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Savages, écrit par Shane Salerno & Don Winslow & Oliver Stone. Réalisé par Oliver Stone. Avec Taylor Kitsch, Aaron Johnson, Blake Lively, Salma Hayek, Benicio DelToro, John Travolta. USA - 2012. 130mn. Sortie le 26 septembre 2012.

Oliver Stone, c'est Platoon, Né un 4 Juillet, L'Enfer du Dimanche, Tueurs-Nés, JFK... mais c'est aussi World Trade Center, W. l'improblabe président ou encore Alexandre (du moins dans sa version cinéma, la version "Revisited" disponible en DVD/BluRay est une tuerie!) : inégal mais passionnant, le réalisateur a perdu de son aura. Oliver Stone, l'énervé (et l'énervant) d'Hollywood, celui qui met le doigt où ça fait mal (Salvador, Wall Street) a maintenant quelque peu besoin de se refaire une santé après les échecs critique et public de ses dernières oeuvres. Il revient donc cette semaine avec un pur film de genre, loin de ses pamphlets précédents, inspiré du roman éponyme de Don Winslow : Savages.

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Lorsque leur petite amie est kidnappée (Blake Lively), deux trafiquants de marijuana (Aaron Johnson et Taylor Kitsch) s'attaquent à un cartel de la drogue mexicain (dirigé par Salma Hayek) pour la secourir...

Filtres à foison, passage du noir & blanc aux couleurs désaturées, accélérations, ralentis... le Oliver Stone de Tueurs-Nés est de retour... et ça fait du bien! Au sein d'une intrigue très classique et au déroulement plutôt linéaire, le réalisateur de JFK dynamite son récit avec de multiples artifices qui, s'ils paraissent un peu vains par moment, n'en sont pas moins des petits shoots d'adrénaline chargés de relancer une machine qui pourrait vite tourner court. Aidé par un casting impeccable (Taylor Kitsch est très bon en soldat badass et Blake Lively, juste incendiaire), Stone offre au spectateur une virée au royaume de la drogue et de l'ultra-violence : moins référentiel mais tout aussi second degré qu'un Tarantino (notamment grâce au psychopathe un peu beauf incarné par l'excellent Benicio DelToro), Savages se rapproche du cinéma du réalisateur de Pulp Fiction par sa volonté constante de surprendre, de choquer, de lui offrir un voyage qu'il n'est pas prêt d'oublier... un voyage en enfer, certes, mais fun quand même!

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Retrouvant, du moins en partie, la hargne qui l'habitait au moment de ses plus grandes oeuvres (JFK, L'Enfer du Dimanche), Oliver Stone rate néanmoins le coche au niveau du rythme : car, même si l'intrigue rebondit sans cesse de par son traitement visuel (montage, lumière) et sonore (voix-off, musique cool), Savages aurait gagné à être plus resserré et éviter ainsi le ventre mou qui plombe légèrement le film à sa moitié. Rien de grave là-dedans, son thriller sexy, furieux et violent parvient toujours à se relever et à proposer des scènes de tension et d'action jouissives (interdiction aux moins de 12 ans bien méritée...) mais un peu dommage quand même : on attendait Stone au sommet, il est finalement toujours en train de grimper... Il fera donc encore mieux la prochaine fois... et ça, c'est bon!

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Crédits photos : Pathé.

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