Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

MANGEZ DES POMMES !

MANGEZ DES POMMES !

C'est le 1er novembre dernier qu'Apple a lancé son service de créations originales... intitulé Apple TV+. Ce qui prête légèrement à confusion quant à l'utilisation et à l'ergonomie de la box de streaming de la firme à la pomme... qui s'appelle l'Apple TV. Oui, y'a un peu de quoi être paumé entre le contenu et le contenant. Mais bon, là n'est pas l'objet de ce billet hivernal. 

Non, le sujet c'est de savoir si les séries produites par Apple valent le coup d'oeil et un abonnement supplémentaire. Oui, un de plus : 4,99€ par mois. "Pas cher" me direz-vous. En effet. 

Sauf que ça peut commencer à faire beaucoup : sans parler de Disney+ qui va débarquer en mars prochain ou bien encore de HBO Max, le service SVOD de la Warner prévu pour 2020, Apple TV+ débarque dans des foyers qui sont susceptibles d'être déjà abonnés à Netflix, Amazon Prime ou bien encore OCS. À titre personnel, aux trois précédemment cités, s'ajoutait jusqu'à récemment Canal+ Séries : ça commence à faire un petit billet pour regarder ses programmes préférés. Dans cette guerre de contenus qui laissera forcément quelques belligérants sur le carreau, la firme de Steve Jobs se devait donc de proposer des programmes forts, à même de faire chauffer une nouvelle fois la carte bleue.

Et à en croire les premières critiques venues des USA au moment de la sortie d'Apple TV+, la déception était de mise. Entre le faible contenu proposé (quatre séries, un documentaire animalier et des programmes pour enfants) et son rythme de diffusion à l'ancienne (un épisode par semaine), les spécialistes n'ont pas été tendres. De même pour la qualité des programmes : et c'est justement ça qui va nous intéresser aujourd'hui. La qualité.

Parce que ok, il n'y a pas beaucoup à se mettre sous la dent devant Apple TV+ mais la quantité doit-elle primer sur la qualité. La réponse est pour moi clairement "non". Y'a qu'à voir le peu de choses qui m'intéressent désormais sur Netflix malgré les heures de programmes disponibles... Mais bon, autre sujet encore une fois.

Revenons à la firme à la pomme.

MANGEZ DES POMMES !

Portrait sans concession des coulisses d'une matinale télé aux Etas-Unis, où l'égo, les ambitions et la quête éperdue du pouvoir génèrent des tensions au sein de l'équipe. Parmi ces personnes qui aident l'Amérique à se réveiller, deux femmes tentent de tirer leur épingle du jeu. Et l'affaire n'est pas aisée dans ce milieu impitoyable, d'autant qu'il leur faut gérer en parallèle les crises de leur vie personnelle.

Fer de lance d'Apple TV+, The Morning Show est honnêtement la série qui me bottait le moins. Avec sa promotion basée principalement sur son casting cinq étoiles ("Jennifer Aniston est de retour à la télévision !", "Wow, y'a Reese Witherspoon et Steve Carrell aussi !") et son budget pharaonique (plus cher que Game of Thrones... alors que ça se passe dans des bureaux remplis d'iMac et de MacBook Air ?..), je m'étais déjà forgé une opinion plutôt négative du show, sorte de gros rouleau-compresseur promotionnel juste là pour appâter le chaland.

Au terme du pilote, je révisais très clairement mon jugement. Au terme des huit épisodes diffusés pour le moment... c'est l'un de mes coups de coeur de la rentrée, tout simplement.

Avec son écriture maîtrisée, son interprétation inspirée (Aniston fait oublier en quelques secondes les comédies romantiques à deux balles qui entachent sa fiche IMDb) et sa mise en scène très solide (merci Mimi Leder, venue d'Urgences, pour les deux premiers épisodes), The Morning Show est un vrai régal : ses intrigues se développent avec élégance et offrent une réflexion très fine sur le mouvement #MeToo et la dominante masculine dans les décisions qui régissent l'univers du divertissement américain, ses personnages prennent au fil des épisodes une envergure passionnante et les influences sorkiniennes (À la Maison Blanche, The Newsroom) que l'on ressent inévitablement ne sont en aucun cas un frein à l'énorme plaisir ressenti devant chacun de ses épisodes.

Drama prestigieux que les plus chagrins rangeront dans le cadre de la "télé à papa", c'est-à-dire un peu vieillotte, presque anachronique, et que le rythme de diffusion (un épisode par semaine, je le rappelle) viendra conforter, The Morning Show est pourtant sacrément addictif et ne mérite clairement pas les sales critiques qui lui sont tombées dessus. Gagnant au fil de ses épisodes une densité dramatique assez remarquable (l'épisode huit, une merveille de tension et de malaise), la série showrunnée par Kerry Ehrin (Bates Motel, Friday Night Lights) a tout à fait de quoi ravir les sériephiles en manque d'une certaine qualité estampillée 90's (Urgences, À la Maison Blanche, NYPD Blue) : laissez-lui le temps de s'installer dans votre salon.

MANGEZ DES POMMES !

Dans un futur lointain, alors que la race humaine a perdu la vue, la société a dû trouver d'autres façons d'interagir, de chasser, de construire et tout simplement de survivre. Cet équilibre est bousculé le jour où des jumeaux naissent avec la capacité de voir. Baba Voss, le patriarche, doit alors protéger son clan contre une reine puissante qui veut les détruire, persuadée qu'il s'agit de sorcellerie.

Deuxième série made in Apple TV+ dont je n'attendais pas grand chose : Jason Momoa en leader (il est sympathique le Jason mais de là à tenir un show sur ses épaules...), énième pitch post-apocalyptique avec des gros barbares qui se battent en peaux de bêtes dans des forêts, Francis Lawrence à la production et à la réalisation des deux premiers épisodes (le type qui a pondu Je suis une Légende et les trois derniers volets d'Hunger Games... ne fuyez pas !)... Bref, franchement pas de quoi se lever aux aurores pour  être sûr de ne pas rater le pilote.

Et puis voilà, passé un pilote justement faiblard, la série de Steven Knight (Peaky Blinders, Alliés) prend son envol et se révèle de plus en plus captivante. Boostée par sa direction artistique superbe (on voit où est passée la thune, pas de doute), ses interprètes convaincants (Momoa assure... et pas que dans le pétage de clavicule) et une mythologie intrigante bien amenée, See se révèle assez vite prenante. 

Encore une fois, on se demande d'où viennent ces mauvaises critiques. Y-aurait-il un Apple-bashing ?.. Non, quand même pas ?..

MANGEZ DES POMMES !

Imaginez un monde dans lequel la course à l'espace n'aurait jamais pris fin. Le programme spatial de la NASA est resté au coeur de la culture américaine et au plus proche des espoirs et des rêves de tout un chacun. Les astronautes de la NASA, véritables héros et rock-stars de leur époque, doivent gérer la pression qui pèse sur leurs épaules tout en gérant la vie de leurs familles.

Le projet qui m'attirait le plus... celui dont les premières images et les premières bribes de l'intrigue ont éveillé une très forte curiosité... et BANCO ! Dès son pilote hyper-solide, tant dans sa narration, sa mise en scène que dans sa caractérisation des personnages, For All Mankind frappe fort et juste : loin d'être un simple gadget, l'idée qui veut que les Russes aient été les premiers à poser le pied sur la Lune, permet de mettre en place toute une réflexion absolument remarquable sur l'échec et sur les rêves brisés d'une nation.

En mélangeant personnages réels (Nixon, Neil Armstrong) et personnages fictifs (excellente Wrenn Schmidt dans le rôle de Margo Madison), et en offrant une relecture assez jouissive de nombreux événements historiques de la fin des sixties et du début des seventies, la série créée par Ronald D. Moore (Battlestar Galactica, Outlander), Matt Wolpert et Ben Nedivi surprend, émeut et impressionne à chacun de ses épisodes. 

Avec cette dystopie fascinante qui rejoue le passé pour mieux écrire le futur, où l'émancipation des femmes, la Guerre Froide et la course à l'espace sont un terreau on ne peut plus fertile aux développements les plus réjouissants, Apple s'impose avec l'élégance et l'assurance d'une HBO des grands jours dans la guerre que se livrent les différentes plateformes.

L'une des meilleures séries de l'année ? Assurément.

MANGEZ DES POMMES !

Après avoir perdu son bébé, un coupe utilise une poupée à des fins thérapeutiques. Les choses virent cependant à l'étrange quand la mère engage une nourrice pour s'occuper de la poupée, et que les membres de la famille semblent en savoir plus sur la tragédie qu'ils ne le laissent savoir...

Au moment des premières infos dévoilées pour promouvoir sa future plateforme, la firme à la pomme n'a pas hésité à mettre en avant quelques grands noms qui avaient signé pour y produire des contenus originaux : Oprah Winfrey, J.J. Abrams, Steven Spielberg (le retour de ses Amazing Stories)... et M. Night Shyamalan.

Tombé en disgrâce critique et publique suite aux accueils plus ou moins mitigés reçus par Phénomènes, After Earth ou encore Le Dernier Maître de l'Air, le scénariste/réalisateur à l'oeuvre derrière des chefs-d'oeuvre tels que Sixième Sens, Signes et Incassable s'est refait une santé sous la houlette de Blumhouse Productions : The Visit, Split et Glass ont en effet démontré tout le talent de conteur du bonhomme et sa faculté à tisser des histoires aussi effrayantes que surprenantes. Le voici donc qui débarque sur Apple TV+, officiant sur Servant en tant que producteur exécutif et réalisateur.

Le résultat ? Au terme des trois épisodes disponibles pour le moment, et en espérant que la suite soit du même calibre, on peut dire que c'est une nouvelle réussite pour la plateforme de Tim Cook. Flippante, dérangeante et malicieusement oppressante, Servant se révèle être un petit régal pour tous les amateurs de frousse et de malaise. Que ceux qui craignaient qu'Apple ne livre que des produits aseptisés soient rassurés et foncent sans plus tarder sur cette fiction hautement addictive, sachant ménager suspense, atmosphère dingue, humour noir et mise en scène au cordeau

©Art Streiber

©Art Streiber

"Alors ?.. On s'abonne ou pas ?.."

C'est la question à 4,99€ et, pour moi, la réponse est oui. J'avoue ne pas comprendre les critiques formulées à l'encontre des shows estampillés Apple TV, alors que pas mal d'autres séries issues d'autres plateformes bénéficient d'une indulgence étonnante (hein Stranger Things, je parle de toi...) : bashing primaire à l'encontre de la firme, manière de lui faire "payer" son arrivée sur ce marché, déception vis-à-vis de programmes qu'on imaginait plus forts et plus innovants (ce qu'Apple revendique être chaque jour...) ?.. Un peu de tout ça à la fois je pense.

Et si je comprends tout à fait que le catalogue est assez ridicule en comparaison d'un Netflix, d'un Amazon Prime ou d'un Disney+, j'ai quand même envie de jouer au vieux con et dire que je préfère la qualité à la quantité. Et Apple TV+, niveau qualité, me satisfait pleinement : chaque semaine, j'attends avec impatience mes nouveaux épisodes et cette notion de rendez-vous, elle me manquait. 

Crédits photos et résumés : Apple, Art Streiber, AlloCiné.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article