l-affiche-americaine-du-film-le-hobbit

Le Hobbit - un voyage inattendu, écrit par Peter Jackson, Fran Walsh, Philippa Boyens & Guillermo del Toro (d'après l'oeuvre de J. R. R. Tolkien). Réalisé par Peter Jackson. Avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Andy Serkis. Nouvelle-Zélande, USA, UK - 2012. 165mn.  

Sorti le 12 décembre 2012.


Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers…

 

Neuf ans que la saga du Seigneur des Anneaux s'est achevée avec le sublime Retour du Roi, point d'orgue d'une trilogie monumentale, unique et à jamais gravée dans les mémoires de millions de spectateurs à travers le monde. En plus d'avoir mis d'accord les puristes de l'oeuvre de Tolkien (vous en connaissez beaucoup des fans qui sont satisfaits de l'adaptation de leur bouquin culte?..) et des personnes peu intéressées par l'heroic fantasy, les trois volets du Seigneur des Anneaux ont permis de révéler au grand public le nom d'un véritable prodige de la caméra, un cinéaste précieux qui avait déjà conquis le coeur de nombreux adeptes d'un cinéma fantastique intelligent, débridé et où l'émotion reste le moteur principal dans des films comme Créatures Célestes ou Fantômes contre Fantômes : Peter Jackson. En confiant les rênes d'une production faramineuse à un cinéaste qui n'avait jamais connu le moindre hit au box office, la New Line mise très gros… et à raison. Les films sont un triomphe tant d'un point de vue public que critique et permettent à Peter Jackson de devenir l'un des réalisateurs les plus acclamés de l'Histoire, avec à la clé 11 Oscars pour sa trilogie.


seigneur-des-anneaux

En 2008, Jackson annonce officiellement la mise en chantier de l'adaptation de Bilbo, le Hobbit et que c'est Guillermo del Toro, autre barbu génial capable de faire des merveilles avec une caméra, qui se chargera de la mise en scène : toute la planète cinéphile est en émoi car, avec des films aussi riches visuellement et émotionnellement que Le Labyrinthe de Pan ou les deux Hellboy, le mexicain semble être la relève rêvée pour perpétuer les avnetures en Terre du Milieu. Le sort en décidera autrement (les problèmes financiers de la MGM qui retardent le tournage) et, après deux ans de travail sur l'adaptation du livre de Tolkien, del Toro jette l'éponge. Qui les studios Newline appellent-ils à la rescousse?.. Peter Jackson, tout logiquement et malheureusement sans prendre vraiment de risques... Qu'il aurait été bon de voir un autre réalisateur apporter sa patte à un univers aussi riche... mais bon, là n'est pas le propos.


Le-Hobbit-un-voyage-inattendu6

Que penser du retour du réalisateur de Créatures Célestes dans le Monde de Tolkien?.. C'est simple : quand on ressort de la salle, on a la gorge nouée et les yeux restent ecarquillés devant le spectacle qui vient de nous être offert. Avec Le Hobbit, Peter Jackson nous donne encore une fois à vivre l'Aventure avec un grand A, de celle qui forge les hommes, qui scelle des destins et qui touche les coeurs. Proposant un spectacle total capable de vous faire rire, de vous émouvoir et de vous émerveiller en un seul plan, le réalisateur de King Kong parvient une nouvelle fois à donner vie à un univers complexe, d'une variété étonnante et d'une richesse vertigineuse... dans sa dernière moitié. Parce qu'avant d'avoir le coeur noué quant au destin des personnages du Hobbit, il faut quand même se farcir plus d'une heure de métrage qui tire à la ligne, d'une molesse assez rageante (ah, la scène des nains qui font la vaisselle... trop bien...) et soutenue par une absence d'enjeu assez stupéfiante. Je n'ai pas lu l'oeuvre originale de Tolkien mais j'avoue avoir eu certains doutes quant à la validité de faire trois films de trois heures pour un livre de 300 pages... mes doutes étaient fondés pour cette première partie. Bien sûr, je réviserai peut-être mon jugement à l'aune des prochains volets mais en l'état, ce Voyage Inattendu en est bien un tant j'attendais du rythme, des personnages forts et une quête à la hauteur des moyens investis.


bilbo-le-hobbit

 

Vous avez déjà assisté à une soirée d'anciens élèves qui a du mal à se lancer : il y a du punch, il y a de la musique, on revoit des anciens potes mais ça prend pas... Ici, c'est un peu pareil : on a les superbes décors de la Nouvelle-Zélande (mais qui font parfois un peu trop pub pour l'Office du Tourisme), on a la magnifique partition d'Howard Shore et on revoit des anciens du Seigneur des Anneaux... dont j'avoue chercher encore l'utilité. A part faire plaisir aux fans, il sert à quoi Frodon au début? Et Hugo Weaving et Cate Blanchett, c'est bien sympa de les voir mais ça sonne malheureusement un peu trop comme du fan-service gratuit... De même, malgré toute la sympathie et le talent de Martin Freeman dans le rôle de Bilbo et le charisme de Richard Armitage dans celui de Thorin, les nouveaux personnages peinent à s'imposer et à faire oublier Aragorn et toute la bande de la trilogie du Seigneur des Anneaux.


Le-Hobbit-un-voyage-inattendu

 

Pourtant, Peter Jackson retrouve la pêche dans une dernière partie tout bonnement hallucinante où sa caméra virtuose et virevoltante nous emporte pour un tourbillon sensoriel et sensitif d'une incroyable puissance : les personnages se définissent, les enjeux se nouent, les méchants s'imposent enfin comme une menace sérieuse et Jackson étale, une fois de plus devant nos yeux ébahis, la superbe de sa mise en scène. C'est dans des moments comme ceux-là, où le grand spectacle n'a pas peur de laisser la place à l'émotion la plus pure, que je remercie des réalisateurs de cette trempe de nous faire savourer de tels instants de plaisir. On parle souvent d'apprécier un film avec des yeux d'enfant, c'est encore plus vrai quand le réalisateur a lui aussi conservé cette faculté et qu'il nous offre ce que notre imagination n'avait pas même pas osé.


Le-Hobbit

Scénaristiquement perfectible (comme dans la première trilogie, les scènes avec Gollum sont beaucoup trop longues et sonnent plus comme une belle démonstration technique qu'autre chose), Le Hobbit parvient tout de même à créer l'empathie par des instants de pure magie et parce qu'il se présente clairement comme un premier volet. La Communauté de l'Anneau, au moment de sa sortie, se ressentait aussi comme une longue introduction à un univers qui allait exploser avec les deux volets suivants mais le film avait le mérite d'être mieux construit narrativement et de ne pas provoquer l'ennui... Le Hobbit - Un voyage inattendu reste toutefois un spectacle grisant, techniquement époustouflant et avec un coeur gros comme ça : on lui pardonnera facilement ses quelques errements.

Crédits photos : New Line. Résumé : Allociné.


Retour à l'accueil