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A chaque rentrée des séries, c'est le même topo : certaines des nouveautés sont plus attendues que d'autres, de par les personnes impliquées (on a cette année la nouvelle production J. J. Abrams Revolution ou encore la nouvelle création de Ryan Murphy, The New Normal) ou bien de par leur sujet. Last Resort combine tout simplement les deux : on retrouve à la création Shawn Ryan, reconnu pour l'addictive The Shield et l'excellente The Unit, tandis que le point de départ du show, un sous-marin nucléaire renégat, a largement de quoi intriguer... Quand en plus, c'est Martin Campbell (GoldenEye, Casino Royale) qui se charge de la réalisation du pilote, la pression se fait un peu plus forte encore et la série en devient attendue au tournant.

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Lorsque Marcus Chaplin, commandant du sous-marin nucléaire USS Colorado, reçoit l'ordre de faire feu sur le Pakistan, il refuse de suivre le protocole et demande une confirmation officielle. Il se retrouve relevé de son commandement et aussitôt considéré comme un traître à sa nation... Bien décidé à laver son honneur et à comprendre ce qui se trame à Washington, Chaplin et son équipage prennent possession d'une île et menacent d'une frappe nucléaire quiconque s'approchera.

Pitch intriguant mais, il faut bien le reconnaître, assez casse-gueule : on se demande bien comment les scénaristes comptent tenir une saison entière (si les audiences suivent, bien sûr) avec un postulat de départ comme celui-ci. Ces doutes légitimes (beaucoup de séries partant d'un concept fort se sont vite effondrées, comme Jericho ou bien encore Flashforward) sont très vite balayés par l'intensité et le sentiment d'urgence délivrés par ce pilote.

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C'est bien simple : les 45 minutes filent à toute vitesse et on se retrouve embarqué dans le sous-marin sans avoir rien vu venir. Le rythme est haletant, la mise en scène nerveuse et les effets spéciaux réussis ; de plus, et ce n'était pas une mince affaire en soi, un bon nombre de personnages nous sont présentés sans que l'on ressente à aucun moment un sentiment de trop plein. Tous s'affirment très vite, dans leurs actions mais principalement dans leurs convictions : sans être une campagne de recrutement déguisée pour l'armée américaine, Last Resort met en avant des hommes qui vivent et qui sont prêts à mourir pour l'honneur, des patriotes. Shawn Ryan et Karl Gadjusek (co-créateur et co-scénariste de l'épisode) évitent avec habileté le manichéisme trop facile (qui, à certains moments, parasitait The Unit) en nous plongeant sans temps mort dans une intrigue très bien ficelée : l'idée de départ est un peu trop grosse pour être crédible? Ce n'est pas grave, eux y croient et au bout de quelques minutes, nous aussi et ce grâce à un scénario solidement charpenté et à une interprétation convaincante. Dans le rôle de Marcus Chaplin, Andre Braugher (Homicide) est impérial et son speech de fin file des frissons, tout simplement.

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Avec celui d'Elementary, le pilote de Last Resort se révèle être un des plus marquants parmi les nouveautés importantes de la rentrée US, et si l'on redoutait de voir une intrigue qui aurait fait un très bon film (on pense beaucoup à USS Alabama du regretté Tony Scott) s'étirer inutilement sur une saison, les prémices d'un gros complot gouvernemental sont là pour nous tenir en haleine.

Maîtrisé et haletant, Last Resort donne énormément envie de revenir pour un deuxième tour. Contrat rempli haut la main!

Crédits photos: ABC.

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