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Situé dans les années 50, The Master suivra le créateur d'un nouveau mouvement religieux (incarné par Philip Seymour Hoffmann) ainsi que son bras droit (Joaquin Phoenix) qui, à mesure que le nombre d'adeptes grandit, se met à douter de son mentor et de sa foi...

Paul Thomas Anderson n'est pas ce qu'on peut appeler un réalisateur prolifique: 5 ans entre Punch Drunk Love et There Will Be Blood et de nouveau 5 ans jusqu'à The Master... Et on peut dire que l'attente a été longue! 

magnolia

C'est avec Magnolia que j'ai découvert Paul Thomas Anderson: la vision de ce film sur grand écran m'a littéralement secoué, vraiment. Scénario, rythme, musique, mise en scène, interprétation... Tout simplement l'impression étrange et si enivrante que, pendant 3 heures, c'est à moi que ce film s'adressait. Le plaisir de voir que tout ce que j'avais toujours aimé et/ou voulu au cinéma m'était offert par un réalisateur alors inconnu mais qui allait rapidement grimper en haut du top 3 de mes metteurs en scène préférés (les deux autres sont Steven Spielberg et Clint Eastwood mais ce n'est pas le sujet...).

boogie nights

Vint ensuite Boogie Nights, son précédent film en fait, qui se situait dans l'industrie du porno des années 70 à San Francisco mais qui était surtout une étude de caractère d'une incroyable justesse: tout comme dans Magnolia, Anderson parvenait avec ce film à faire vivre un groupe de personnages aux destins intimement liés. Des personnages qui se croisaient, s'éloignaient pour mieux se retrouver au gré d'une mise en scène d'une classe folle (le plan-séquence du début est juste énorme) où l'interprétation de premier ordre (Mark Wahlberg y est excellent) et l'utilisation jouissive de la musique (Jessie's Girl de Rick Springfield)  concouraient à faire de ce film choral un vrai petit bijou. Paul Thomas Anderson s'y révélait déjà, pour ce qui n'était alors que son second long-métrage, comme un digne héritier de Robert Altman et de Martin Scorsese.

Punch Drunk Love

Avec son film suivant, Anderson surprend tout le monde: Punch-Drunk Love n'est pas un film choral, il fait moins de deux heures et met Adam Sandler en tête d'affiche... Le réalisateur y développe également un univers plus onirique, expérimental absent de ses précédentes pellicules mais qui s'inscrit finalement dans une même justesse dans l'étude de caractère et dans une volonté de toujours faire avancer sa mise en scène, de pousser plus loin le médium cinéma. Adam Sandler, alors habitué des comédies grand public et à tendances régressives (Waterboy) y est remarquablement dirigé et le film obtient le Prix de la Mise en Scène à Cannes en 2002.

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Si certains critiques, malgré le ton singulier et rafraîchissant de Punch-Drunk Love, étaient encore un peu partagés au sujet de Paul Thomas Anderson, trouvant sa mise en scène prétentieuse et ses influences beaucoup trop flagrantes, son film suivant met rapidement tout le monde d'accord. Adapté en partie du roman Oil d'Upton Sinclair, There Will Be Blood est un pur joyau: brut, sombre, sans concession et à la réalisation d'une maîtrise impressionnante. Daniel Day-Lewis, bouleversant, y livre une de ses plus belles prestations (justement récompensée par un Oscar): littéralement habité par ce personnage détestable faisant passer sa quête de réussite au-delà de sa relation avec son fils, l'acteur devient l'archétype du héros andersonien, seul et voué à être prisonnier de son destin.

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En dépit d'une production plutôt compliquée (budget qui enfle, polémique quant à l'histoire qui ferait beaucoup penser à la naissance de la Scientologie, changements d'acteurs...), The Master arrivera enfin sur nos écrans pour la fin de l'année. Le casting donne la bave aux lèvres et le premier trailer, sacrément intriguant, ne fait qu'accentuer l'impatience... Paul Thomas Anderson est de retour.


  Crédits photos: Metropolitan Filmexport, Columbia Tristar, Miramax, The Weinstein Company.

 

 


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