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EN AVANT - la critique

EN AVANT - la critique

Onward, écrit par Dan Scanlon, Jason Headley & Keith Bunnin. Réalisé par Dan Scanlon. Avec les voix françaises de Pio Marmaï, Thomas Solivérès, Juliette Degenne, Maïk Darah, Gilles Morvan. USA - 103 mn. Sortie le 4 mars 2020.

Dans la banlieue d'un univers imaginaire, deux frères elfes se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s'il reste encore un peu de magie dans le monde.

EN AVANT - la critique

Moins d’un an après l’excellent Toy Story 4, voici le dernier né des studios Pixar qui débarque sur nos écrans. Attendu ? Et comment !

Depuis les premières aventures de Woody et ses amis (Toy Story en 1995, déjà !), chaque film issu de la firme californienne aura su séduire les petits et les plus grands par leur écriture tout en subtilité et en degrés de lecture, leurs histoires universelles, leur inventivité visuelle et leur dosage parfait entre humour et émotions… Toy Story 2, Le Monde de Nemo, Là-haut, Les Indestructibles ou bien encore Wall-E : la liste des chefs-d’œuvre est longue, les souvenirs que l’on y associe également.

Pourtant, depuis Coco en 2017 et Vice-Versa deux ans auparavant, Pixar n’avait pas livré de film au concept original, préférant surfer avec plus (Les Indestructibles 2, Toy Story 4) ou moins (Le Monde de Dory, Cars 3) de bonheur sur des univers déjà connus. Les voir ainsi relever les manches et sortir des facilités que représentent les suites, les voir revenir dans le jeu de l’animation pour nous redonner à voir et ressentir le goût de la découverte et de la surprise est un des premiers bonheurs que nous apporte En Avant de Dan Scanlon.

Magie, elfes et autres créatures fantastiques qui n’ont plus leur place dans notre monde moderne : il suffit de quelques instants pour que le récit installe un univers riche et immédiatement attachant, via une utilisation inventive des codes de l’heroic-fantasy et de savoureux clins d’œil.

EN AVANT - la critique

Les thématiques, à savoir le deuil, l’oubli ou encore de quelle façon devenir adulte sans renier le passé, sont finement dessinées par l’opposition de caractères de deux frères, l’un ayant trouvé dans les récits d’un passé mythologique une manière de ne « jamais oublier » tandis que le plus jeune ne sait comment trouver sa place dans cet univers hanté par des souvenirs qu’il n’a pas connus. Encore une fois, l’art du storytelling selon Pixar, l’art de mêler réflexion, humour et émotion au sein d’un même mouvement fait mouche et on se plaît à se dire qu’En Avant trouvera un emplacement de choix aux côtés des opus majeurs de la firme.

Sauf que le film mouline et met un certain temps, trop se dit-on par moments, avant de réellement enclencher la seconde et lancer le récit initiatique que l’on attend. De même, malgré une direction artistique souvent très belle, Dan Scanlon se permet quelques fautes de goût pas toujours heureuses, de celles qu’on ne se serait jamais permises d’imaginer chez un Pixar, chantre de la qualité et du visuel qui claque. On pense ainsi à certains personnages secondaires à la finition défaillante ou basique (la maman des héros par exemple), loin des standards auxquels les créateurs de Vice-Versa ou 1001 Pattes nous ont habitués : en poussant l’analyse un peu loi, on pourrait dire qu’En Avant transcrit visuellement ce que les protagonistes qu’il met en scène traverse, c’est-à-dire la recherche d’une identité propre, une voie à suivre.

EN AVANT - la critique

Mais comme on dit souvent, ce n’est pas le voyage qui compte mais sa destination : et la destination, c’est ce qui sauve En Avant. Un peu dépité par une succession d’aventures parfois touchantes, parfois très drôles mais souvent trop inégales, on se demande comment Scanlon et ses scénaristes vont faire pour conclure ce coming-of-age story : et là, en plus de la magie qui déferle sur l’écran, c’est surtout la magie Pixar qui nous arrive en pleine figure.

Par un climax absolument renversant, où les notions de construction de soi et de deuil se retrouvent transcendées par un traitement émotionnel bouleversant, on ne peut retenir nos larmes. Littéralement impossible.

S’il n’égale donc pas, vous l’aurez compris, les plus grandes réussites de la firme, En Avant montre que Pixar reste encore aujourd’hui l’un des géants de l’animation, l’un des géants du cinéma tout court, capable de nous emporter comme peu d’autres dans des récits aussi intimes qu’épiques.

Crédits photos et résumé : Pixar Studios, Walt Disney Pictures, AlloCiné.

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