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TYLER RAKE - la critique

TYLER RAKE - la critique

Extraction, écrit par Joe Russo d'après une histoire de Ande Parks, Joe Russo et Anthony Russo, tirée d'un comics d'Ande Parks, Joe Russo et Fernando Leon Gonzalez. Réalisé par Sam Hargrave. Avec Chris Hemsworth, Golshifteh Farahani, David Harbour, Rudhraksh Jaiswal. USA / 117mn. Disponible sur Netflix depuis le 24 avril 2020.

Tyler Rake est un mercenaire intrépide qui travaille dans l'ombre. Alors qu'il n'a plus rien à perdre, il est chargé par un puissant caïd mafieux, pour l'heure incarcéré, de sauver son fils qui a été enlevé. Mais dans le milieu glauque de la pègre, où se côtoient marchands d'armes et narcotrafiquants, la mission ultra-périlleuse de Rake frôle l'impossible. Et la vie du mercenaire et du jeune garçon risque d'en être bouleversée à jamais...

Je sais tuer de 154 façons différentes. Tu veux être mon ami ?

Je sais tuer de 154 façons différentes. Tu veux être mon ami ?

Tyler Rake, c’est d’abord un nom qui claque. Le genre de nom que tu ne verras jamais sur un panneau du type : « Tyler Rake - Responsable du quai B11 »

Non, Tyler le quai B11 il lui fait une clé de bras, il lui pète une rotule et il lui explose la tête avec une mitraillette. Le tout en affutant son couteau sur le tibia d’un type qu’il aura auparavant désossé. 

Tyler, c’est aussi le pote que tu veux à tes côtés quand t’as des embrouilles avec quelqu’un. « Hey, Tyler, j’ai un copain qui veut pas me rendre l’argent que je lui ai prêté… ». Ni une, ni deux, Tyler se déplace et… déplace la clavicule du-dit ami. Et deux ou trois molaires par la même occasion. 

Suite à ça, votre pote vous ouvrira un PEL qu’il approvisionnera jusqu’à sa mort sous peine de voir revenir Tyler. Qui lui expliquera comment il peut également briser un cou juste avec son pouce.

- Je suis un gars sensible. Je vais te montrer, j'ai une photo où je fais de la poterie...

- Je suis un gars sensible. Je vais te montrer, j'ai une photo où je fais de la poterie...

Mais Tyler, c’est un être sensible.

Il a un trauma et généralement celui-ci se manifeste dans des séquences floues et au ralenti. Pour que le spectateur comprenne bien qu’il est en souffrance, que la vie ne lui a pas fait de cadeau et que s’il dérouille des gars à tour de bras, c’est pas juste par plaisir. C’est parce qu’il souffre et qu’il est attiré par la mort, la sombritude et les albums d’Evanescence.

Alors, quand sous la plume de Joe Russo (réalisateur des deux derniers Avengers et que la promo Netflix qualifie ici de « visionnaire »… lol) il est envoyé au Bangladesh pour sauver un gamin, il y va. Parce qu’il veut mourir, que sa vie n’a plus de sens et que, quitte à partir, autant le faire en décimant l’équivalent de douze saisons de Derrick en trois minutes. 

Niveau rythme c’est pareil, Tyler Rake n’enfile pas de gants avec Derrick : en trois plans, Tyler a tué quinze gars alors que Horst Tapert est toujours coincé par la ceinture de sa Lada parce qu'il a du mal à se mouvoir à cause de sa hanche en plastique.

- Je vais te marave la tête. Et en plan-séquence, en plus.

- Je vais te marave la tête. Et en plan-séquence, en plus.

Parce qu’il a vu tous les John Wick au moins six fois, soit six fois de moins que le réalisateur (je vous laisse faire le calcul et on se retrouve sur le parking), Tyler Rake se déplace comme lui et tue les méchants comme Keanu Reeves : sèchement, brutalement et sans punchline pour atténuer la douleur de voir leur cage thoracique broyée par un poing nourri aux protéines. 

Quand il tire, idem : un coup dans le torse, un ou deux dans la tête et bim, au suivant. Niveau rendement, Tyler pourrait avoir sa photo dans le bureau du patron en tant qu’employé modèle. Avant que le patron ne se rende compte que Tyler a liquidé ses collègues parce qu’ils n’avaient pas ri à une des ses blagues. Celle du rabbin et du parcmètre.

- Je suis dans le film mais je sers à rien. Bonjour !

- Je suis dans le film mais je sers à rien. Bonjour !

Bon, tout ça pour dire que Tyler Rake c'est de la série B qui débourre et qui envoie tout valdinguer avec la finesse d'un chanteur de métal qui reprendrait des chants grégoriens : ça bande les muscles, ça fait tout péter et ça tatane du méchant avec une sauvagerie qui nous rappelle que le cinéma d'action hollywoodien est encore capable de nous pondre des divertissements d'action pas obligatoirement calibrés pour les moins de 10 ans. Y'a du sang, y'a des os qui se brisent : bref, l'amateur de pellicules bourrines y trouvera son compte même si ce qui sert de scénario ne lui fera certainement pas de noeud au cerveau. Dire que le film est cousu de fil blanc serait éloigné de la réalité : ce ne sont pas des fils blancs, ce sont des câbles.

Héros traumatisé, méchant très méchant, guest-star qui a le panneau "Attention traître" qui clignote dès qu'il apparaît, seconds rôles inexistants... ne vous amusez pas à boire un verre de whisky à chaque cliché, vous finiriez bourré avant d'avoir vu Tyler Rake éclater sa première mâchoire. Mais, l'énergie que met Sam Hargrave à mettre en boîte cet actioner rentre-dedans, efficace dans ses chorégraphies et dans la mise en scène de certaines séquences (le plan-séquence de plus de 10 minutes est assez impressionnant même si les nombreux raccords numériques piquent les yeux...), en cela aidé par un Chris Hemsworth qui fait bien le job, pourrait avoir raison de vos réticences et vous faire passer un moment sympathique, un dimanche soir avant de reprendre la taf.

Mais pas plus.

Bah en fait si : y'a un 2 qui est prévu.

Crédits photos et résumé : Netflix, AlloCiné.

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