DARIO ARGENTO'S DRACULA 3D - la critique

Dario Argento's Dracula 3D, écrit par Dario Argento, Enrique Cerezo, Stefano Piani, Antonio Tentori, d'après l'oeuvre de Bram Stoker. Réalisé par Dario Argento  . Avec Thomas Kretschmann, Asia Argento, Rutger Hauer, Marta Gastini. Italie/France/Espagne - 2012. 110mn. Sortie le 27 novembre 2013.

Hier soir, j'ai pleuré. Ça m'arrive de pleurer devant des films : Out Of Africa, Rocky IV ou On se calme et on boit frais à Saint Tropez (à quand le Blu-Ray, hein?!) sont des exemples récents de mes "séances lacrymales" comme j'aime à les appeler. Oui, mais hier soir c'était différent : en effet, j'ai pleuré... du sang. Alors que j'attends le courrier du Vatican m'invitant à prendre rendez-vous le plus vite possible avec un de ses représentants afin de faire de moi un phénomène divin ou un illuminé, je m'en vais vous conter la terrible soirée que j'ai vécu devant le dernier film de Dario Argento : Dracula.

- Fuyons ensemble... ce film est une m....!

- Fuyons ensemble... ce film est une m....!

Tout commence à peu près à... dix secondes de film, c'est-à-dire quand le générique se lance. Un générique où les noms surgissent sur l'écran, dans un style PowerPoint du plus bel effet. Comme si cela ne suffisait pas, la caméra se met en mouvement et... survole un village entièrement numérique! Mais du numérique de quand ça venait tout juste d'être inventé : vous vous souvenez les CD-Rom qui vous invitaient à visiter le Louvre dans des reproductions à 14 pixels? Et bien, Dario a du tomber sur un truc comme ça en rangeant son grenier et il s'est dit : "Bon Dieu! Mais qu'est-ce qu'on fait pas de nos jours?! C'est magique!" Non, Dario. C'est tout sauf magique. Je m'attendais même à voir apparaître sur l'écran un sablier m'indiquant que la page avait du mal à se charger...

- Toi aussi, découvre les secrets du Louvre avec les éditions Atlas...

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Et puis le générique s'est fini et... tout a pris des proportions inimagineables : des décors que Dario a dû récupérer sur un vieux tournage de FR3 Normandie, une photographie hideuse comme c'est pas permis, une musique digne du générique de Fantômette et des effets spéciaux... d'un autre temps. Entre une mouche numérique qui semble bruitée à la bouche comme dans La Cité de la Peur, des fausses dents qui manquent de tomber à chaque respiration, des incrustations qui défient le bon goût et une brume qui semble avoir été créée par la réunion de trois mobylettes hors champ, notre Dario fait très fort. Mais le pire, c'est que le bougre est généreux! En effet, il semble avoir cassé la tirelire pour nous offrir The Special Effect, celui qui renvoie Bilbo se rhabiller, celui qui serait capable de donner envie à James Cameron d'abandonner les suites d'Avatar tellement les yeux te piquent, tellement c'est beau, tellement le rêve prend vie devant toi! Et ça, c'est la mante religieuse! Car oui, à la fin (attention spoiler), notre Comte se transforme en... ça...

- "Le petit bonhomme en mouuusssee..." Allez, tous ensemble!

- "Le petit bonhomme en mouuusssee..." Allez, tous ensemble!

Vous imaginez bien qu'après un tel affront, et ce malgré l'heure tardive, l'envie de se laver les yeux est plus forte que tout : mais que faire? Se caler devant le Dracula de Coppola ou continuer dans la pantalonnade avec Les Charlots contre Dracula?

Ou se coucher alors.

En pleurant. Et en se repassant certains passages aussi, parce que même si on pleure, rien n'empêche de rigoler un peu!

 

- Si je me penche un peu, je peux en finir...

- Si je me penche un peu, je peux en finir...

- C'est du très joli mobilier, ma foi...

- C'est du très joli mobilier, ma foi...

- Wouhou! C'est encore moi!!

- Wouhou! C'est encore moi!!

Crédits photos : Les Films de l'Astre.

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