Jason Bourne : L'Héritage - la critique

Jason Bourne : L'Héritage, écrit par Tony Gilroy & Dan Gilroy. Réalisé par Tony Gilroy. Avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Stacy Keach. USA - 2012. 135mn.

Quand Paul Greengrass, le réalisateur des deux derniers volets de la trilogie Bourne (La Mort dans la peau et La Vengeance dans la peau), et sa vedette principale Matt Damon annoncent qu'ils ne rempileront pas pour un quatrième opus, on imagine le froid dans les bureaux des comptables d'Universal : avec plus d'un demi-milliard de dollars de recettes dans le Monde, on n'a pas forcément envie de clore l'aventure...

C'est Tony Gilroy, le scénariste de la saga (et réalisateur de Michael Clayton et Duplicity), qui est appelé à la rescousse: comment faire un nouveau Bourne... sans Bourne?

Jason Bourne : L'Héritage - la critique

Tout simplement en racontant les dommages collatéraux causés par les actions de l'agent renégat et amnésique : l'intrigue de Jason Bourne : L'Héritage se déroule en effet en parallèle de celle de La Vengeance dans la peau et c'est au départ ce qui fait tout le sel du film. Nous faisons connaissance avec les nouveaux méchants qui, menacés par les actions de Bourne décident d'éliminer tous ceux qui ont un rapport avec leur programme top-secret : Outcome. C'est là qu'apparaît le fameux "héritier" du titre : Aaron Cross. Ce super espion au passé trouble va se retrouver traqué par ses employeurs et, avec l'aide d'une scientifique elle aussi en danger car impliquée dans ce scandale gouvernemental, va tout faire pour rester en vie... 

Jason Bourne : L'Héritage - la critique

Tony Gilroy a très bien géré l'absence de Jason Bourne : il réussit à livrer une intrigue crédible tout en étoffant l'univers qu'il a soigneusement mis en place dans les précédents volets... Il nous présente habilement le personnage incarné par Jeremy Renner (très convaincant) ainsi que les tenants et aboutissants de son histoire... mais qu'est-ce que c'est long à démarrer! La première heure est assez pénible entre ses longs tunnels de dialogues (Edward Norton cause beaucoup... trop) et sa mise en scène pépère : là où Paul Greengrass réussissait à nous attraper dès les premières secondes, Tony Gilroy peine à insuffler le rythme et le souffle nécessaires à ce genre de divertissement.

C'est donc avec bonheur qu'on accueille la première séquence un peu musclée du métrage qui nous sort de notre torpeur. "Un peu musclée" parce que c'est pas vraiment ça non plus... Matt Damon avait surpris son monde lorsqu'il s'était révélé sacrément crédible en héros d'action : ici, malgré son investissement certain, Renner est honteusement sous-exploité. Les capacités hors-normes de ce super-espion sont à peine effleurées et, là où la trilogie précédente nous offrait des moments de bravoure bien costauds (le combat à Tanger, la poursuite à Moscou), Jason Bourne : L'Héritage se montre bien radin en terme d'action : quelques petits combats par-ci par-là et une poursuite finale en moto sympa mais anecdotique... Bref, on est un peu sur du low-cost.

Jason Bourne : L'Héritage - la critique

Ne retrouvant qu'à de très rares occasions le sentiment d'urgence qu'il avait su insufler à ses scénarios précédents, Tony Gilroy semble s'être retenu : trop soucieux de redémarrer la franchise sur des bases solides (et elles le sont...), il en oublie malheureusement de soigner sa réalisation... Gilroy-réalisateur s'est fait bouffer par Gilroy-scénariste : trop long, par moments trop lent, ce quatrième opus apparaît finalement comme un épisode de transition nécessaire afin de relancer la machine. On aurait aimé un peu plus de pêche.

Crédits photos : Universal Pictures.

Retour à l'accueil