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BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN - la critique

BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN - la critique

Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn), écrit par Christina Hodson d'après des personnages DC Comics. Réalisé par Cathy Yan. Avec Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett-Bell, Rosie Perez, Ella Jay Basco, Ewan McGregor, Ali Wong, Chris Messina. USA / 109mn. Sortie le 5 février 2020.

Vous connaissez l'histoire du flic, de l'oiseau chanteur, de la cinglée et de la princesse mafieuse ?
BIRDS OF PREY (ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE D'HARLEY QUINN) est une histoire déjantée racontée par Harley en personne – d'une manière dont elle seule a le secret. Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable – et le plus narcissique – de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n'a d'autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman…

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Avait-on besoin d'une suite/spin-off à Suicide Squad ? Non, clairement pas.

Je vous dirai bien d'aller vérifier par vous-même à quel point le film de David Ayer est une bouse infâme, écrite avec les pieds et filmée n'importe comment, mais j'ai un énorme cœur qui bat et vous ne méritez pas ça. Donc, je vous demande de me croire sur parole : Suicide Squad est une daube.

Mais cette daube, elle a cartonné. Et elle a même reçu un Oscar pour les maquillages et les coiffures. Bon, j'arrête là où je vais m'ouvrir les veines avec la paille de mon soda...

Donc, qui dit gros carton dit suite. Mais, en réponse aux mauvais retours qui sont tombés sur le coin de la gueule d'Ayer, les exécutifs de chez Warner ont rétropédalé aussi vite qu'un mélomane tombant sur Skyrock et se sont concentrés sur les meilleurs aspects de Suicide Squad : spoiler alert, ça leur a pris 2 minutes. Et ça a donné Margot Robbie et... Margot Robbie. Voilà, le reste (c'est-à-dire l'insupportable Joker de Jared Leto, Will Smith et le côté male gaze souvent bien gênant et qui, dans cette ère post #MeToo qu'est la nôtre, n'a plus ou prou sa place...) : direction la poubelle.

BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN - la critique

Et ce revirement, ça donne quoi ?

Le fait de s'éloigner de la volonté de départ de DC et Warner de construire un univers étendu à la Marvel (et qui s'était foiré avec les retours catastrophiques et parfois injustifiés rencontrés par les films de Zack Snyder) et de privilégier des one-shots pilotés par des réalisateurs dont on respecte le point de vue (le très surcôté Joker de Todd Phillips, le sympatoche mais rapidement oubliable Shazam ! de David F. Sandberg) est-il payant ?

Bah pas avec ce Birds of Prey tout boursouflé, soyons honnête !

Raté et foncièrement pénible, le blockbuster pop et acidulé (c'est pas moi qui le dis, c'est la promo !) signé Cathy Yan se la joue constamment malin avec ses effets supposés cool mais qui ne servent finalement que de cache-misère à un scénario complètement aux fraises : ainsi, pour masquer l'indigence d'une histoire qui tiendrait sur les 42 minutes d'un épisode de Gotham, Yan multiplie les arrêts sur image, les retours en arrière, les cartons qui t'expliquent qui est qui avec des dessins rigolos...

Du chic et de la fausse provoc' qui se voudraient choc mais qui ne sont que toc.

Comme Deadpool, quoi. Mais si, souvenez-vous, les deux trucs insignifiants avec Ryan Reynolds portés aux nues parce qu'il dit plein de "Fuck"...

BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN - la critique

Ajoutons à cela un discours féministe qui n'en porte que le nom et les intentions, où Harley Quinn nous assène toutes les trois répliques qu'elle en a fini avec le Joker, s'imaginant sûrement que cela suffit à remplir la promesse du titre original qui évoque une certaine émancipation, et il ne reste plus qu'à Birds of Prey ses rares séquences d'action pour tenter de relever la barre.

Là aussi, c'est raté et on en aura jamais pour notre argent. Appelé à la rescousse par des producteurs désireux d'offrir des combats et des cascades qui débourrent un peu, là où un Suicide Squad se la jouait petit bras et sans envergure, Chad Stahelski (la trilogie John Wick) ne livre clairement pas le meilleur de lui-même : deux-trois coups sympas noyés dans des combats répétitifs et mollassons... et puis c'est tout. Ne clignez pas trop des yeux, vous risqueriez de passer à côté de l'action !

On retiendra quand même l'investissement certain de Margot Robbie dans son rôle, une photo acidulée signée Matthew Libatique (le chef op' attitré de Darren Aronofsky) et le générique de fin qui m'a fait découvrir la chanteuse K. Flay. 

Oui, on se raccroche à ce qu'on peut.

Et on se dit qu'après le raté Charlie's Angels signé Elizabeth Banks, il faudrait qu'Hollywood se rende compte que c'est pas parce qu'une femme fout un high-kick à un méchant que ça donne un film féministe.

La seule chose dont Birds of Prey s'est émancipé, c'est la qualité.

BIRDS OF PREY ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE DE HARLEY QUINN - la critique

Crédits photos et résumé : Warner Bros. Pictures, DC Comics, AlloCiné.

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