afterearth

 

1000 ans après un cataclysme forçant les humains à quitter la Terre, Nova Prime est devenue la nouvelle planète occupée par notre espèce. Le général Cypher Raige (Will Smith), de retour d’une longue mission, retrouve sa famille (et son rôle de père auprès de Kitai, son fils de 13 ans). Lorsqu'une tempête d’astéroïdes endommage le vaisseau de Cypher et Kitai, ils s'écrasent sur la Terre, devenue très dangereuse. Alors que son père à l’agonie dans le cockpit, Kitai va devoir entreprendre seul, un voyage en terrain hostile pour retrouver leur balise de détresse. Kitai (Jaden Smith) a toujours voulu être un soldat comme son père. Aujourd'hui, il en a l’opportunité...


After-Earth-Jaden-Smith

Après Star Trek Into Darkness, Oblivion et en attendant Elysium de Neil Bloomkamp et Pacific Rim de l'ami Guillermo DelToro, c'est au nouveau film de M. Night Shyamalan, After Earth, de dévoiler ses premières images. Ce qui m'a d'abord frappé, avant même toute considération esthétique et/ou narrative, c'est que le nom du metteur en scène d'Incassable n'apparaît pas une seule fois dans cette bande-annonce... Lui qui avait été proclamé "nouveau Spielberg" au moment de la sortie du film qui l'a révélé au monde entier, Sixième Sens, a vu son étoile lentement perdre de son éclat au fil de ses réalisations suivantes. Avant de découvrir After Earth en juin prochain, petit retour sur ce petit génie de la mise en scène qui a bien besoin de retrouver le coeur du public.


Sixieme-Sens---Affiche

 

En 1999, le jeune Haley Joel Osment voit des gens qui sont morts et embarque dans sa terrifiante aventure un Bruce Willis impeccable... et un public conquis. La mise en scène millimétrée, le jeu des comédiens, le scénario à la mécanique parfaitement huilée (au point de vouloir revoir le film dès la sortie pour voir "si ça marche du début à la fin") et une ambiance oppressante font de Sixième Sens une réussite foudroyante qui permet au jeune M. Night Shyamalan d'entrer à Hollywood par la grande porte.


incassable1  

2000 : attendu au tournant, Shyamalan réalise avec Incassable ce qui se révèle être son plus beau film. Après les fantômes de Sixième Sens, il s'attaque cette fois-ci à une autre figure majeure du cinéma fantastique, à savoir les super-héros et propose une déconstruction passionnante et formellement époustouflante (la séquence de la gare est à tomber) du genre. Porté par les interprétations superbes de Bruce Willis et Samuel L. Jackson, Incassable déçoit certains spectateurs qui s'attendaient à un Sixième Sens-bis alors que le film est pourtant une superbe réflexion sur la quête d'un homme qui cherche à se reconstruire tout en embrassant son statut de super-héros.


signes

 

Deux ans après avoir offert à Bruce Willis un de ses plus beaux rôles avec Incassable, M. Night Shyamalan récidive en mettant en scène Mel Gibson dans l'excellent Signes. Toujours dans sa logique d'analyse des thèmes qui nourrissent le cinéma fantastique, le réalisateur s'attaque au genre de l'invasion extaterrestre. Traitée sous un angle intimiste, celle-ci sert surtout à mettre en place le parcours d'individus qui ont perdu la foi et qui, face à un événement incroyable, se relèvent et se révèlent. Qualifié d'outil de propagande religieuse par une bande de critiques cyniques, Signes est une oeuvre riche et profonde qui montre toute la maîtrise formelle d'un réalisateur pour qui le médium cinéma n'a plus de secret : le film recèle des purs moments de terreur mis en scène avec un brio tout bonnement bluffant et achève de faire de Shyamalan un véritable auteur, majeur dans l'Histoire du Cinéma.


le village

 

C'est avec Le Village que la première rupture avec la critique et le public semble se faire pour M. Night Shyamalan : tout en étant une brillante analyse de gene du "film de monstres", Le Village propose surtout une réflexion très dure sur les Etats-Unis et leur "enfermement" idéologique face à l'extérieur. Trois ans après les attentats du 11 Septembre, Shyamalan ose une mise en garde face au communitarisme et aux "chasses aux monstres". Visuellement brillant, le film est aussi une superbe histoire d'amour où Joaquin Phoenix et la révélation Bryce Dallas Howard se révèlent bouleversants. Malgré son succès en salles, Le Village marque une première cassure avec les critiques pour le réalisateur surdoué.


La jeune fille de l'eau

 

Bryce Dallas Howard est une nymphe qui se retrouve coincée dans la piscine d'une résidence de Los Angeles, poursuivie par des créatures maléfiques. Aidée par les habitants et notamment le concierge des lieux, la jeune femme va tenter de retrouver le chemin de son monde... Embrassant pleinement l'univers des contes, M. Night Shyamalan livre avec La Jeune Fille de l'Eau un film attachant, à la beauté plastique indéniable et à la simplicité rafraîchissante. Toujours associé à James Newton Howard qui livre ici une superbe partition, le réalisateur de Signes nous emmène frontalement dans son univers qu'il s'amuse à décrypter et déconstruire avec une honnêteté bouleversante, malheureusement qualifiée de naïve au moment de sa sortie sur les écrans et amenant le public et la critique à bouder ce conte fantastique de toute beauté...


phenomenes

 

Avec Phénomènes, M. Night Shyamalan semble avoir perdu tout ce qui faisait la force de son cinéma: les acteurs sont mal dirigés (Zooey Deschanel en tête... à claque), la narration est décousue et le réalisateur semble ne pas croire à ce qu'il raconte... Celui pour qui la foi (croire en soi dns Signes, croire tout simplement au cinéma et à son pouvoir libérateur dans La Jeune Fille de l'Eau) était le véhicule de toute une oeuvre baisse les bras et livre un film qui ne tient la route que dans sa première moitié, là où ses talents de metteur en scène de la peur et de l'horreur paraissent intacts...


derniermaitre

 

Avec Le Dernier Maître de l'Air, M. Night Shyamalan retrouve de sa superbe sans pour autant livrer un digne héritier aux sommets que représentent Sixième Sens et Incassable. Derrière ce conte visant principalement un public familial (on s'éloigne des débordements de violence de Phénomènes), le réalisateur livre une réflexion pertinente sur ce qui l'obsède et transparaît dans tout son cinéma : la foi, le destin, la peur... En dépit d'effets visuels ratés à certains moments (le début pique un peu les yeux...), Shyamalan nous livre un spectacle divertissant et notamment une bataille finale à la beauté renversante et à la mise en scène somptueuse. Le roi n'est pas tout à fait de retour mais il est sur la route...


after-earth 2013

 

Produit par Will Smith, After Earth marque la première incursion de M. Night Shyamalan dans le registre de la science-fiction pure avec un récit écrit par Gary Whitta (l'excellent Livre d'Eli des frères Hughes) et Stephen Gaghan (Syriana avec George Clooney) et qui apparaît déjà comme un spectacle grisant et viusuellement somptueux. Avec ce surprenant mélange des genres (SF, survival, aventures...), l'ancien prodige d'Hollywood retrouvera-t-il les faveurs du public et de la critique? On ne peut que l'espérer tant un réalisateur de sa valeur se fait aujourd'hui beaucoup trop rare, dans un système hollywoodien où les films sans âme et dirigés par des metteurs en scène sans personnalité semblent être devenus la norme (Total Recall - Mémoires Programmés pour citer un des derniers gros blockbusters SF insipides)... Sortie prévue le 5 juin 2013.

 

 


 

Crédits photos : Hollywood Pictures, Touchstone Pictures, Warner Bros. Pictures, 20th Century Fox, Paramount Pictures, Columbia Pictures. Résumé : Allociné.

 


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