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AU REVOIR HOMELAND

AU REVOIR HOMELAND

Même s'il se garde bien de trop en révéler, cet article contient néanmoins quelques informations importantes concernant le final de la série. Il est donc préférable de le voir avant.

Huit saisons. 96 épisodes. Ça y est, Homeland vient de tirer sa révérence. 

Et, alors que résonnent encore la musique jazzy de Kamasi Washington, on s’interroge : final réussi ? énième ratage d’une série qui n’aurait pas su s’arrêter à temps ? 

On le savait depuis plusieurs mois, la huitième fournée d’épisodes de la série créée par Alex Gansa et Howard Gordon serait la dernière. Au plus grand dam des amateurs d’espionnage, de  suspense savamment dosé, d’interprétations fantastiques ou encore, et plus simplement, au grand dam de celles et ceux qui considèrent qu’Homeland reste et restera comme l’une des plus grandes séries des années 2010. 

Et ce, en dépit, de certains accidents de parcours qu’il serait malhonnête de taire.

AU REVOIR HOMELAND

En effet, au fil du temps, Homeland n’aura pas toujours su éviter certains écueils dans certaines de ses saisons : intrigues poussives, personnages secondaires peu intéressants, tics d’écritures parfois un peu trop visibles… Imparfaite Homeland ? Alors que je vous bassine à chaque fois qu’un nouvel épisode est disponible ? Oui, je suis honnête quand même ! 

Et donc, en toute honnêteté, malgré ces errements (mais quelle série peut se targuer d’être parfaite du début à la fin ?), quel pied ça a été de suivre Homeland pendant ces neuf années ! 

Après m’avoir quasiment perdu au cours de sa saison 3 (c’est de celle-là que viennent les griefs que je mentionnais un peu plus tôt… avec la fille Brody que tu espères voir crever dans les pires souffrances !), la série a su se renouveler, voire littéralement se réinventer, au cours de sa quatrième saison : totalement happé par son intrigue tortueuse et en phase avec la géopolitique actuelle, fasciné par la toujours aussi forte et remarquablement écrite relation entre Saul et Carrie, j’avais fini cette saison sur les genoux, accro, complètement addict.

AU REVOIR HOMELAND

La transformation de la série ne s’arrêtera pas en si bon chemin et les années suivantes livreront aux téléspectateurs fidèles de très grands moments de télévision, à la fois percutants, émouvants, choquants (Quinn), intimes, tendus, pertinents, prophétiques… et toujours, malgré les retournements de situation et les séquences d’action (rares mais sacrément efficaces), centrés sur ses personnages. 

Parce que oui, Homeland, c’est avant tout ses personnages. Et ça, l’humain, la chair, l’émotion véhiculée par le parcours intime de ceux qui vivent dans nos petites lucarnes, c’est ce que beaucoup d’autres séries ont malheureusement tendance à oublier lorsqu’elles ne font que se baser sur un pitch excitant ou une mise en scène qui tient lieu de paravent. 

La saison 8, bien que n’étant pas la meilleure de la série de par ses circonvolutions narratives qui tiraient parfois en longueur, ne commettra pas cet impair et restera fidèle à son ADN en offrant un dernier tour de piste solide et émouvant au couple présent depuis les débuts, celui qui a été notre porte d’entrée et à qui il va falloir dire au revoir : Carrie et Saul. 

L’espionne et son mentor. 

L’analyste et son protecteur.

AU REVOIR HOMELAND

Mais comment leur dire adieu ? Comment leur offrir une fin digne de ce nom ?

Alex Gansa et Howard Gordon, dans ce dernier épisode malicieusement intitulé Prisoners of War (le nom anglais de la série israélienne dont est tirée Homeland), répondent à ces questions avec une intelligence et un sens de l’émotion proprement renversants. 

Si la saison 8 a, comme je le disais un peu plus tôt, souffert de quelques ralentissements au niveau de sa narration, cet épisode final raccorde les wagons de main de maître pour nous donner à voir un final percutant, émouvant et audacieux. Et profondément humain, là où on aurait pu justement craindre que l’identité de la série ne soit noyée dans la volonté d’offrir un spectacle plus qu’une conclusion logique. 

Et pas besoin d’une poursuite ou d’une fusillade de 12 minutes pour nous faire ressentir toute la violence de l’opposition entre Carrie et Saul : il suffit d’une scène dans laquelle ce dernier, paralysé avec un poison par Carrie, subit de plein fouet la trahison de son élève pour que son monde, ce monde qu’il a analysé et protégé à tout prix, s’effondre de la plus insidieuse des façons. 

L’intime. L’ennemi intérieur.

Cet ennemi qu’ils avaient combattu ensemble dans les saisons 1 et 7 et qui, par un renversement narratif subtilement évoqué dès le début de l’épisode par le rappel de Brody et de sa vidéo enregistrée alors qu’il allait commettre un attentat, prend maintenant les traits de notre héroïne. 

Carrie, trahissant sa nation ? Oui mais non. Juste prête à tout pour la protéger, comme elle l’a toujours fait et comme elle fera toujours.

AU REVOIR HOMELAND

La toute dernière séquence de la série, magnifiquement mise en scène et en musique (Kamasi Washington et son morceau Truth), nous rappellera que LA vérité unique n’existe pas et qu’elle revêt beaucoup de tours et de détours pour être appréhendée d’une seule façon. 

Et face à cet ultime message que Carrie envoie à Saul, face au sourire de ce dernier… il nous est impossible de réfréner, nous aussi, un sourire. 

Celui de la satisfaction devant une fin de série réussie, celui de l’émotion d’avoir à dire au revoir à des personnages et un univers qui nous ont accompagnés pendant quasiment une décennie, à des acteurs prodigieux qui nous ont offert des performances hallucinantes (Claire Danes et Mandy Patinkin bien sûr, mais également Damian Lewis ou bien encore Rupert Friend)… et celui de l’espoir. 

Alors, au revoir Homeland

Et merci. 

Crédits photos : Showtime.

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