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Depuis le magnifique Open Range de Kevin Costner en 2004, les westerns se font de plus en plus rares sur les écrans de cinéma (on peut rajouter The Propositon de John Hillcoat, 3h10 pour Yuma de James Mangold ou le prochain Tarantino, Django Unchained, à cette courte liste)... Le genre semble avoir trouvé ainsi refuge du côté de la petite lucarne : que ce soit directement (Deadwood, Hell On Wheels, Hatfields & McCoys) ou indirectement (la série de SF Firefly ou bien le polar Justified empruntent énormément aux codes et à l'imagerie de ce genre fondateur), le western n'a cessé de se réinventer et ce, pour le plus grand plaisir des spectateurs en manque de chevauchées dans les étendues du Grand Ouest...

VEGAS

En cette rentrée 2012, c'est la chaîne CBS qui se lance à son tour dans l'aventure en proposant Vegas : créée par Nicholas Pileggi (scénariste des Affranchis et Casino pour Scorsese) et Greg Walker (scénariste sur FBI, Portés Disparus ou encore Smallville), la série suit l'histoire vraie d'un propriétaire de ranch qui se voit confier le poste de shérif afin de remettre de l'ordre à Las Vegas, ville qui prospère à toute vitesse et qui attire tout ce que le coin compte en gangsters et autres criminels...

Pour tout fan de western et de tout ce qui touche de près ou de loin à la Mafia, Vegas semble être le projet rêvé. Quand en plus, on rajoute un casting de haute volée comprenant Dennis Quaid (L'Enfer du Dimanche), Michael Chiklis (The Shield) ou encore Carrie-Anne Moss (la trilogie Matrix), il devient très difficile de faire la fine bouche. Certes diffusée sur CBS, la chaîne qui adore les policiers (CSI, Blue Bloods) mais pas forcément connue pour ses prises de risques, Vegas intrigue... et réussit son pari, avec classe et talent!

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Visuellement superbe, le pilote de Vegas (réalisé par l'éclectique James Mangold à qui l'on doit Walk The Line et... 3h10 pour Yuma) délivre tout ce qu'on était en droit d'attendre du projet : au fil d'une intrigue policière classique mais rondement menée, ce sont surtout les personnages et leur vision du monde qui sont mises en avant. Ralph Lamb est un cowboy râleur et tenace, l'incarnation de l'honneur et de valeurs anciennes (justement mises en avant dans les westerns) tandis que Vincent Savino, le gangster venu de Chicago afin de remettre un peu d'ordre dans les casinos de la Mafia, représente tout ce que la ville de Las Vegas, symbole ultime d'une modernité en marche avec ses néons éblouissants, a de plus vicieux et pernicieux. Stetson contre chapeau mou, jeans/santiags contre costards trois pièces...

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Dans leurs rôles respectifs, Dennis Quaid et Michael Chiklis sont parfaits et, soutenus par un casting solide (Carrie-Anne Moss est toujours aussi belle) hissent le show vers des moments jubilatoires lors de leurs scènes en commun : tension, sous-entendus... les deux hommes peuvent exploser à tout instant et... c'est ce qu'on attend!

Si Pilleggi et Walker arrivent à développer de bonnes intrigues, tout en continuant à montrer l'évolution d'une société où les belles voitures ont remplacé les chevaux, et si les personnages prennent de l'épaisseur pour aller au-delà de la "simple" image qu'ils incarnent, Vegas pourrait bien se révéler être une des excellentes surprises de cette rentrée. Rendez-vous est pris pour l'épisode 2.

Crédits photos : CBS.

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