FAST AND FURIOUS 7 - la critique

Furious 7, écrit par Chris Morgan. Réalisé par James Wan. Avec Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham, Dwayne "The Rock" Johnson, Kurt Russell, Michelle Rodriguez. USA - 137mn. Sortie le 1er avril 2015.

Dominic Toretto et sa "famille" doivent faire face à Deckard Shaw, bien décidé à se venger de la mort de son frère.

Après un sixième opus qui envoyait du sérieux au niveau des cascades et de l’action (toutefois moins bien tenu sur la durée que le cinquième, petite bombe fun totalement décomplexée),  Fast and Furious est donc de retour pour un septième volet, fortement attendu. Et pour de multiples raisons : la disparition tragique de Paul Walker, en plein tournage, en novembre 2013 et son impact sur la réécriture du film ; l’arrivée de James Wan derrière la caméra après le travail de réhabilitation opéré par Justin Lin sur les quatre épisodes précédents ; le plaisir de voir Jason Statham se frotter à nos pilotes à grands coups de punchlines 80s et de coups de lattes dans les tibias…

 

Bref, il vaut quoi ce Fast and Furious 7 te demandes-tu, lecteur fébrile?

FAST AND FURIOUS 7 - la critique

Et bien, je dois avouer qu’après deux épisodes qui m’avaient franchement enthousiasmés, ce nouveau volet fait souffler la déception sur mon petit coeur fan d’actioners bourrins : passée une introduction du personnage de Statham très fun (genre il dessoude une armada de flics à lui tout seul, tranquillou… Yes, vas-y Jason!), le film s’embourbe dans des situations atroces de mauvais goût et dialoguées par Mozinor où Vin Diesel tente de faire passer une émotion avec un visage aussi expressif qu’une planche… Inutile de vous dire que tout le positif amené par les opus précédents s’envole aussi rapidement qu’une baffe distribuée par The Rock et que le douloureux souvenir de 2 Fast 2 Furious, summum de connerie et d’abandon, revient très vite…

Et puis arrive la première confrontation : celle entre The Rock et Statham. Tu te dis : "Non, pas si tôt quand même?" Et si : destruction de mobilier, vitres qui explosent de partout, coups de boeuf assénés avec une franche bonhomie… un sourire revient égayer mon doux visage. Surtout que quelques idées de mise en scène viennent rappeler que c’est bien James Wan derrière la caméra et non pas un mec détaché du tournage d’un clip de hip-hop où on ne filme que des shorts ultra-courts : caméra qui bascule à 180°, sens du cadre qui permet de bénéficier de l'action, montage efficace… le réalisateur de Conjuring et Death Sentence se plie certes au cahier des charges de la franchise (des bikinis, des dialogues où le pari doit être de caser le mot “famille” le plus de fois possible…) mais des sursauts comme cette première séquence d’action font plaisir.

Et puis ça se recasse de nouveau la figure après : scénario qui galère à raconter… quelque chose (logiciel espion, CIA et terroristes...), personnages qui servent à rien (Jordanna Brewster en mode potiche)... Fast and Furious 7 alterne donc avec une régularité métronomique inquiétante le chaud et le froid et semble vouloir compenser cet état par une surenchère qui bourre plus qu’elle ne contente.

Enfin non, il y a une séquence qui contente vraiment, qui rassasie comme c’est pas permis : celle de l’évasion dans les montagnes d’Azerbaïdjan.

 

FAST AND FURIOUS 7 - la critique

N’y allons pas par quatre chemins, ce morceau de bravoure vaut à lui seul le prix du ticket (et ce, même dans les grandes villes où il faut péter son PEL pour se faire une toile…) : c’est blindé d’idées, c’est énergique et ça assume pleinement son côté WTF jouissif. En clair, James Wan te dit que si tu ne dois voir qu’une seule séquence d’action à base de voitures qui se coursent cette année : “Et bien ne bouge pas, t’es dans la bonne salle!”

Typiquement le genre de truc qui te sert à tester ton nouvel écran plat et tes nouvelles enceintes : plein les yeux et plein les oreilles, mission accomplie.

Malheureusement, cet énorme morceau d’action et de tôle froissée situé en plein milieu du métrage se doit d’être dépassé dans sa démesure : c’est comme ça que ça marche, bigger and louder, tout le temps… S’ensuit donc un braquage qui force nos héros à traverser des gratte-ciels à bord de leurs bolides : alors oui, c’est impressionnant, c’est généreux mais bizarrement, ça me fait sortir du truc. Trop c’est trop et ce n’est pas le final qui te détruit la moitié du centre-ville de L.A. à coups de roquettes et d’hélicoptère fou furieux qui va me faire changer d’avis : au bout d’un moment, tu satures et tu n’apprécies plus le spectacle qui t’est proposé. Comme quand tu manges trop de sucre et que tu commences à voir fluo.

 

 
FAST AND FURIOUS 7 - la critique

Dans cette volonté de toujours faire plus, Hollywood en est à un point où ce sont les cascadeurs et les équipes des effets spéciaux qui indiquent au scénariste quoi écrire entre les scènes d’action. Et pour Fast and Furious, Chris Morgan commence sérieusement à être à la peine…

 

C’est dommage : le plaisir que prend Statham à faire le méchant est communicatif, celui de revoir Kurt Russell sur un grand écran aussi, l’hommage final rendu à Paul Walker est sincèrement émouvant, James Wan fait clairement bien le taf en emballant le tout avec une énergie et un sens de l’impact ahurissant (petite séquence nostalgique des 90s avec une fusillade éclairée comme un John Woo) mais la mauvaise tenue de route de l’ensemble (2h20 quand même!) fait clairement tâche dans une série qui s’était bien relevée du beauf dans laquelle elle s’était plongée (le deuxième opus… j’y reviens encore mais quelle daube!).

 

Donc si Fast and Furious 7 éclate tous les Expendables 3 du monde en quelques plans seulement, on attend clairement plus : un retour à quelque chose d’un peu plus réaliste et de plus cru, plus viscéral… James Wan avait promis un revenge-movie estampillé 70s, on le cherche toujours : peut-être au 8ème?..

Oui, vu les recettes hallucinantes du film, pas de doute là-dessus, Fast and Furious 8 est dans les starting-blocks.

 
FAST AND FURIOUS 7 - la critique

Crédits résumé et photos : AlloCiné, Universal Pictures.

 
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