AVENGERS : L'ERE D'ULTRON - la critique

Avengers : Age of Ultron, écrit et réalisé par Joss Whedon. Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, James Spader, Aaron Taylor-Johnson, Colbie Smulders. USA - 141mn. Sortie le 22 avril 2015.

Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.
Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…

Sorti en 2012, Avengers venait conclure avec panache la phase 1 de l’Univers cinématographique Marvel lancé 4 ans plus tôt avec le premier volet des aventures d’Iron Man. Résultat? Du fun, de l’action, une belle gestion de ses personnages… et des milliards de dollars à la clé. Mené de main de maître par Joss Whedon (Buffy, Firefly), le film se présentait comme une sorte de fantasme devenu réalité pour les fans de comics et donnait furieusement envie de plonger dans la phase 2.

Trois ans et une excellente deuxième phase plus tard (exception faite du raté Thor 2, Iron Man 3, Captain America : le Soldat de l’Hiver et Les Gardiens de la Galaxie sont de belles réussites), voilà donc le retour des Avengers pour ce qui s’apparente à l’un des blockbusters les plus attendus de 2015. Si ce nouveau volet, au contraire donc de son prédécesseur, n’est pas conçu comme la conclusion d’une phase (c’est Ant-Man, prévu pour juillet, qui aura cet honneur), il n’en reste pas moins qu’il est perçu comme tel et qu’il se doit d’envoyer du très lourd. Tout simplement.

 

Verdict?

AVENGERS : L'ERE D'ULTRON - la critique

Quasiment une semaine après avoir vu Avengers : L’ère d’Ultron, il ne m’en reste finalement que très peu de souvenirs durables, rien qui me fasse repenser au film avec un large sourire aux lèvres et qui me redonnerait envie de payer ma place pour le revoir. Le nouveau film de Joss Whedon, tout plein de séquences d’action énormes et de bons mots qu’il soit, est donc une déception. Et ça m’énerve d’écrire ça parce que je voulais l’aimer ce film, je voulais une nouvelle fois pouvoir crier au monde entier : “Joss Whedon c’est le meilleur!” et défendre avec ardeur l’univers Marvel, certes perfectible mais néanmoins bourré d’une efficacité qu’on ne retrouve plus beaucoup sur nos écrans actuellement. Je n’en ferai donc rien et, comme pour lorsque j’étais sorti de la projection de Fast and Furious 7, je me contenterai de citer ma grand-mère : “le trop est l’ennemi du bien”. Une maxime qui convient parfaitement à Avengers 2 : trop de personnages, trop d’action, trop de blagues… trop bordélique, tout simplement.

 

De fait, ce côté bordélique ne quitte jamais le spectateur tout au long des quasi 2h30 de projection et, pour ceux qui connaissent le travail de Whedon, en constitue la principale surprise : car si Avengers n’est en effet que sa troisième réalisation pour le cinéma, le créateur de Dollhouse et Angel n’en est pourtant pas à son coup d’essai en qui concerne l’écriture. Mais alors, comment imaginer que le génial scénariste de Buffy, Firefly ou bien encore Toy Story soit également celui qui signe le script tout bancal de cet Avengers? Comment se dire que l’un des créateurs les plus importants de ces dernières années, réputé pour son sens de la narration, ses personnages soignés et ses dialogues ciselés, a pu écrire un film aussi bourré de raccourcis, dénué d’émotions et où la plupart des vannes tombent à plat?!.. S’il n’est certes pas la conclusion de la phase 2, Avengers : L’ère d’Ultron en constitue pourtant le gros morceau vers lequel ont mené tous les films précédents, la somme du travail et des pistes lancées en amont : on parle donc de Thanos, des Pierres (ou Gemmes) de l’Infini, du passé de Black Widow, de la place de Captain America dans ce monde moderne, des conséquences de la chute du SHIELD… bref, de tout plein de choses.

Alors oui, Avengers 2 parle de tout ça, c’est vrai. Mais il le fait de manière si superficielle (peut-être pas pour le personnage de Black Widow, je le reconnais) qu’on a plus l’impression d’être face à un film de transition qu’à un méga-blockbuster supposé faire avancer l’histoire. Et pour ce qui est de l’histoire, ajoutons juste que le plan du grand méchant est franchement nawak et inutilement compliqué...

Étonnant (et rageant) de la part des studios Marvel qui, jusque-là, avaient réussi à véritablement développer un univers qui s’enrichissait à chaque long métrage et faisait miroiter aux spectateurs une cohérence et une solidité dans l’écriture malheureusement absentes (ou traitées à la va-vite) ici…

 
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De plus, les personnages pâtissent eux aussi de ce traitement malheureux : si on pouvait louer, et à raison, le travail de Joss Whedon sur la belle gestion des multiples personnages du premier Avengers (on ressentait là tout l’héritage de son "école" de la télévision), impossible ici de ne pas voir qu’il y a trop de monde (on ajoute Ultron, les jumeaux et Vision) et, de surcroît pas tous logés à la même enseigne : si Black Widow, Hulk et Hawkeye bénéficient d’un traitement de faveur, que dire de Thor, juste là pour balancer des vannes qui marchent pas? Que dire de Vision, personnage génial honteusement sous-exploité? Que dire du grand méchant qui perd de sa superbe à chacune de ses apparitions et qui ne se révèle jamais vraiment menaçant? Pour un bad guy qui donne son titre au film, on était en droit d’attendre un peu plus qu’une intelligence artificielle… au traitement artificiel.

 

Et puis quel gâchis en ce qui concerne les jumeaux (Quicksilver et la Sorcière Rouge) : les personnages sont super intéressants mais aucune scène ne viendra leur donner de réelle épaisseur et ce, en plus de deux heures de film. Dire que Bryan Singer avait offert à Quicksilver l’une des meilleures scènes de son X-Men : Days of Future Past, ça fait un peu mal quand même…

 
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Au niveau visuel, la déconvenue est grande là aussi : pour un blockbuster à plus de 250 millions de dollars, on était en droit d’attendre autre chose que ça. La photo est terne, certains effets spéciaux sont indignes d’une méga-production (la séquence d’introduction fait un  peu peur) et la mise en scène de Joss Whedon n’a tout simplement jamais de réelle envergure : les combats sont surdécoupés, le final est une succession d'explosions sans aucun impact qui amène le spectateur à amèrement constater qu'aucune scène d’action n'est marquante... Exactement comme le final de Fast and Furious 7, tiens... Bon sang, où sont les films de mon enfance qui savaient te créer un climax d'enfer dont tu souviens encore 20 ans après (Indiana Jones, Matrix) et qui ne sacrifiaient pas tout sur l'autel de la surenchère? Certains ont beau cracher sur les films de J. J. Abrams (Star Trek Into Darkness, le futur Star Wars : le réveil de la Force), c’est quand même autre chose que ça.

 

Pourtant, tout n’est pas à jeter (si si, je vous jure que j’ai quand même un peu aimé!) : comme je le disais précédemment, le personnage de Vision est excellent, celui de Captain America se révèle toujours comme l’un des plus intéressants et les pistes lancées pour les films futurs s’avèrent assez excitantes, notamment celles concernant ce qui constituera le premier film de la Phase 3 : Captain America - Civil War. Pour ceux qui connaissent l’histoire développée dans les comics, il y a de quoi être très impatient et, une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, ce sont Anthony et Joe Russo (déjà à l’oeuvre sur Captain America : le Soldat de l’Hiver… mon film Marvel préféré!) qui seront chargés de cette nouvelle aventure. Ainsi que d’Avengers 3 et 4… mais ça, c’est pas pour tout de suite!

Bref, deuxième vraie déception dans l’univers cinématographique développé par les studios Marvel après Thor 2, Avengers : L’ère d’Ultron n’est jamais le fantasme pelliculé qu’il se rêverait d’être : à toujours vouloir faire plus fort, plus gros (au point de n’être parfois qu’une bouillie numérique servant de spot de pub pour les studios d’effets spéciaux) mais sans vraiment sortir d’une certaine zone de confort (le climax est navrant de non-enjeux…) et où l’émotion pointe aux abonnés absents, la Marvel vient clairement d’atteindre un point critique. Rien d’alarmant mais on attend mieux de la Maison des Idées, surtout quand elle nous a livrés de vrais et bons divertissements comme Les Gardiens de la Galaxie ou encore Iron Man 3.

Allez, on se ressaisit les gars!

 
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Crédits photos et résumé : Marvel Studios, Disney et AlloCiné.

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