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The Man With The Iron Fists, écrit par RZA & Eli Roth. Réalisé par RZA. Avec RZA, Lucy Liu, Russell Crowe, Byron Mann. USA - 2012. 96mn.   

L'heure est grave... En fait, non. Mais ça pète toujours d'attaquer comme ça. Maintenant, je commencerai toutes mes critiques comme ça, même celle de Boule & Bill. Bref, revenons à notre sujet et évitons les digressions trop flagrantes visant à rendre le plus long possibe un texte qui se destine à... être court. En effet, l'heure est grave parce que la critique qui va suivre est sûrement la plus courte que j'ai jamais écrite pour le moment. Pourquoi?.. Comme le dit si bien un des personnages de La Cité de la peur : "Je n'écrirai rien sur ce film, c'est une merde!". Bon, je vais quand même essayer de nuancer un peu le propos et revenir sur ce qui fait de L'homme aux poings d'acier ou The Man With The Iron Fists (aucun reproche à faire niveau traduction, c'est du lourd. Mot pour mot, tranquille) un moment douloureux.

 

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- T'as pas aimé?.. T'es sûr?..

Tout d'abord, je vais être honnête, je n'y connais rien en rap, ni en hip-hop. Donc, au départ RZA (scénariste/acteur/compositeur/réalisateur de cette chose) ça ressemblait plus à une faute de frappe qu'autre chose. Bon, j'en rajoute un peu : je sais que RZA est l'un des membres fondateurs du Wu-Tang Clan et là, ok, ça me parle un peu. Pas beaucoup mais un peu, j'ai déjà entendu 2-3 morceaux du groupe par-ci par-là et même si je ne suis pas du tout friand de rap, je reconnais que ça sonnait quand même plutôt bien. Ensuite, je sais que RZA a aussi composé la musique de l'excellent Ghost Dog de Jim Jarmush et qu'il a collaboré avec Tarantino sur la BO de Kill Bill Volume 1, soit deux films formellement très différents mais ô combien passionnants et essentiels. De plus, RZA est un mordu de culture orientale et de films d'arts martiaux, au point d'en imprégner très fortement la musique et l'univers du Wu-Tang Clan (titres d'albums en référence à des classiques du cinéma hong-kongais, clips...). C'est donc fort logiquement que son premier film en tant que réalisateur n'est pas Love Actually 2... mais The Man With The Iron Fists! Tadaaa! Avec, écrit en gros sur l'affiche : "Quentin Tarantino Présente". Ce qui a toujours plus d'impact que "Claude Zidi présente"... surtout dans le cas d'un film d'arts martiaux se voulant un hommage vibrant aux classiques et autres pellicules barrées venus d'Orient. Ca, c'est l'intention. On dit tout le temps que c'est l'intention qui compte. Oui, mais non. Quand on paye une place presque 10 euros, on est en droit de vouloir un peu plus qu'une intention... 


man-with-the-iron-fistsLes deux méchants du film... Ils n'ont pas vu le castor mort sur leur tête... Chut...

Dialogues à deux balles, mise en scène indigente, acteurs au rabais... tout ça, au bout de cinq minutes dans la salle. Heureusement que j'avais mes Kit Kat Ball à finir, sinon je serai parti...   Dans le film, RZA est un forgeron du genre balèze : c'est-à-dire qu'il ferme les yeux pendant qu'il fabrique une arme au ralenti. Balèze je vous dis! Il est amoureux d'une fille de joie qui travaille dans un lieu de plaisir tenu par Lucy Liu. De toute façon, c'est toujours un plaisir de voir Lucy Liu, même en dame-pipi. Autour de ça, il y a un chargement d'or que convoitent plein de gens qui se trahissent, se tuent et se re-trahissent dans une allégresse m'ayant presque donné envie de chanter la "Karioka". Presque... jusqu'à l'arrivée de Russell Crowe. Ou un sosie ayant décidé de lui jouer un sale tour et de ruiner sa carrière : notre ex-Gladiator se fait sobrement appeler Jack Canif... Là, j'ai pouffé et j'ai failli mourir étouffé par une friandise. J'ai vu le film en VF, je sais c'est pas bien... j'irai me flageller avec des orties plus tard. En version originale, c'est Jack Knife. Certes, ça sonne mieux, mais c'est quand même bien con!


The-Man-With-the-Iron-Fists- Y'a moyen que ce film n'apparaisse pas dans ma filmo?

Un Jack Canif qui éventre un type au bout de deux minutes. D'où son nom. Logique imparable d'un scénario écrit à quatre mains : RZA et... Eli Roth, le réalisateur de Hostel et interprète du tueur de nazis fou de base-ball d'Inglourious Basterds. De... Tarantino. Et voilà, la boucle est bouclée. Vertigineux. Un Quentin Tarantino qui voit son nom en gros sur l'affiche de The Man With The Iron Fists, je vous le rappelle : "Quentin Tarantino présente"... Mais présente quoi au fait? Une mer...? Un film d'arts martiaux où tous les coups sont presque en gros plan? Où les effets spéciaux sont dignes d'un épisode de Bioman? Où le combat final donne envie de s'immoler sur le parking du ciné? On ne sait pas. Enfin si, on sait : une mer... Un truc qui aurait dû directement sortir en DVD.

Seul truc à sauver : la bande originale. Je vais peut-être me l'acheter, tiens. J'éviterai de repenser aux images qui vont avec, mais je mangerai des Kit Kat Ball.


Lucy-Liu-in-Man-with-the-Iron-Fists- Mais il est long ton texte, en fait...

Crédits photos : Universal Pictures.

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