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C'est le 25 juillet prochain que sort The Dark Knight Rises, l'ultime volet de la trilogie Batman revisitée par Christopher Nolan. Vous êtes forcément au courant: il y a des affiches un peu partout, un nombre incroyable de teasers, de trailers, de clips, d'extraits envahissent le Web depuis maintenant plusieurs mois... Le service marketing a très bien fait son travail et je serai malhonnête si je disais que je n'étais pas impatient. Je suis impatient et même plus encore.

Lorsque Christopher Nolan reprend les rênes de la franchise Batman avec l'aide de David S. Goyer (scénariste de la trilogie Blade), la saga du justicier de Gotham City a bien besoin d'un remontant: alors que Bryan Singer et ses X-Men ou encore Sam Raimi et ses Spider-Man ont cassé la baraque et redéfini les exigences du public en termes d'adaptations de comics, les fans de Batman ont encore malheureusement en mémoire (ou en tout cas bravo à ceux qui arrivent à en faire abstraction) les immondes Batman Forever et Batman & Robin de notre ami Joel Schumacher, deux atrocités que j'ai eu la chance de voir sur grand écran au moment de leur sortie... J'ai très rarement eu envie de quitter une salle de ciné en pleine projection: le quatrième volet des aventures de Batman peut se vanter de m'avoir fait me lever et faire quelques pas vers la porte (je me suis finalement rassis, n'ayant pas fini mon soda)...

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Portés par les interprétations navrantes de Val Kilmer, George Clooney ou bien encore Arnold Schwarzenegger (et ses jeux de mots à deux balles), les films de Joel Schumacher annihilent sans aucune retenue tout le travail fourni par Tim Burton avec ses excellents Batman et Batman, Le Défi pour jouer la carte du divertissement poussif et débilisant. Jetant également aux orties la magnifique série animée Batman de Bruce Timm, le réalisateur de Chute Libre signe deux objets filmiques navrants dont les boîtiers DVD sont à peine dignes de caler un meuble.

Lorsque la Warner décide au début des années 2000 de reprendre sa franchise du Caped Crusader (motivée par les scores engendrés par la Fox et ses X-Men), elle fait appel à un réalisateur que l'on attend pas forcément sur ce type de production: Christopher Nolan. Après s'être fait remarquer avec Following et surtout son ingénieux Memento, Nolan s'est vu confier avec succès les rênes d'Insomnia avec Al Pacino et Robin Williams. Devenu bankable aux yeux d'Hollywood, la Warner l'engage pour travailler avec David S. Goyer sur Batman Begins, un film qui emmènera les adaptations de comics dans une autre sphère, plus sombre, plus tourmentée... et au succès critique et public énorme.

BatmanBeginsBatman Begins revisite avec brio la mythologie de notre héros et fait table rase du passé: finie l'ambiance boîte de nuit des films de Schumacher, finie l'atmosphère gothique des films de Burton. Avec ce reboot, Christopher Nolan questionne la place du héros dans une société gangrénée par la corruption: un homme qui n'a lui-même pas vaincu ses propres démons est-il le mieux placé pour combattre les autres? Où est la frontière entre justice et exhutoire personnel?

batmanbegins2Tout en donnant au public du très grand spectacle avec un blockbuster de haute volée, Christopher Nolan ne renie en rien ce pour quoi la Warner l'a finalement engagée: il apporte sa science de la narration décousue et se permet (ce qui est plutôt rare dans ce type de production) d'analyser en profondeur la psyché de son héros. Torturé, prisonnier d'une culpabilité dont il ne peut se défaire, Batman apparaît comme une personne qui cherche le pardon en endossant un masque. C'est un être fragile que nous présentent Nolan et Goyer, un homme (pas un super-héros...) qui commence tout juste son chemin de croix vers le pardon. Le sien.

affiche-the-dark-knight-le-chevalier-noirAprès un tel triomphe, il n'est pas envisageable pour la Warner de laisser tomber le filon: une suite est rapidement mise chantier avec, fort heureusement, toujours Christopher Nolan aux commandes. Aidé de son frère Jonathan au scénario, il va littéralement amplifier ce qui avait fait le succès de Batman Begins: la narration est plus complexe, les acteurs au diapason servent des personnages magnifiquement écrits, les scènes d'action sont plus ambitieuses, la réflexion sur les notions de pouvoir et de justice est de plus en plus poussée, la musique de Hans Zimmer et James Newton Howard est tout bonnement magistrale... bref, The Dark Knight surpasse en tous points le premier volet de ce que David S. Goyer, au moment de la sortie de Begins, prévoyait déjà comme une trilogie.

Revisitant avec brio des personnages cultes de l'univers de Batman tels que le Joker (époustouflant Heath Ledger, habité par le rôle) ou bien encore Harvey Dent, pendant positif de notre Chevalier Masqué qui se verra rattrapé et corrompre par le Mal, Christopher Nolan place la barre très haut et permet aussi aux adaptations de comics de finalement toucher un plus large public, pas forcément friand de super-héros et autres joyeusetés. On évitera de dire, comme certains, que le blockbuster est enfin devenu intelligent (ça fait 40 ans que Steven Spielberg fait des blockbusters intelligents...) pour surtout retenir la formidable affirmation d'un auteur sur un genre et sur un héros aussi codifiés: ne prenant jamais les spectateurs pour des idiots, l'audace de Nolan est justement récompensée par un triomphe international.

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Après un polar bien tendu (Batman Begins) et un thriller sous haute tension (The Dark Knight), que peut-on attendre de The Dark Knight Rises? Tout simplement de finir la saga en beauté et de nous offrir le blockbuster de l'été, voire de l'année,  après la déception de The Amazing Spider-Man: Christopher Nolan a eu les coudées franches sur trois films pour imposer sa vision de Batman et on ne peut qu'imaginer l'apothéose que doit représenter ce dernier volet dans sa logique d'écriture. Avec ses deux co-scénaristes, Nolan a eu la chance de pouvoir redéfinir totalement un héros maltraité par un studio avide d'argent facile et un réalisateur sans personnalité prêt à toutes les ignominies pour toucher son chèque: grâce à une mise en scène intelligente et maîtrisée, le réalisateur d'Inception a redonné ses lettres de noblesse à un héros qui en avait bien besoin et a offert au public deux films (pour le moment) prestigieux qui vont bien au-delà de la simple adaptation de comics.

Avec un méchant qui en impose vraiment (Bane, incarné par Tom Hardy) et l'arrivée de Catwoman (Anne Hathaway) dans l'équation, des extraits plus qu'impressionnants (la séquence du stade a l'air dantesque), on se demande jusqu'où le réalisateur d'Inception est allé... Quel sort a-t-il réservé au sauveur de Gotham City? L'a-t-il poussé jusque dans ses plus intimes retranchements?

Réponse le 25 juillet!

 

   
Crédits photos: Warner Bros. Pictures.

 

 

 


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