Plein de séries en retard… un samedi soir à la maison, seul : l'équation paraît simple… et pourtant, voilà que je me remets un épisode que j'ai vu plein de fois, d'une série que j'adore… Frasier. Pourquoi? Pourquoi pas? J'avais envie d'une sitcom, j'avais envie de 22 minutes de fous rires et c'est exactement ce qu'est Frasier pour moi : la Rolls des sitcoms, 11 saisons de bonheur et depuis plus de dix ans dans mon top 3 des sitcoms (et qui alterne avec Cheers et Seinfeld pour la première place, selon mes humeurs). Les acteurs sont parfaits, l'humour est fin et malin et les scripts sont d'une précision comique que je n'ai que rarement retrouvée dans une autre sitcom, mis à part Seinfeld.

MES SITCOMS QUE J'AIME

C'est toujours rassurant de compter sur les vieux amis, Frasier en est un. En cas de coup de mou, hop un épisode et le sourire revient! J'ai toujours adoré les sitcoms : j'ai bouffé du Cosby Show, du Dingue de Toi, du Veronica's Closet, du Friends, du Taxi, du Seinfeld, du Cheers, du Will & Grace, du… Mince, vous vous dîtes qu'il n'y en a aucune de très récente, et c'est pas faux. Je suis un peu nostalgique des sitcoms des années 80-90 malgré les coupes de cheveux et les vêtements atroces...

MES SITCOMS QUE J'AIME

Je regarde quelques sitcoms actuelles mais aucune ne parvient à remplacer mes vieux amis, c'est comme ça…  Prenons par exemple How I Met Your Mother, comment dire… j'en suis pour l'instant à la fin de la saison 6 et c'est quand même pas bien glorieux tout ça : le show n'avait fait que s'améliorer pendant ses trois premières saisons et puis… BAM! Barney est devenu une caricature, Marshall et Lily sont devenus chiants à mourir, Robin a été oubliée par des scénaristes… qui auraient mieux fait d'oublier Ted, le personnage central, le boulet. La série est devenue d'une telle feinéantise narrative que tout est bon pour faire reculer le moment où Ted rencontrera la fameuse "mère".

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C'est compréhensible, les créateurs se disent que la série ne serait plus intéressante sans cette "promesse" à venir alors ils font durer... On imagine les enfants se dessécher sur la canapé à l'écoute des souvenirs de plus en plus décalés de leur père… c'est facile à imaginer car le téléspectateur se dessèche lui aussi et commence à espérer un croisement entre How I Met Your Mother et 24 Heures Chrono où Jack Bauer, avec sa finesse habituelle, torturerait le héros pour savoir, enfin, QUI EST LA MERE!!!!  

How I Met Your Mother ou l'exemple parfait qu'une sitcom doit éviter les "concepts". Le point de départ de la série était intéressant et le traitement suivait vraiment :  avec tous ces va-et-vient temporels, ces flashbacks, ces flashforwards, les flashbacks dans les flashforwards, la série était dans l'air du temps et avait redonné un bon coup de fouet à un genre pas forcément réputé pour sa mise en scène audacieuse... Pendant les premières saisons, c'était vraiment excellent : réalisation rythmée, gimmicks visuels à foison, clin d'oeil au spectateur et à sa supposée mémorisation de la temporalité de la série... Il y avait malheureusement un risque de se tirer une balle dans le pied... là, on peut parler d'un chargeur entier... How I Met Your Mother s'est trop enfermée dans ses artifices visuels au détriment de ce qui fait en premier lieu la force d'une sitcom ... ses personnages.

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Friends ne part pas d'un concept fort, d'ailleurs son concept est tout entier défini dans son titre... On y parle des bons et des mauvais moments de la vie d'une bande de six amis new-yorkais. C'est simple et ça marche du tonnerre, grâce à l'écriture bien sûr, mais surtout grâce à ses personnages : le dragueur, la farfelue, la rigide, le trublion... Des "clichés" admirablement servis par une troupe de comédiens excellents qui, durant 10 saisons, ont su devenir les amis de millions de téléspectateurs à travers le Monde : on s'est attaché à eux, on a ri et pleuré avec eux et on les a suivis. On les a tout simplement aimés. Les principaux comme les secondaires : Gunther, Janice ou encore Richard ont enrichi l'univers de Friends au fil de la série. Les personnages de How I Met Your Mother commencent à sonner creux et à tourner en rond car personne n'a réussi à intégrer leur groupe, ne leur offre de matière à se renouveler. Ted et sa bande semblent n'être que des pions au service des gags : ils n'existent pas plus longtemps que la durée d'un épisode... 

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Dans Seinfeld, les quatre héros new-yorkais sont tout sauf des amis que l'on aimerait avoir : ils sont lâches, mesquins, râleurs, radins... mais on s'y attache parce qu'ils sont bien écrits. C'est là l'autre impératif d'une sitcom : son écriture doit être millimétrée, parfaite, cohérente et claquer comme une évidence. En ce sens, le show créé par Jerry Seinfeld et Larry David reste pour moi la référence ultime : j'ai dévoré les neuf saisons de ce classique de la télévision en quelques mois et je reste toujours béat d'admiration devant l'ingéniosité, l'orchestration de ses scripts. Seinfeld, c'est "the show about nothing" : 22 minutes sur une tâche sur un blouson, sur une braguette... L'éloge du vide et des conversations banales. Le concept? Il n'y en a pas. Tout ça pourrait vite tourner court et devenir vain, il n'en est rien : l'écriture est d'une finesse incroyable, les vannes mémorables et la série contient un nombre d'épisodes cultes assez énorme. De plus, on y croise ce qui se révèle le plus grand loser de la télévision (encore plus qu'Homer Simpson, car ne se remettant jamais en question) : George Costanza. Toutes les tares réunies dans un individu hors normes, inclassable... donc, forcément inoubliable.

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Je remonte encore le temps et... voilà venir Cheers. 1982-1993, 275 épisodes : le classique par excellence. Un bar pour (quasiment) seul décor et la troupe des habitués : le patron, ancienne star de baseball, une BCBG obligée de devenir serveuse, un postier, un habitué de longue date, une serveuse irrascible et un psychiatre, un certain... Frasier , qui aura donc droit à sa série dérivée juste après la fin de Cheers! Kelsey Grammer (Boss) a passé plus de vingt ans dans la peau de ce personnage, le Dr Frasier Crane... et pour ça, je l'en remercierai éternellement car je lui dois certainement quelques uns de mes plus beaux fous rires. Cheers, c'est la simplicité érigée en art de vivre : encore plus que les Friends, ce sont eux mes meilleurs amis de sitcoms. Drôles, touchants, parfois pathétiques, ils m'ont accompagné pendant pas mal de soirées à l'époque où Série Club était encore une bonne chaîne. Je n'aurai raté un épisode pour rien au monde, même à trois du mat'... surtout à trois heures du mat'. Mince, à force d'en parler, il va falloir que je me refasse l'intégrale maintenant!

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J'ai pas envie de faire mon vieux grincheux qui clame à tout va que "c'était mieux avant"... et passer pour un c.. quand je dirai (ou pas), d'ici quelques mois, que j'adore How I Met Your Mother et qu'elle est revenue au meilleur de sa forme! Toutes les séries ont des baisses de régime et c'est d'autant plus dur à accepter quand ce sont des shows que l'on apprécie : Friends a aussi eu ses petits moments de faiblesse, Seinfeld n'a pas forcément fini sur sa meilleure saison... mais elles ne m'ont pas lassé au bout de six ans.

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Et puis bon, il y a plein de trucs drôles à la télé actuellement : mais face à un The Big Bang Theory qui respecte les codes d'une sitcom (peu de décors, rires...) et qui est une série que j'adore, j'avoue trouver ma dose de rires dans des séries... qui ne sont pas des sitcoms. Méthodes de tournage différentes (pas de public ou de rires enregistrés), humour plus irrévérencieux voire trash, je parle de LouieEastbound & Down ou encore Happy Endings, des petits bijoux qui montrent que la comédie a encore de très beaux jours devant elle! 

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Je regarde ma montre... 66 minutes devant moi. Que faire? Un épisode de Cheers, un Seinfeld puis un Frasier?.. Tiens, ça colle pile poil! Comment ça je suis monomaniaque?..

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Crédits photos : NBC, CBS, ABC.

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