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White House Down, écrit par James Vanderbilt. Réalisé par Roland Emmerich. Avec Channing Tatum, Jamie Foxx, Maggie Gyllenhaal, James Woods, Richard Jenkins, Jason Clarke. USA - 2013. 137mn. Sortie le 04 septembre 2013.

 

En me posant un instant pour réfléchir au "cas" Roland Emmerich, je me suis rendu compte d'une chose qui m'a plongé dans un état de profonde perplexité: j'ai presque vu tous les films du réalisateur d'origine germanique sur grand écran, en tout cas tous ceux qu'il a mis en scène depuis son arrivée aux USA... D'Universal Soldier à White House Down, en passant par The Patriot, Stargate ou encore 10000, j'ai contribué à perpétuer la carrière du plus grand démolisseur de bâtiments publics (avec Michael Bay), au grand dam de bon nombre de critiques toujours à l'affût pour déverser leur bile sur le metteur en scène d'Independence Day. Pourtant, loin de moi l'idée de défendre le réalisateur de 2012 ou du moins d'en faire l'étendard des metteurs en scène incompris et qui sont en fait des génies... Parce que j'aurai bien du mal à trouver du génie dans une purge comme 10000, soyons honnêtes que diable! Mais, et si je ne vais pas me lancer dans une tribune visant à faire de Roland Emmerich l'un des plus grands réalisateurs de blockbusters actuels, force est de reconnaître que j'ai une sympathie certaine  pour l'individu notamment parce que je garde un souvenir ému d'Universal Soldier et de Stargate...


Kurt-Russell 

Je sens que sur ce coup-là, certains lecteurs sont déjà prêts à retourner sur leur boîte mail! En 1992, j'avais dix ans et en 1994... douze et donc, oui, des films qui voient des super soldats se foutre sur la gueule ou qui envoient des Marines dans une autre galaxie pour se fighter contre Râ, représentent à peu près tout ce qu'on attend de voir sur un grand écran à cet âge-là : du dépaysement, de l'action, des effets spéciaux, de l'humour... bref, du grand spectacle qui s'assume comme tel et qui procure du plaisir pur et immédiat. Les films sont bien sûr loin d'être parfaits (le scénario parfois cousu de fils blancs, Jean-Claude Vandamme et ses trois expressions faciales...) mais la nostalgie et la simplicité du divertissement populaire l'emportent malgré tout! Et c'est exactement ce que j'ai ressenti devant White House Down : simple, efficace et bourré d'ironie... Ben oui, si j'ai pris mon pied devant White House Down, c'est parce qu'on ne peut pas prendre ce film au premier degré. Non, vraiment pas. Entre le leader du monde libre qui se balade avec des Air Jordan, un méchant tout droit sorti de Commando et des répliques du genre "J'aperçois le Président avec un lance-roquettes dans les mains...", Roland Emmerich y va à fond et ça marche! Car si on accepte son côté décomplexé et fièrement assumé, alors oui, White House Down ressuscite avec bonheur ces films d'action des années 90 qui ont bercé l'adolescence des plus nostalgiques (et des plus jeunes) d'entre nous... Amis poètes, bonjour!

 

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Membre de la police du Capitole, John Cale vient de se voir refuser le job dont il rêvait : assurer la protection du président des États-Unis. Espérant éviter à sa fille une déception lorsqu’il lui apprendra la nouvelle, il l’emmène visiter la Maison-Blanche. C’est à ce moment qu’un groupe paramilitaire lourdement armé attaque le bâtiment. Alors que le gouvernement américain sombre dans le chaos, Cale va tenter de sauver sa fille, le président, et le pays tout entier…

 

Le script vous dit quelque chose? Vous avez vu récemment un film où la Maison Blanche se faisait attaquer par de vilains Nord-Coréens tandis que Leonidas Gerard Butler tentait de protéger la Nation en vidant des chargeurs à tout va et en brisant des nuques?.. Oui, moi aussi j'ai vu La Chute de la Maison Blanche (Olympus Has Fallen) d'Antoine Fuqua et c'était bien sympa : un Die Hard like bien bourrin et bien fun... et qui a sans doute eu le mérite d'arriver plus tôt que le nouveau Emmerich, si on en croit ses recettes. Pour un budget de 70 millions de dollars, le thriller d'Antoine Fuqua a ainsi récolté presque 100 millions de dollars de recettes rien que sur le territoire américain (plus de 160 au niveau mondial) tandis que White House Down, avec ses recettes mondiales, n'arrive même pas à rembourser son budget de 150 millions de dollars... Ca fait mal, quoi! C'est bien dommage parce que Roland Emmerich tenait là un bon gros blockbuster à même d'amasser le pactole et ainsi faire oublier le bide de son précédent film, le bien nommé... Anonymous. Comme à la belle époque où, avec un sujet similaire, un Deep Impact affrontait un Armageddon sur les écrans du monde entier, qui ressort vainqueur de l'attaque contre la Maison Blanche?.. Allons-y franco, c'est le Emmerich. Et haut la main!

 

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Déjà, comme dans tous ses précédents films, notre ami Roland aime montrer qu'on lui a filé des sous pour s'amuser et donc... il s'amuse! Fusillades, poursuite entre une limousine et des jeeps dans les jardins de la Maison Blanche, des hélicoptères qui se crashent, mano à mano bien sympathiques, explosions dans tous les coins... bref, les 150 millions de dollars se voient sur l'écran et ça fait plaisir de pas se faire arnaquer. Si la mise en route de White House Down est certes moins pêchue que celle de La Chute de la Maison Blanche, le film s'en sort tout de même mieux car jouant avec panache sur le crescendo. Si Antoine Fuqua livrait une séquence d'attaque bien nerveuse en guise de hors d'oeuvre, il proposait ensuite un plat sympathique à base de fights et de fusillades mais finalement un peu rébarbatif... Le réalisateur de 2012 lui, il fait pas comme ça! Si son attaque de la maison du Président en 15 minutes chrono peut laisser craindre le pire en matière d'action un poil trop pépère, il se rattrape ensuite très largement en livrant des séquences toutes plus spectaculaires les unes que les autres et démontre une fois de plus son talent certain dans l'art de tout faire péter avec le sourire! La classe, on l'a ou on l'a pas!

 

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Les réfractaires pourraient se dire que James Vanderbilt (scénariste de Zodiac et The Amazing Spider-Man) ne s'est pas trop foulé en pompant sans vergogne le script du premier Die Hard, l'indétrônable Piège de Cristal de John McTiernan, et que la recette sent franchement le réchauffé. Alors oui c'est vrai, les clones de Die Hard, on en a bouffé dans les années 90 (Piège en haute mer, Passager 57, Rock, Speed...) et on se demande si c'est vraiment une bonne idée de revenir sur une formule aussi connue et malheureusement un peu usée... Et bien, je dis oui. Et, quand je repense au pitoyable  Die Hard 5 - Belle journée pour mourir, de John Moore, je dis mille fois oui! Parce que là où le cinquième opus des aventures de John McClane faisait méchamment pitié, White House Down se pose comme un divertissement simplement fun, direct et franchement fendard. Le duo Channing Tatum/Jamie Foxx fonctionne instantanément, les vannes fusent aussi vite que les rafales de mitraillettes et ce côté "bon enfant" dont ne se départit jamais le film d'Emmerich permet de faire passer les trucs les plus fous comme une lettre à la Poste! Le spectacle est énorme, les péripéties s'enchaînent sans temps mort, les méchants sont méchants, le gentil est en marcel blanc... On a déjà vu ça certes, mais c'est bien pour voir ça qu'on est venu aussi, non?


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De plus, même si le scénario de Vanderbilt surfe sur des schémas archi-connus, il se révèle toutefois par moment beaucoup plus fin qu'il n'y paraît, notamment en ce qui concerne les motivations des bad guys : adressant de belles piques au lobby des armes et à son influence sur le gouvernement US et en faisant des antagonistes des ennemis intérieurs, Roland Emmerich prêche une parole bien loin du discours ultra-patriotique que nous servait Bill Pullman à la fin d'Independence Day, juste avant d'aller bouter les aliens hors du Monde des States! Là où La Chute de la Maison Blanche d'Antoine Fuqua faisait des ennemis de la Nation des Nord-Coréens, White House Down remporte la bataille en proposant un discours plus nuancé car questionnant les valeurs de l'Amérique. On n'est pas non plus dans Syriana, mais ça fait plaisir de voir ça, surtout, je le répète, de la part d'un cinéaste qu'on imagine siffloter le Star Splanged Banner dès le réveil! Malgré un rythme parfois à la peine (comme de nombreux autres blockbusters, celui-ci dépasse les deux heures et ça se sent...) et des situations loin de faire dans l'inédit, White House Down n'en demeure pas moins un divertissement franchement recommandable, selon bien sûr ce que vous êtes venus y chercher : si c'est des scènes d'action bien foutues, des acteurs qui prennent plaisir à jouer avec des mitraillettes et une bonne humeur communicative... alors éteignez votre ordinateur et direction le ciné! Si un jour, on m'avait dit que je dirai ça d'un film de Roland Emmerich...

Yipikaï!

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Crédits photos : MGM, Columbia Pictures.




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