qu'il va sacrément morfler !

Loin d'être parfait, la faute à un script faiblard jamais rattrapé par une quelconque idée de mise en scène, Rambo : Last Blood n'en reste pas moins un émouvant chant du cygne : celui d'un personnage culte de la culture populaire trop souvent moqué mais également celui d'une certaine forme de cinoche qui sent la testostérone. Porté par l'interprétation puissante d'un Stallone violemment émouvant, le film d'Adrian Grunberg sort la tête de l'eau : malgré ces écarts vers le Z, c'est de la série B idéale pour un samedi soir pluvieux.

C'est bizarre : plus je repense au film (et plus j'écris dessus), plus je lui trouve des qualités...

 

Crédits photos et résumé : Metropolitan Filmexport, AlloCiné.

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