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Oblivion, écrit par Joseph Kosinski, William Monahan, Karl Gadjusek, Michael Arndt. Réalisé par Joseph Kosinski . Avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough, Morgan Freeman. USA - 2013. 126mn. Sortie le 10 avril 2013. 

 

2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui.

Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie "céleste" de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. Ressentant pour Jack une attirance et une affinité qui défient toute logique, Julia déclenche par sa présence une suite d’événements qui pousse Jack à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir.

 

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La première partie d'Oblivion est un pur enchantement pour les yeux : dépeignant avec une classe visuelle exceptionnelle l'agonie d'une Terre désertée et bientôt asséchée, Joseph Kosinski frappe la rétine à grands coups de paysages somptueux et de longs plans contemplatifs. Véritable esthète qui avait démontré son sens de l'image dans le très bon Tron : l'héritage, le réalisateur prend son temps pour nous immerger dans son univers et les codes qui le régissent, n'hésitant pas à proposer un rythme volontairement lent, et ce en marge du cinéma ultra-speedé actuel qui semble motivé par l'esbrouffe plus que par l'affect. En ce sens, Oblivion est un ovni, un projet à risque de la part d'un grand studio (Universal et ses 120 millions de dollars investis) et se doit d'être salué comme tel.

Vendu comme un actionner SF par une bande annonce un poil mensongère, Oblivion se démarque donc du tout-venant par la volonté de proposer une expérience différente aux spectateurs en misant sur une certaine poésie des images et une "pulsation" inhabituelle... Une ambition louable qui se trouve malheureusement parasitée par un scénario bancal : trop explicatif au point de nous couper du voyage sensoriel amorcé par le visuel ou au contraire trop évasif (pour masquer les problèmes de cohérence?..), le script de Kosinski se révèle être le principal point faible d'un métrage auquel on voudrait tout donner tant sa fraîcheur fait plaisir à voir.


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De 2001, l'odyssée de l'espace à Matrix en passant par Blade Runner, Joseph Kosinski connaît ses classiques mais peine à réellement s'en défaire pour saisir tout le potentiel que son film recèle : belle réflexion sur les notions de personnalité et d'âme, Oblivion ne dépasse malheureusement pas le stade des évidences et reste bloqué dans une sorte de déjà-vu, certes pas désagréable mais qui ne rend hélas pas justice aux promesses lancées dans la première moitié du récit. Des promesses que le réalisateur se sent un peu "obligé" de tenir dans une deuxième partie qui confond parfois précipitation et rythme plus soutenu.

Pourtant, malgré ces réserves, impossible d'être foncièrement négatif sur Oblivion : le spectateur est littérallement happé dès les premières minutes par des images magnifiques, une ambiance rare et une bande originale excellente et, pour peu qu'il se laisse emporter, sera amené à vivre une aventure de SF à l'ambiance étonnante et qui touche à l'intime à de nombreuses reprises. 

 

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Porté par le charisme intact d'un Tom Cruise qui vieillit décidément très bien, le deuxième film de Kosinski est donc une superbe invitation (la direction artistique est solide) où la mise en scène millimétrée, le sens du cadre et le découpage arrivent à faire oublier les carences d'un script intéressant mais trop souvent bancal. Si Oblivion n'atteint pas le statut d'oeuvre essentielle que ses prémisces pouvaient laisser croire, il n'en reste pas moins un divertissement de haute volée qui mérite amplement d'être vu sur un grand écran. 2013 est l'année de la SF (Star Trek Into Darkness, Pacific Rim, Elysium) et, malgré ses erreurs, Joseph Kosinski ouvre le bal avec honneur.

Crédits photos : Universal Pictures.

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